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Pinturault : "En temps normal, je ne mettrais pas les pieds à Kvitfjell"

Pinturault : "En temps normal, je ne mettrais pas les pieds à Kvitfjell"

Le 02/03/2020 à 17:07Mis à jour Le 02/03/2020 à 17:50

HINTERSTODER - Vainqueur ce lundi pour la troisième fois du géant dans la station autrichienne, Alexis Pinturault en a profité pour s'emparer de la tête du classement général au terme d'un week-end éreintant mais victorieux. Alors que la menace plane sur la fin de saison, le Français devrait se rendre à Kvitfjell, malgré la fatigue.

Il n'aurait pu rêver à un passage plus réussi à HInterstoder. Trois courses, deux victoires et une 4e place à l'occasion d'un Super-G où Aleksander Aamodt Kilde est sorti… Avec 250 points glanés sur 300 possibles, il est peu dire qu'Alexis Pinturault a réussi un week-end quasi parfait. Au meilleur des moments possibles. "Je savais en venant ici que ça allait être très important, expliquait le Français après la course. Beaucoup de choses peuvent encore se passer mais il était important de répondre présent".

Vidéo - Pinturault : "En 2e manche, j'ai essayé de contrôler un peu plus"

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"Et il y a en plus la possibilité que la FIS décide d'arrêter plus tôt la Coupe du monde, ajoute-il pour SkiChrono. Quand je l'ai su, je me suis dit : il faut y aller ! Il n'y a clairement pas le choix. Je me suis dit deux choses : je suis dos au mur, mais c'est possible". Et il l'aura fait à la perfection puisqu'il est désormais en tête de la Coupe du monde, avec 26 unités d'avance sur Kilde et 107 sur Kristoffersen, qui semble en retrait.

" Plus on en a l’expérience, plus c’est facile à assimiler"

Pourtant, le skieur de Courchevel restait sur un raté en géant avec sa 15e place à Naeba, sur une piste en très mauvais état. A Hinterstoder, où il avait déjà gagné deux fois dans la discipline en 2015-2016, Pinturault était beaucoup plus dans son élément. Stratosphérique en première manche, le Français s'est ensuite contenté de contrôler lors de la seconde, notamment sur le plat. "La deuxième manche était définitivement beaucoup plus détruite que la première, avoue-t-il. Il fallait vraiment serrer les dents, essayer d'avancer, attaquer. Après, on pouvait un peu plus contrôler le plat, étant donné qu'il était plus facile que la première manche. Et c'est ce que j'ai réussi à faire." Une course parfaite à l'image de son week-end.

Vidéo - Pinturault n'a pas tremblé : sa 2e manche pour la victoire

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Alors qu'il avait parfois craqué en seconde manche cette saison, surtout en slalom et notamment à Chamonix où il était sorti alors que Kristoffersen était éliminé depuis la première, Pinturault a cette fois totalement maitrisé son sujet. Malgré la pression inhérente aux enjeux et à sa position (dernier à s'élancer). "Il y avait beaucoup de pression, surtout avec la fatigue des deux derniers jours, raconte le Tricolore. Malgré tout, j’ai la chance d’avoir un peu l’habitude, et ça aide aussi. Dans des moments de fatigue, de connaître cette position, ça aide, plus on en a l’expérience, plus c’est facile à assimiler". Vu son expérience, du haut de ses 29 victoires et ses 97 podiums en Coupe du monde ainsi que plusieurs médailles mondiales, on comprend mieux sa parfaite gestion des évènements ce week-end.

" Peut-être bête de ne pas tenter ma chance"

Désormais en tête du général, Alexis Pinturault est toutefois loin d'avoir remporté le gros globe. Si la suite de la Coupe du monde est menacée, ça ne sera pas le cas des épreuves de vitesse de Kvitfjell, dont le directeur des épreuves masculines Markus Wagner a assuré la tenue. Avec un super-G et une descente au programme, nul doute que le week-end norvégien sied bien plus à Aleksander Aamodt Kilde qu'au Français, qui hésite encore à s'y rendre. "Avant Hinterstoder, c’était sûr que je devais y aller, parce qu’on devait finir dimanche, avec suffisamment de temps pour se reposer, explique-t-il. Mais là actuellement, c’est un peu moins sûr à cause du repos… Il faudrait que je parte demain ou mercredi, ça fait un jour de repos, un jour de voyage. Je dois discuter avec David Chastan."

Alexis Pinturault lors du géant à Hinterstoder le 2 mars 2020

Alexis Pinturault lors du géant à Hinterstoder le 2 mars 2020Getty Images

Depuis le début de sa carrière, le Tricolore ne s'est rendu qu'à une seule reprise en Norvège, en 2015. Il avait alors pris la 14e place d'un Super-G qui, il l'avoue lui-même, ne lui est pas favorable. "En temps normal, je n’y mettrais pas les pieds, explique le Français. Ce n’est pas un super-G à ma convenance". Mais à quelques semaines de la fin de la saison, l'heure n'est plus à l'impasse. Elle est, a minima, à la réflexion. "Vu le contexte actuel, ça serait peut-être bête de ne pas tenter cette chance, avoue-t-il. On va voir, on va en discuter." S'il semble que le Tricolore devrait bien s'y rendre, sa décision pourrait bien dépendre de la tenue ou non des épreuves à Kranjska Gora et des finales de Cortina. En cas d'annulation, le Français n'aurait plus le choix. Tout se jouerait en Norvège.