Adelboden - Tas de fumier, Tour de France et mur final : bienvenue dans le mythe des géants

Eurosport sur Google

ADELBODEN – C'est l'heure du Géant le plus mythique de la saison. Marcel Hirscher parti à la retraite, un nouveau vainqueur va pouvoir s'installer sur le trône. Mais pour ce faire, il faudra dompter l'une des pistes les plus difficiles de la saison. Thomas Fanara, ancien spécialiste du Géant, nous détaille les spécificités d'Adelboden.

Eurosport

Crédit: Eurosport

Il y a Wengen et Kitzbühel en descente, Schladming en slalom et Adelboden en Géant. A chaque début d'année, la petite station suisse devient le centre du cirque blanc le temps d'un weekend. Le temps que les géantistes dévalent la Chuenisbärgli. Trois fois sur le podium en Suisse (2011, 2014 et 2019), spécialiste s'il en est du Géant, Thomas Fanara, retraité et consultant Eurosport, connaît parfaitement Adelboden. "C'est le Géant mythique", pose-t-il d'entrée avant de dresser le portrait-robot du vainqueur, un skieur "complet" évidemment.
3 690 habitants à l'année, 30 000 pendant le weekend de Coupe du monde, Adelboden est quasiment unique en son genre sur le circuit. C'est en tout cas l'avis de Thomas Fanara : "elle est atypique par son ambiance un peu 'paysanne', on passe à côté d’une ferme, le tas de fumier est juste là. C'est différent de ce que l'on connaît d'habitude".

"Comme le Tour de France"

Une ambiance qui ne pouvait que plaire à tous les skieurs puisque le public y est plus présent qu'ailleurs, ce qui a fait dire un jour à Didier Defago qu'il avait l'impression d'être en "haut d'un col du Tour de France, dans un étroit couloir de spectateur". Une image exagérée évidemment mais Fanara comprend pourquoi le Suisse a pu avoir cette idée. "Tout au long de la piste, tu as du public, assure-t-il. Il y a le télésiège qui passe juste au-dessus de la cabane de départ, quand tu y es, quelqu’un peut passer et crier 'Allez Thomas'".
La cabane de départ justement, prélude d'un des Géants les plus difficiles de la saison. Thomas Fanara décrypte cette piste aux étoiles. Deux portes, premier mur et premier écueil : "A Adelboden, tu commences par deux portes que tu vois et après d’un coup tu ne vois plus rien." De quoi se mettre dans l'ambiance. "Moi j’adorais cette piste parce qu’elle est hyper complète avec énormément de difficultés, poursuit le Français qui travaille aujourd'hui pour Salomon. De la gestion de mouvements de terrain, des parties beaucoup plus faciles, beaucoup plus plates où il faut savoir garder la vitesse, des passages de routes, des moments techniques avec des dévers…". Le tout avant le gros morceau : le mur final.

Qui pour succéder à Hirscher ?

Là où les Géants sont longs d'une minute environ, à Adelboden il faut tenir pendant 80 secondes. "Il y a un mur très raide sur la dernière partie, note Fanara. Quand tu arrives au bout d’1’15’’, en étant éprouvé parce qu’il y a très peu de répit sur cette course, il te reste la partie la plus difficile". Là où les différences se font.
Hirscher, Pinturault, Neureuther… Gagner à Adelboden n'est pas donné à tout le monde. Dompter la Chuenisbärgli n'est pas une mince affaire. "Il faut vraiment être complet, avoir un panel de choses que tu sais faire pour gagner à Adelboden, insiste Thomas Fanara. Les autres Géants sont plus typés : à Val d’Isère, c’est très raide mais c’est la principale difficulté, à Beaver Creek, c'est beaucoup plus facile, il faut du toucher de neige, de la fluidité. Là, quand tu t'élances, tu sais que ça va être un enchaînement de difficultés complètements différentes". Des difficultés dont il faudra se jouer pour repartir avec la cloche promise au vainqueur.
Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité