XV de France : Charles Ollivon, poste fluctuant, leader immuable

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Une semi-découverte. Habitué à évoluer en troisième ligne avec le XV de France, Charles Ollivon est monté d'un cran (comme il le fait en club), pour la rencontre de samedi à Bordeaux. Porteur du n°4, le joueur du RCT a fait parler sa dextérité, sa polyvalence et son leadership lors du succès des Bleus face aux Fidji (34-21). Une évolution qui s'inscrit dans la logique globale de Fabien Galthié.

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Video credit: Eurosport

Un quiz pour commencer. J'ai été capitaine des Bleus. J'en ai porté le n°8. Je n'ai pas participé à la récente défaite face à l'Afrique du Sud. J'ai été titularisé contre les Fidji. Je suis, je suis… Charles Ollivon, "l'autre" cadre réhabilité ce samedi à Bordeaux, qui a contribué avec Grégory Alldritt au succès 34-21 du XV de France. Le "Grand Charles" l'a fait en débutant – situation inédite pour lui au niveau international – au poste de deuxième ligne.
Ollivon a œuvré en tant que n°4, un rôle qu'il se met à épouser cette saison avec le RCT. Au cœur d'une performance collective contrastée, il est de ceux qui s'en sont le mieux sortis, et celui qui a le plus rayonné devant. Le Toulonnais a été omniprésent en touche, avec neuf prises de balle sur les dix-sept lancers français, dont quatre déviations efficaces pour Maxime Lucu. Il a également contré l'alignement adverse à deux reprises.

Un leader vocal

Moins synchro avec Maxime Lamothe qu'avec Julien Marchand (lobé une fois, sanctionné pour un mauvais timing une autre), il a raté de peu la prestation parfaite dans ce domaine. C'est autour de lui qu'un maul gagnant s'est structuré, pour faire passer le score de 7-0 à 14-0 (avant qu'il ne se charge en personne du troisième essai). Sur cette cocotte, on l'a vu haranguer des trois-quarts, dont Louis Bielle-Biarrey, venu mettre la tête.
Un "LBB" qu'il n'a pas manqué de chambrer au micro de TF1, quand ce dernier s'est aventuré à mettre en avant la force collective des arrières fidjiens. "Je ne suis pas trop d'accord avec Louis quand il dit que les trois-quarts sont le point fort des Fidji, il n'a jamais fait une mêlée contre eux", a ainsi rectifié l'habituel troisième ligne de 32 ans. Un joueur dont la voix porte, du fait de ses 17 essais en 47 sélections, et de sa personnalité.
"Charles, c'est un meneur d'hommes, quelqu'un qui sait trouver les mots justes quand il faut, qui apporte par son exemplarité sur le terrain. Qu'il soit capitaine ou pas, cela reste la même personne", avait salué Alldritt lors de la Coupe du monde 2023, alors qu'Ollivon endossait un capitanat de circonstance, en l'absence d'Antoine Dupont pour le dernier match de la phase de poules. Ce soir-là, la France avait corrigé l'Italie (60-7).

Ollivon-Flament, attelage tentant ?

Deux ans plus tard, la concurrence fait rage et Charles Ollivon, passé flanker pour le dernier quart d'heure, l'a peut-être bousculée, en l'absence de Mickaël Guillard et Thibaud Flament. "Il a des cannes et il a la dalle, après avoir été au frigo pendant un an", souligne Jean-Baptiste Lafond, en référence à une blessure au genou qui a éloigné des terrains l'ancien Bayonnais de janvier à octobre. "Je le vois bien en n°8", poursuit notre consultant.
Pourquoi ne pas rester dans la cage ? Parce que c'est un deuxième ligne "style Flament", justement, et que le Toulousain, qui figure parmi les 42 pour France-Australie, paraît indéboulonnable. Emmanuel Meafou postule aussi pour samedi au Stade de France (21h10). Le colosse présente l'avantage de la complémentarité et des repères en club. Plus mobile que Romain Taofifenua (35 ans), en difficulté face aux Fidji, il demeure un atout de poids en n°5.
Ajoutez à cela Guillard ou encore le massif Posolo Tuilagi, et le staff des Bleus a de quoi faire en seconde barre, à terme, sans compter le pur n°4 qu'est Hugo Auradou. Un combo Flament-Ollivon pourrait cependant être envisagé, en fonction de l'adversaire, dès le coup d'envoi… ou en cours de match. Une flexibilité qui a de quoi séduire Fabien Galthié, tant il promeut la polyvalence. Charles Ollivon a marqué d’autant plus de points en ce sens.
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