Coupe du monde - Chamonix : Steven Amiez : "Je suis fier d'être le 'fils de'"

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Il monte en puissance depuis le début du mois de janvier. Steven Amiez sera l'un Français à suivre dimanche sur le slalom de Chamonix (9h30 sur Eurosport). Fils de Sébastien Amiez, médaillé d'argent aux JO de Salt Lake City, et de Béatrice Filliol, double championne de France de slalom, le skieur de 25 ans a évoqué cette passion familiale pour Eurosport au micro de Gauthier de Tessières.

Steven Amiez, le slalomeur qui monte en puissance chez les Bleus

Crédit: Getty Images

Steven Amiez, comment vivez-vous cette saison qui est vraiment différente finalement pour vous ?
S.A. : Oui c’est clair ça va bien, j’ai fait un super mois de janvier, je suis vraiment content. Je le vis plutôt bien parce que c'est ce que j'ai toujours voulu faire. Mais c’est vrai que ça s'est passé aussi très vite, c'était dense ce mois de janvier, on a enchaîné toutes les semaines. Toutes les semaines se ressemblaient un peu : entraînement toute la semaine, les courses le week-end. Et c'est vrai que d'avoir réussi à faire ces quatre courses du mois de janvier, solides, des super places, avec un ski solide où j’étais tout le temps en bas des courses et tout le temps dans les points et avec des très bonnes places, donc je suis vraiment content de ce mois passé.
11ᵉ à Wengen, 11eme à Adelboden, 6eme à Kitzbuhel, ça sonne bien, ça commence à devenir sérieux…
Oui, c'est clair que c'était un bon enchaînement, c’est bien monté crescendo. Même à Schladming je suis quand même content de ce que j'ai réussi à faire, il y avait des bonnes sections, des bonnes portions. Il faut savoir des fois prendre des performances qui sont un petit peu moins bonnes pour construire dessus. J'ai encore marqué des points, j’ai encore consolidé un peu mon dossard dans les 30. Il faut se servir un peu de tout ça et c’est vrai que fait du bien de jouer vraiment en Coupe du monde avec les meilleurs.
Qu'est ce qui a changé ? Rien ?
Je ne pense pas qu’il y ait grand-chose qui ait changé, c'est juste que j'ai réussi vraiment à me lâcher sur les Coupes du monde, peut-être ce que j’arrivais moins à faire avant. Avant j’étais dans le même état d'esprit, l'envie de lâcher, mais peut-être que je n'arrivais pas à le faire une fois le portillon passé, et sur la piste je voyais peut-être un peu trop ce qui se passait autour, un peu moins focalisé sur les virages, le tracé possible, aller le plus vite possible… Et là, j’arrive plutôt à le faire donc c’est bien.
Avec le sourire… Vous avez souvent le sourire, on a l’impression que vous vous faites vraiment plaisir.
Oui c’est vrai que j’ai souvent le sourire. C’est ce que je veux faire depuis que je suis tout gamin. Je ne me souviens pas avoir eu envie de faire quelque chose d'autre depuis que je suis petit, donc c'est vrai que ça fait du bien de se rapprocher un petit peu plus de ça encore. Je sais qu’il y a encore de très belles choses à venir et j’ai hâte.
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19e avec son dossard 46, Amiez continue de briller

Video credit: Eurosport

Vous me parliez de votre vie d'enfant. Comment avez-vous vécu dans les traces de votre papa, 'Bastoune' (le surnom de Sébastien Amiez, NDLR) ? Quelle relation vous avez tous les deux ?
Je pense qu’ils m’ont bien transmis leur passion, avec ma mère, avec ma sœur aussi. Ils nous ont bien transmis leur passion, ils nous ont fait aimer le ski. J’aime le ski, j'aime faire ça, je ne fais pas ça pour eux, je ne fais pas ça pour quelqu’un d’autre, je fais ça pour moi parce que j’adore ça. On a une super relation, à la maison on parle de ski assez souvent quand même, c’est quand même un sujet qui revient : eux ils aiment le ski, moi j'aime le ski, et ils veulent forcément que je réussisse du mieux possible, donc ils essaient de me guider un peu là-dessus. Je n’ai jamais vraiment ressenti ça comme une pression supplémentaire d’avoir eu des parents champions. J’ai réussi plutôt, je pense, à me servir de ça. Et puis, je suis fier de ce qu'ils ont fait aussi, moi je suis fier d'être le "fils de".
Il croit beaucoup en vous. C'est assez surprenant, des fois j’avais l'impression qu'il y croyait presque plus que vous à certains moments.
Oui c'est possible aussi. C'est vrai qu’il croit beaucoup en moi, en ce que je suis capable de faire. Et forcément ça donne aussi de la confiance. Des fois quand ça va un peu moins bien, de se persuader qu'on est capable et que d'autres personnes le pensent aussi c’est ce qui fait, je pense, surmonter certaines épreuves un peu plus difficiles.
On a raté le slalom de Val d'Isère au mois de décembre. Du coup, on a une deuxième chance ici à Chamonix. Quelle est votre approche sur cette course ici aux Houches ?
Oui c’est clair, j'aime bien courir en France. L’année dernière on avait fait déjà Chamonix, Val d’Isère, et les championnats du monde à Courchevel. Je trouve que c’est que de la pression positive. J'arrive à tirer cette énergie, à avoir envie de montrer encore plus que ce que je sais faire, à aller le plus vite possible, pour que le peuple français, le public français soit vraiment content d'être venu et apprécie surtout le spectacle. Oui j'adore ça, courir en France, ça me booste.
Il fait chaud, il fait très chaud. Du coup, on sait qu’on va avoir des conditions un peu spéciales. Comment vous préparez-vous dans ces conditions ?
C’est vrai qu’il fait chaud en ce moment. Mais bon, c'est comme ça. Il y a de la neige sur la piste donc il y a tout pour faire une course. On essaie de se préparer au mieux, de se rapprocher le plus possible des conditions qu'on va retrouver dimanche. Donc on s'est entraîné à peu près à la même altitude aux Planards à Chamonix. On essaie sur les préparations de piste, de se rapprocher le plus possible de ce qu'on va retrouver.
C'est important, c’est vrai que ce n'est pas facile de jongler entre les différents types de neige. On a eu Kitzbuhel où c'était vraiment de la glace vive et trois jours après à Schladming où il pleuvait et c'était de la neige salée, donc pour réussir à s'adapter ce n'est pas si facile. Mais ça fait partie du travail et c'est ce que j'aime aussi. C'est être le meilleur un peu dans toutes les conditions, dans tous les types de tracés, parce qu’on a beaucoup aussi de tracés différents, d’être un couteau suisse.
C’est quoi vraiment vos objectifs, c'est de faire une belle prestation, de faire votre ski, ou maintenant vous vous mettez aussi des objectifs un peu chiffrés ?
En soi je ne me suis jamais vraiment trouvé d'objectif chiffré, 'je veux faire telle, faire telle place'. Je sais que dans le futur je veux gagner des courses, c'est tout ce que je veux faire. Donc le plus tôt ça arrive, le mieux ce sera. Mais mon objectif principal, c'est vraiment de mettre tout en place pour aller le plus vite possible, d’être bon techniquement, tactiquement, et de mettre la bonne intensité à chaque manche, de trouver ce curseur tout de suite pour m'exprimer le mieux. Et je pense que si j'arrive à faire ça, je sais que j'ai les capacités pour skier plutôt vite, donc je ne me mets pas trop de limites.
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Dossard 60, Amiez marque ses premiers points en Coupe du monde

Video credit: Eurosport

Est-ce que vous pouvez nous expliquer votre parcours de skieur. Déjà vos premières compétitions, votre évolution, l'équipe de France toutes ces étapes ?
J'ai commencé le ski assez jeune quand même, à un an et demi, en laisse, devant ma maman qui m’a mis pour la première fois sur des skis. Parce que mon père courait à cette époque-là, il a couru encore un petit moment après ma naissance. Donc c'est elle qui nous a mis au ski, ma sœur et moi. Et lui après, quand il rentrait, m’emmenait skier aussi, ils nous ont donné cette passion du ski, ce goût du ski. Après j’ai commencé le ski club à Pralognan-la-Vanoise, dans le village où habitent mes parents et où j’habite encore. C’est là vraiment où on découvre tous les plaisirs du ski, le ski avec les copains, le ski dans la forêt entre les arbres, le ski sur le stade, entre les piquets, on apprend un peu à aimer tout ça.
Et c’est vrai que moi j’ai toujours beaucoup aimé les piquets. Si je dois choisir entre une journée de slalom et une journée de poudreuse, j'aurais du mal à décider ! J'aime beaucoup le slalom, j'aime beaucoup le ski. Et c'est vrai qu’après, on grandit, on commence les premières compétitions, on découvre aussi son caractère, son caractère de compétiteur parce que tout le monde n'est pas fait pour ça, et tout le monde n'a pas forcément cette motivation-là, et l'envie d'aller plus vite et de battre les autres, ce n'est pas facile à avoir non plus.
Vous avez eu cette blessure aussi très jeune, ce qui est très rare. Un ligament croisé finalement bien avant l'heure…
C'est vrai que pendant ma jeunesse, j'ai eu quelques blessures au genou. Entre onze et quinze ans, pendant trois hivers je n’ai quasiment pas skié. J'avais quelques blessures au genou. Et puis après, je me suis rompu les ligaments croisés en 2012 ou en 2013, donc à 13-14 ans. Je me suis fait opérer juste avant de rentrer en FIS, donc à l'âge de quinze ans. C'est vrai que les débuts en FIS ont été assez difficiles. C'était un mélange de ski, j’avais un gabarit aussi un peu plus petit, ça n’a été pas facile au début, j'ai dû m'accrocher. J'ai même été viré de section sportive où 'étais au lycée, donc j'ai dû me battre pour revenir dans le match avec les autres, pour montrer mon vrai niveau et j'ai réussi à le faire.
Je réussi à intégrer le Lycée d’été à Albertville, ensuite j'ai réussi à intégrer l'équipe de France en 2019 je crois, dans le groupe junior, faire ma première Coupe du monde en 2020 à Kitzbuhel. C'est vrai que je n’ai jamais été le plus rapide dans ma progression, mais j'ai tout le temps été assez constant : j’ai passé deux ans dans le groupe Coupe d'Europe, les débuts en Coupe d’Europe n'étaient pas facile non plus, puis j'ai réussi à entrer dans les 30, à remporter ma première victoire il y a deux ans. L'année dernière, à construire sur toute la saison pour décrocher la place nominative pour la Coupe du monde de cet hiver. Et puis l’année dernière en Coupe du monde, je n'ai pas réussi à prendre une qualif : pareil, j’ai mis du temps, j'ai appris. J’avais peut-être aussi besoin de cette expérience pour produire mon ski dans le futur. Et cette année, ça marche mieux donc je suis content et fier de mon parcours et j'espère qu'il va continuer encore longtemps.
Et vous avez toujours choisi la tradition familiale, le slalom comme vos parents...
Oui, ça doit couler un peu dans les gênes. Pourtant j'aime bien les autres disciplines, mais je n’arrive pas à aller vite dedans ! C’est assez naturel pour moi, je pense que ça rejoint aussi les qualités physiques que j'ai : je suis assez explosif, réactif. Je suis assez habile aussi, j’arrive à rattraper certaines positions un peu plus délicates. Donc je pense que c'est aussi un tout qui amène vers le slalom.
(Interview : Gauthier de Tessières)
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