Dans la foulée de sa première victoire en coupe du monde, le 20 janvier 2019 à Wengen, Clément Noel en avait enchaîné cinq autres jusqu’au 8 février 2020. Mais depuis, le prodige des Vosges n’a rien eu à se mettre sous la dent, d’abord la faute au covid-19, qui a écourté la saison passée, puis à son inconstance lors des sept premiers slaloms de l’hiver en cours. On comprend donc la libération ressentie par le Français après sa 7e victoire en carrière ce samedi à Chamonix, la première depuis 357 jours ici-même.

Maîtrise et intensité : 357 jours après, Noël a parfaitement géré pour renouer avec le succès

"Ça fait vraiment beaucoup de bien, savoure le Français de 23 ans. C'était une très belle journée. Elle n’était pas parfaite comme l'année dernière où il y avait le soleil, la neige dure et le public. Cette année, on n'a pas de public, c'est un peu différent. Mais ça reste une journée assez géniale, parce que ça faisait longtemps que je n'avais pas gagné. Ça fait du bien de retrouver cette sensation.”
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"Pour l'instant, je savoure ça"

Jusque-là, cet hiver, Clément Noel n’avait jamais réussi deux manches pleines. A Zagreb (7e), Adelboden (8e), et dans une moindre mesure à Flachau (2e), il avait coincé en seconde manche après avoir survolé la première. Cette fois, c’est sur ce run final qu’il a fait la différence, le Vosgien s’étant montré le plus solide parmi les trois hommes qui s’étaient détachés en première manche et se tenaient en trois centièmes. “Quand je passe la ligne (en tête avec encore deux coureurs à passer), je suis sûr d'être sur le podium, d’avoir fait le boulot et réussi ma manche, raconte Clément Noël. C'est la première fois de la saison que “j'allume du vert” en bas d'une deuxième manche, ça fait du bien. Gagner une course dans l'hiver, c'est au moins ce que je voulais faire, j'aimerais bien qu'il y en ait plus. Mais ça fait un poids en moins, c’est sûr."

Clément Noël à Chamonix

Crédit: Getty Images

Le petit globe reste pour l'heure hors d'atteinte vu l'immense régularité dont fait preuve Marco Schwarz (sept podiums dont deux victoires en huit épreuves). L'Autrichien compte 176 points d'avance sur le Français à trois épreuves de la fin. Ce dernier a néanmoins remonté trois places grâce à sa victoire et figure maintenant à la 3e place du classement, à 14 points seulement de Sebastian Foss-Solevaag. S'il continue sur sa lancée, Clément Noël devrait donc à nouveau terminer 2e, comme en 2019 et 2020, où Marcel Hirscher puis Henrik Kristoffersen l'avaient devancé. "Sur les quatres dernières courses, j'ai fait deux fois deuxième (Flachau et Schladming) et une fois premier, c'est très très bien. Pour l'instant je savoure ça, on se reconcentrera ensuite pour demain (dimanche) et les championnats du monde (8-21 février)."

"La piste me réussit bien, tant mieux"

Chamonix lui réussit décidément très bien. C’est ici, sur la piste des Planards, qu’il avait décroché son premier titre de champion de France chez les benjamins, en 2010, puis un autre chez les juniors en 2017. Ici aussi, mais sur la Verte des Houches, qu’il compte désormais ses deux dernières victoires sur le circuit. “La piste me réussit bien, tant mieux, constate le Français. Mais ça ne s'explique pas spécialement, parce qu'elle n'a rien de particulier, elle n'est pas très raide, il n'y a pas de difficulté particulière. Et j'ai aussi été bon sur des pistes très difficiles."
Il n’est que le deuxième skieur à posséder plus d'un succès en coupe du monde à Chamonix. Giorgio Rocca était le seul jusqu'à présent. L’Italien avait lui aussi fait un doublé sur deux ans (2004 et 2005). Il était d’ailleurs le tenant du titre avant Clément Noel, puisqu’aucun slalom ne s’était déroulé au pied du Mont-Blanc durant 15 ans. Dimanche, le Français aura l’occasion de devenir le premier à tripler la mise. Il n’est aussi plus qu’à une victoire de Jean-Baptiste Grange, qui avec 8 succès en coupe du monde de slalom possède encore le troisième meilleur total de l’histoire du ski français derrière Jean-Noël Augert,(13) et Patrick Russel (9).
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