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Top 14 L’antisèche : La Rochelle en a gardé sous la pédale
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Publié 10/06/2023 à 19:56 GMT+2
Deux ans après, le Stade rochelais a gagné samedi à San Sebastian le droit de revenir en finale du Top 14, en battant l’UBB en demie (24-13). Une victoire tout en maîtrise et en gestion, les Maritimes ayant desserré l’étau après une première période qu’ils ont écrasé. La différence entre les deux équipes leur a aussi permis ce petit relâchement.
Grégory Alldritt face à l'UBB en demi-finale du Top 14
Crédit: Getty Images
Le jeu : Une période a suffi aux Rochelais pour plier leur demie
Les images du vestiaire bordelais à la mi-temps en disaient long sur le calvaire qu’ils venaient de vivre pendant quarante minutes. Yoram Moefana les yeux plongés vers le sol, Santiago Cordero et Madosh Tambwe le regard plus traversant qu’une balle de gros calibre, Matthieu Jalibert et Maxime Lucu s’échangeant quelques mots sans conviction… les esprits girondins étaient touchés. En cause, un premier acte où ils n’ont tout bonnement pas été invités. Offensivement, les Rochelais ont avancé tel un rouleau-compresseur aplatissant un gazon tendre. Et quand ils n’avaient pas le ballon, ils montaient trop vite, trop fort et étaient en plus trop précis dans l’art du contest au sol pour que les hommes de Frédéric Charrier puissent faire quoique ce soit de leurs possessions.
Tellement sûrs de leur force, notamment devant, les Maritimes n’ont même pas pris la peine de prendre les points sur pénalité. À raison puisqu’ils se sont détachés suite à deux ballons portés dans les 22 mètres girondins (21e, 38e). Largement en tête à la pause (21-3), les Rochelais sont ensuite entrés dans un mode gestion, avec un coaching précoce de Ronan O’Gara, permettant un léger retour de l’UBB sans que cela ne remette en question le résultat du match.
Les joueurs : Dulin impérial, Alldritt inarrêtable
L’arrière rochelais a plané sur ce match, au sens propre comme au figuré. Sa science du jeu aérien malgré sa taille modeste (1,75m) a écœuré les Bordelais, et ce dès le premier quart d’heure avec trois ballons récupérés en haute altitude. L’ancien Racingman a aussi montré une certaine efficacité dans le jeu au pied d’occupation, notamment en seconde période où il n’a pas cédé un pouce à Matthieu Jalibert dans une interminable séquence de ping-pong rugby (52e).
À l’animation, Antoine Hastoy a très bien alterné, usant à bon escient du jeu de pression. Sur son aile, Dillin Leyds s’est montré très remuant en première période, marquant le premier essai de la partie (5e) et manquant d’un rien le doublé (20e).
Devant, Will Skelton a fait jouer sa puissance, de même que Levani Botia. Et que dire de Grégory Alldritt, qui a multiplié les charges positives et s’est même offert une passe décisive inspirée à Paul Boudehent en fin de première période (38e). Une activité qui l’excuse presque d’avoir gâché une énorme occasion en seconde période, avec une passe précipitée alors que le coup était gagnant (63e)
Côté Bordelais, seul Tom Willis a pu rivaliser dans l’engagement tandis que sa ligne de trois-quarts a été réduite au silence.
L’action : l’essai du break de Boudehent
Depuis son camp, Hastoy trouve une touche monumentale à 5 mètres de l’en-but bordelais sur pénalité (37e). Les Maritimes s’organisent en ballon porté, avancent mais n’arrivent pas jusqu’à la ligne d’en-but. Tawera Kerr-Barr Barlow ouvre pour Jonathan Danty qui remet un coup d’avancée. Et tandis qu’on s’attendait à ce que le demi de mêlée neo-zélandais éjecte encore grand côté, ce dernier revient dans le fermé et donne à Alldritt. Un poil surpris, le troisième international français résiste au plaquage de Tom Willis et parvient à donner à hauteur à Paul Boudehent, qui conclut l’action qui tue en grande partie les espoirs de l’UBB.
La stat’ : 3
C’est le nombre de points inscrits par les Rochelais en seconde période
La décla’ : Grégory Alldritt (troisième ligne de La Rochelle, au micro de Canal+)
La question : La Rochelle s’est-elle économisée en seconde période ?
Il y avait tant d’écart entre le Stade rochelais et l’UBB pendant une période, à la fois au score (21-3) et dans le contenu, pour ne pas imaginer une réduction de la voilure du champion d’Europe en seconde période. Sa finale contre Toulouse a ainsi semblé débuter avant même la fin de leur demie. Le fait que Ronan O’Gara démarre son coaching très rapidement après le retour des vestiaires (Botia est sorti à la 46e minute de jeu) laisse aussi imaginer que le technicien irlandais savait son équipe trop sereine pour se faire renverser et pensait déjà à ce choc des titans face aux Haut-Garonnais. Résultat des courses, les Maritimes ont "perdu" la seconde période 10-3, sans que cela n’affecte nullement le suspense de la rencontre.
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