Coupe du monde de ski alpin - Portrait | Vainqueur à Gurgl, Paco Rassat, celui qui "s'excusait de gagner"
Eurosport sur GoogleAprès avoir réalisé la meilleure performance de sa carrière à Levi pour le premier slalom de la saison (6e), dans l'ombre de la deuxième place de Clément Noël, Paco Rassat vient de remporter à la surprise générale le slalom de Gurgl ce samedi au terme d'une fantastique remontée. La preuve ultime, pour celui qui en doute parfois, qu'il a le ski pour se mêler aux meilleurs.
L'exploit de dingue de Rassat ! Le Français remporte sa 1re victoire à Gurgl !
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Apprenez à dire son nom, "Rassa", plutôt que "Rassate". Lui, c'est Paco Rassat, dernier venu de l'école française de slalom. À 27 ans, ce pur produit du massif des Bauges n'est pas de ces talents qui viennent éclore à peine sortis de l'adolescence. Il lui a fallu un peu plus de temps. D'abord, Rassat n'a pas emprunté la voie royale et, corollaire à ceci, il n'a pas une confiance à toute épreuve bien accrochée à la ceinture. Le vainqueur magnifique du deuxième slalom de la saison samedi à Gurgl, après sa 6e à Levi en ouverture, se construit encore. Avec ses qualités, beaucoup de qualités.
Le skieur Paco Rassat "n'a pas de défaut" techniquement, dixit Kevin Page. L'homme est-il discret ? Le boss du groupe technique de l'équipe de France de ski alpin réfléchit, avance, recule et finit par acquiescer du bout des lèvres. On comprend que son protégé est un cas un peu plus complexe que ça. Oui, Rassat est humble, bien élevé, poli, respectueux. Et oui, il a parfois manqué de confiance en lui. Pas plus tard que deux jours avant la course à Levi, ses entraîneurs devaient se battre avec lui pour qu'il accepte qu'il ne devait rien à personne, et surtout pas à la chance, son meilleur temps lors d'un entraînement.
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Rassat toujours incrédule après sa victoire : "Je ne pensais pas que ça pouvait arriver un jour"
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Aidé par un spécialiste sur la confiance
"Il est en train d'évoluer, poursuit Page. On s'est un peu battu, justement, contre ce genre de réflexions qui n'ont pas trop de sens. Paco, il a sûrement eu, par moments, un peu des manques de confiance en lui. Parfois, quand il faisait des résultats, il n'était pas assez capable de capitaliser sur ce qu'il faisait de bien. Il fallait souvent lui rappeler que, quand il faisait bien, c'était juste une normalité, pas un exploit." Des mots qui résonnent peut-être après sa formidable performance en Autriche, notamment lors de la deuxième manche qui lui a permis de rafler la victoire malgré sa 14e place intermédiaire.
Son parcours a été un peu plus tortueux que pour d'autres. Le pôle France d'Albertville, là où sont rassemblés les skieurs les plus prometteurs, Paco Rassat ne l'a pas connu. C'est à Moutiers, au pôle espoirs, qu'il fait ses gammes. Ne pas avoir été repéré tôt l'a forcé à ne jamais rien lâcher. À l'inverse, il a aussi peut-être trop intériorisé qu'il était moins fort que d'autres, d'où un manque criant de confiance en lui. "Une fois, il s'est même excusé de gagner", raconte le géantiste Loevan Parand, un très proche de Rassat. Le natif de Chambéry se fait aider par un spécialiste depuis quelques saisons déjà sur cet aspect.
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6e, Rassat signe son meilleur résultat en Coupe du monde
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C'est sans doute pour ça qu'il a fallu attendre ses 26 ans pour le voir entrer dans un Top 10 de Coupe du monde (9e à Wengen la saison dernière), ses 27 pour le Top 6 (le weekend dernier à Levi). Rassat ne se ment pas, il reste lui-même et commence à comprendre que cela peut suffire à réaliser de grandes choses en Coupe du monde, comme ce qu'il a fait samedi sur les pentes autrichiennes. Techniquement, il n'a pas grand-chose à envier aux meilleurs du circuit, estiment ses entraîneurs, qui décrivent l'un des skis les plus propres du Top 30 mondial. Reste à gagner en régularité… et en confiance donc.
Rassat ne veut pas se mettre la pression
À l'entraînement, côtoyer, et parfois battre Clément Noël ou Steven Amiez, l'aide à prendre conscience qu'il est à sa place. Sa saison dernière était déjà une belle promesse (Rassat était passé de 37e à 23e mondial) et si elle s'était terminée difficilement (quatre sorties de piste en ajoutant les Mondiaux aux trois derniers slaloms de Coupe du monde), il fallait peut-être y voir les conséquences d'un été 2024 où il n'avait pu faire la préparation physique. Débarrassé temporairement de soucis au dos, un mal qui touche de nombreux slalomeurs dans une discipline exigeante de ce côté-là, Rassat vise loin et sa victoire de samedi l'aidera à coup sûr à franchir un cap.
"Si je commence à mettre une pression sur le résultat, c'est là où je vais peut-être skier un peu plus crispé", répondait encore Rassat quand on lui demandait s'il allait s'appuyer sur sa 6e place inaugurale pour enchaîner à Gurgl, ce samedi. Sa descente parfaite en deuxième manche montre que lorsqu'il ne se pose pas lui-même des barrières, Rassat a la gagne dans les cuisses. Ne pas réfléchir, faire ce qu'il sait faire, c'est tout ce que lui demandent ses entraîneurs. Kevin Page et l'encadrement de l'équipe de France sont convaincus du talent du garçon. Reste à imaginer jusqu'où il pourra le mener. Car ça, personne ne le sait encore vraiment.
(Avec F-X Rallet)
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