Coupe du monde - Slalom Gurgl - Paco Rassat, bonheur immense et premières à la pelle : "Une sensation de fou"

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On attendait Clément Noël, mais la première victoire de la saison en slalom est venue de Paco Rassat pour l'équipe de France. 14e de la première manche, mais avec des écarts resserrés, il a survolé le second run pour aller décrocher son premier bouquet en Coupe du monde, lui qui n'avait encore jamais goûté au podium, à 27 ans. Le voilà même nanti du dossard rouge. Quelle histoire !

Paco Rassat, vainqueur du slalom de Gurgl.

Crédit: Getty Images

"C'est fou, je ne sais pas quoi dire." Peu importe. Paco Rassat a fait parler son ski samedi à Gurgl et c'est tout ce qui comptait. Sidérant sur la piste autrichienne, et sidéré au moment de commenter son propre exploit. A 27 ans et après 36 départs en Coupe du monde, le Français a signé samedi la toute première victoire de sa carrière lors du deuxième slalom de cet hiver olympique, celui qui attise toutes les ambitions.  Vous pouvez ajouter la sienne, désormais. Mais à chaque jour suffit sa peine et son bonheur. Les Jeux, il a le temps d'y repenser et d'en rêver.
Parce que la confiance en lui n'est pas son atout principal, le skieur des Aillons n'aurait jamais osé rêver à une victoire en se levant samedi matin, même après sa 6e place à Levi, déjà le meilleur résultat de sa carrière. "Ma course à Levi m'a aidé à prendre du plaisir et à profiter aujourd'hui, mais de là à gagner, je ne pouvais pas imaginer ça", a-t-il expliqué. Encore moins après la première manche, dont il avait signé le 14e chrono. Sauf que c'était un run particulier, d'une densité incroyable, avec des écarts d'une faiblesse assez inédite.
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L'exploit de dingue de Rassat ! Le Français remporte sa 1re victoire à Gurgl !

Video credit: Eurosport

Les émotions sont assez folles
Le Français n'était ainsi "qu'à" 85 centièmes du leader, le Norvégien Atle Lie McGrath. Ce n'est pas rien, mais cela autorisait à peu près tout. "C'était tellement serré que tout était possible après cette première manche, un très bon résultat comme un mauvais", résume Rassat. Puis Paco a volé. Dans la seconde manche, il y eut lui et les autres. Mais là encore, en coupant la ligne, il lui aurait semblé audacieux de croire à la première place. "Les émotions sont assez folles, parce que de savoir qu'on est dans une course serrée et d'allumer du vert avec 70 centièmes d'avance, c'était déjà dingue, a-t-il confié à Eurosport. Mais de là à remonter plus d'une dizaine de places jusqu'à la victoire, je ne m'y attendais pas du tout. C'est vraiment une sensation de fou. Mon rêve est devenu réalité."
"Dingue", "De fou", "Incroyable", son chant lexical va témoigner plutôt bien de tout ce qu'il traverse depuis sa victoire. Jamais il n'était monté sur un podium de Coupe du monde. Il n'avait même jamais connu de Top 5. Podium, donc, mais quitte à bien faire les choses, autant que cette première se double d'une autre avec sa première victoire. Le bonheur, jusqu'au bout. Cerise sur le gâteau, ses parents étaient présents dans l'aire d'arrivée pour vivre son triomphe au plus près. En larmes, eux aussi. "C'est une journée pleine d'émotions il y a déjà eu quelques larmes et je pense que ça ne va pas être les dernières mes parents sont là", savoure-t-il.
Divine surprise, cette victoire de Paco Rassat ? Oui et non. Parce que, dans le clan français, tout le monde était convaincu du potentiel du natif de Chambéry. L'hiver dernier, avant une fin de saison difficile, il avait effleuré son potentiel, s'offrant son premier Top 10. Cet été, sa préparation a été estivale, sans le moindre pépin physique, notamment ces problèmes dorsaux qui avaient pu l'handicaper. Il était prêt pour la mue. "Il était très bon, mais on sent qu'il a pris une autre dimension, juge Jean-Pierre Vidal, le champion olympique 20002 du slalom et consultant Eurosport. Quand on voit la deuxième manche qu'il fait, on sent que cette année, il a le potentiel pour faire une saison exceptionnelle."
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Rassat toujours incrédule après sa victoire : "Je ne pensais pas que ça pouvait arriver un jour"

Video credit: Eurosport

Ça va être mon premier dossard de leader
Il y aura sans doute un avant et un après pour Paco Rassat. Pour qu'il explose enfin durablement au top niveau. "Je savais que je pouvais skier vite, s'excuse-t-il presque, notamment à l'entrainement. Mais l'entrainement et les courses, ce n'est pas la même histoire. Tout est possible en ski alpin au départ d'une course, tout le monde peut faire un gros résultat, peut-être même gagner, et aujourd'hui, c'est mon tour." Pour un peu, il va nous dire que la pièce est tombée du bon côté pour lui et qu'il n'y est pour rien.
Non, Paco Rassat a gagné samedi simplement parce qu'il était le meilleur. Intouchable, même, sur ce second tracé. Un bonheur ne venant jamais seul, ce premier succès, ce premier podium, ce premier Top 5, ce premier tout ce que vous voudrez, tout ceci va déboucher sur un autre petit bonheur : il est le nouveau leader de la Coupe du monde de slalom, devant Lucas Pinheiro Braathen et Clément Noël, passés au travers à Gurgl. Le dossard rouge sera donc sur ses épaules lors de la prochaine course. Pas n'importe où : à Val d'Isère.
C'est Clément Noël en personne qui est venu lui dire, alors qu'il attendait encore dans le "Hot Seat" le dénouement de cette course. "Clem' m'a dit ça, que j'allais porter le dossard, mais il fallait que je gagne, dit-il. Et ça va être mon premier dossard de leader. Je n'ai jamais mené, que ce soit dans tous les circuits régionaux, en FIS, en Coupe d'Europe et encore moins en Coupe du monde." Et devinez quoi ? "C'est dingue !". Peut-être, mais c'est la réalité. Sa réalité.
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De l'espoir à la colère : l'erreur qui coûte cher à Noël sur la deuxième manche en vidéo

Video credit: Eurosport


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