L’antisèche d'Argentine - Nouvelle-Zélande : les Blacks sans l’ombre d’un doute

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La Nouvelle-Zélande a brillamment remporté la première demi-finale de cette Coupe du monde en surclassant l’Argentine (44-6). En mode diesel pour construire leur succès, les All Blacks ont joué à leur main et n’ont guère eu à forcer leur talent pour battre des Pumas pas assez armés pour créer la surprise. Il en faudra bien plus pour les priver d’un nouveau sacre.

"Il a fallu se mouiller la nuque mais cette Coupe du monde continue"

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Le jeu : La correction attendue

Les Pumas y ont cru un peu plus de cinq minutes, soit l’intervalle où ils ont mené dans cette partie entre l’ouverture du score au pied d’Emiliano Boffelli (5e) et le premier essai neo-zélandais inscrit par Will Jordan (11e). Les Blacks n’ont pourtant pas été aussi impériaux que lors du tour précédent face à l’Irlande (28-24), se permettant même quelques maladresses. Mais cela suffisait amplement vendredi pour battre une Argentine trop limitée dans le compartiment offensif et vite dépassée dès lors que les partenaires de Beauden Barrett daignaient enclencher la seconde.
Irrémédiablement lâchés avant la pause (6-20), les Pumas n’ont jamais été en mesure de renverser l’ordre établi. Beaucoup plus forts, les Blacks ont fait ce qu’il fallait pour franchir cette demie sans encombre ni doute, tout en en gardant suffisamment sous la pédale pour la finale.

Les joueurs : J.Barrett hors norme, Jordan voit triple

Dans une première période où tout n’a pas été que récitation et poésie côté neo-zélandais, Jordie Barrett a survolé les débats. Finisseur sur le deuxième essai des siens, le centre des Hurricanes s’est surtout démultiplié en défense avec pas moins de quatorze plaquages, tous réussis, dont un sauvetage décisif sur Juan Montoya (33e). En seconde période, le benjamin des Barrett a maintenu un volume de jeu important et a été à deux doigts de réussir une transversale au pied décisive pour Will Jordan (56e).
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"Les All Blacks ont fait ce qu'on attendait d'eux, voire moins"

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Écarté du quart de finale pour des raisons disciplinaire, Mark Tele’a avait à cœur de briller et il a été à l’origine de deux essais en première période (17e, 40e+1). Toujours aussi véloce, son pendant Will Jordan s’est offert un triplé (11e, 62e, 73e). Devant, le gaucher Ethan de Groot a été impérial en mêlée et en défense et la puissance et l’explosivité du flanker Shanon Frizell ont fait très mal aux Pumas.

L’action : le contre assassin des Kiwis

À la fin du premier quart d’heure, les Argentins sont encore à portée de fusil et lancent une offensive qui arrivent à l’entrée des 22 mètres neo-zélandais. Pris aux chevilles, l’ex-Parisien Marcos Kremer tombe et se fait arracher le ballon par Mark Tele’a. Les All Blacks envoient alors le ballon sur l’autre aile et amorcent un contre éclair grâce à Rieko Ioane qui perce et est bien relayé par Ritchie Mo’unga.
Dans une action où le ballon ne meurt jamais, les passes s’enchaînent à merveille et les avants ne sont pas en reste. Les Pumas sont asphyxiés et craquent après dix phases de jeu, sur un mouvement conclu par Jordie Barrett en coin où le deuxième ligne Sam Withelock s’est illustré avec une merveille de passe en pivot.

La stat’ : 8

En inscrivant un triplé face à l’Argentine, Will Jordan a porté son total à 8 réalisations dans cette Coupe du monde. Il rejoint ainsi le Sud-Africain Bryan Habana (2007) et deux Neo-Zélandais : la légende défunte Jonah Lomu (1999) et Julian Savea (2015) en tant que meilleur marqueur lors d’un même Mondial. Il lui reste un match pour devenir le seul détenteur de ce record.

La décla' : Ian Foster (sélectionneur de la Nouvelle-Zélande)

La question : Peut-on parler de soirée parfaite pour la Nouvelle-Zélande ?

Cela y ressemble en tout cas beaucoup. La qualification, la manière, peu de bobos à signaler et même quelques imperfections qui font dire que les All Blacks ont encore une marge de progression en vue de la finale qui les attend. Leur prestation de vendredi n’aurait certainement pas suffi à battre l’Irlande une semaine plus tôt, mais ils n’avaient vraiment pas besoin d’afficher la meilleure version d’eux-mêmes pour se qualifier.
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Ils repartent malgré tout de ce match face aux Pumas avec la deuxième victoire la plus large de l’histoire à ce stade de la compétition (en 1987, la Nouvelle-Zélande avait battu le pays de Galles avec 43 points d’écart), et la satisfaction de ne pas avoir encaissé le moindre essai.
Ajoutez à cela le luxe pour le sélectionneur d’avoir pu coacher très tôt dans la partie pour préserver quelques cadres et l’avantage d’avoir un jour de plus de récupérer que son futur adversaire pour la finale, et cela donne tous les voyants au vert au moment d’aller chercher un quatrième sacre mondial dans son histoire.
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