Des stations indoor à Marcel Hirscher : Les Pays-Bas savent-ils skier ?

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Il se pourrait bien que cette saison, ou la suivante s'il décide de poursuivre l'aventure, Marcel Hirscher porte une nouvelle nation au sommet du ski mondial. Jamais les Pays-Bas n'ont remporté une course de Coupe du monde, pas plus qu'ils n'ont glané le moindre Top 5. Marvin Van Heek et Steven Théolier racontent ce que c'est d'être un Néerlandais qui veut faire sa place au haut niveau.

Hirscher acte II : pas de victoire mais une ovation à l'arrivée

Video credit: Eurosport

Du haut du Vaalserberg et ses 322 mètres, point culminant des Pays-Bas, il faut un temps très, très dégagé et une sacrée paire de jumelles pour apercevoir la longue, l'interminable chaîne des Alpes qui coupent l'Europe entre le nord et le sud. A un demi-millier de kilomètres de là, bat le cœur de la Coupe du monde de ski, dont le nord-ouest de l'Europe semble exclu, à quelques exceptions près. Marcel Hirscher, Néerlandais désormais, en est une dans un pays qui, s'il a la culture du ski, ne l'a pas vraiment au haut niveau.
Quiconque arpente les stations de montagne en hiver croise des Néerlandais. Il y a quelques mois, Herbert Cool, porte-parole de la fédération néerlandaise de ski (NSkiV), avait assuré à l'AFP qu'un peu plus d'un million (1,1) de Néerlandais partaient aux sports d'hiver chaque année. Pas mal pour un pays qui frisait les 18 millions d'habitants en 2023 et qui n'a aucune montagne sur son territoire. Au haut niveau, les Néerlandais ont soutenu Maarten Meiners, 18e du géant des JO de Pékin 2022 et c'est à peu près tout pour ces dernières années.

Van Heek s'entraînait avec les Etats-Unis

En Coupe du monde, jamais "l'autre pays du fromage" n'a connu l'ivresse d'un podium, encore moins d'une victoire. Son meilleur résultat ? La 8e place de Marvin van Heek à Val Gardena en décembre 2012. Une performance qui n'avait pas soulevé les foules se souvient aujourd'hui l'intéressé qui a la particularité d'avoir la double nationalité franco-néerlandaise. Tout au long de ses trois saisons en Coupe du monde (2012-2015), celui-ci a pu mesurer la singularité de sa position.
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Marvin Van Heek (ici en 2013 à Schladming)

Crédit: Getty Images

Englobé dans une grande fédération des sports d'hiver, le ski alpin néerlandais n'a qu'un budget ultra-serré. Sans structure dédiée, encore moins dans les disciplines de vitesse qui nécessitent du matériel et du personnel pour sécuriser les entraînements, Van Heek doit s'exiler, s'entraînant d'abord avec les Français, les Américains ensuite. Il s'entraîne, entre autres, avec Steven Nyman dont il est devenu très proche, et un certain Bode Miller qu'il côtoie en chambre avant de courir pour les Pays-Bas.
"Ils m'ont tout de suite dit qu'il fallait que je trouve un moyen d'être en autogestion, se souvient Van Heek. Le budget de la Fédé ne permettait pas d'avoir une structure". Un souvenir partagé par Steven Théolier. Lui avait commencé sa carrière avec la France, bifurquant vers les Pays-Bas faute d'avoir le niveau nécessaire chez les Bleus. Petit-fils de Jan Janssen, vainqueur du Tour de France 1968, Théolier prend la direction du nord en 2016.

Les Pays-Bas skient sous des dômes

"Le deal, c'était : je me débrouille de mon côté et j'utilise seulement la nationalité pour concourir sur des épreuves, confie-t-il à Eurosport. Je n'ai jamais bénéficié d'une aide, d'entraîneurs, d'un staff. Je me faisais mes skis, je faisais tout." Son changement de nationalité sportive avait bien engendré quelques articles dans la presse mais pour le reste, les Pays-Bas regardent la Coupe du monde de loin et d'un œil distrait. Sont-ils pour autant complètement imperméables au ski de compétition ?
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Sarrazin : "Ca met des frissons d'avoir pu partager un petit moment avec Marcel (Hirscher)"

Video credit: Eurosport

"Il y a des choses qui sont faites pour les jeunes skieurs", corrige Van Heek. Mais alors comment dans un pays qui ne dépasse pas les 350 mètres d'altitude ? "De l'indoor, bien sûr ! Il faut les voir skier sous ces dômes, ils ont des jeunes talents", s'enflamme encore Marvin Van Heek. Les Pays-Bas disposent de sept "stations" de ski indoor, dont la plus célèbre à Landgraaf, proche des frontières belges et allemandes. "Le problème, c'est que l'indoor et l'outdoor, c'est complètement différent", continue notre interlocuteur pour expliquer que les Néerlandais ne transforment pas l'essai.

Le tremplin Hirscher ?

"Pour les Pays-Bas, c'est une situation intéressante, en particulier pour la fédération, avait de son côté confié Marcel Hirscher au moment de son retour. Il y a un département jeunesse, mais ils ont des problèmes de ressources. Je pense que je peux apporter un peu d'enthousiasme et j'espère que les choses deviendront un peu plus faciles pour ces jeunes talents aux Pays-Bas à l'avenir". S'il est Néerlandais par sa mère, celui-ci a aussi choisi les Pays-Bas car l'Autriche ne lui aurait pas permis de skier avec les spatules de sa marque, élément non négligeable de son comeback.
Marvin Van Heek assure par ailleurs que là-haut, on a toujours suivi, de loin bien sûr, les résultats d'un Hirscher dont on connaissait les racines. Lui avait d'ailleurs profité de ce point commun pour l'aborder dans une télécabine à Schladming. "Il ne se souvient pas de moi", se marre-t-il une décennie plus tard. Hirscher entendra peut-être parler de lui s'il fait mieux que sa 8e place et qu'il devient par la même occasion, le meilleur Néerlandais de l'histoire en Coupe du monde.
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