Il nous a refait le coup. Malgré ses 41 ans, Johan Clarey s’est offert un nouvel exploit sur la descente de Kitzbühel, ce vendredi. En tête avant le saut de l’Hausbergkante (-0”02 au 6e inter), on a même cru qu’il allait s’offrir la première victoire que sa carrière mériterait tant. En vain, puisque le Tignard a finalement été devancé pour 42 centièmes par Aleksander Aamodt Kilde, vainqueur pour la première fois sur la Streif. Mais c’est tout de même une magnifique 2e place, son 3e podium sur la descente autrichienne, après 2017 (3e) et 2021 (2e), et le 4e avec sa 2e place en super-G en 2019. Et un deuxième Français s'est invité sur le podium à la surprise générale : Blaise Giezendanner.
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La Streif n’avait jamais souri à Kilde. Jusqu’à ce vendredi. Auteur ici d’un seul podium en super-G, dans le top 10 à seulement deux reprises en descente (6e en 2016, 9e en 2020), le Norvégien a enfin dompté la plus mythique des pistes du circuit. Sous un épais ciel blanc, le dossard 11 a fait une course pleine de bout en bout. C’est sur la partie médiane qu’il a écrasé la concurrence, repoussant notamment Matthias Mayer, alors en tête (et finalement 4e), à 1”24 au 4e inter. Et s’il a concédé six dixièmes à l’Autrichien sur le bas, on sentait bien que son chrono serait difficile voire impossible à battre.
Leader incontestable au général, Marco Odermatt a découpé comme personne le Steilhang, passant au 2e inter avec 23 centièmes d’avance sur Kilde. Mais avec son gabarit relativement léger face aux purs descendeurs, le Suisse n’a pas fait le poids sur le plat qui a suivi et s’est finalement classé 4e à 78 centièmes. Au fond, le seul qui a semblé capable de priver Kilde de sa 6e victoire de l’hiver, la 3e en descente, et sa 12e en carrière, c’est Johan Clarey.

Clarey : "Je vois le '2' à la fin, c'est fantastique"

Neuvième podium pour Clarey

Au contact à la sortie du Steilhang (+0”21), le vétéran tricolore, dossard 17, a encore une fois épaté la galerie sur le plat médian. Revenu à 16 centièmes aux 4e et 5e inters, il s’est même permis le luxe d’allumer du vert sous l’arche de l’Hausbergkante, pour deux petits centièmes. Tous les espoirs étaient alors permis, sachant que Kilde n’avait pas été le plus rapide sur le bas. Mais Clarey, en bétonnant un peu l’entrée du dévers, légèrement modifié cette année, n’a pas su prendre la vitesse nécessaire pour aller au bout de l’exploit. Mais l’ampleur de son retard (42 centièmes) atténuera sans doute les regrets, si tant est que l’on puisse avoir après une course pareille.

Giezendanner, la surprise du chef

Ce podium, son premier de l’hiver, le 9e en carrière, était déjà en soi une immense bouffée d’oxygène pour l’équipe de France de vitesse, qui ne comptait jusque-là pas le moindre top 5 en descente. Mais le bonheur est finalement double pour les Bleus. Comme il y a cinq ans, où Valentin Giraud-Moine avait pris la 2e place devant le Tignard, Clarey est accompagné d’un compatriote sur le podium de "Kitz".
Alors que le classement semblait figé, Blaise Giezendanner, dossard 43, a sorti la course de sa vie pour décrocher le premier podium de sa carrière, à 63 centièmes de Kilde. A 30 ans, le Chamoniard n’avait encore jamais fait mieux que 8e en coupe du monde. C’était en février 2016 lors du super-G de Jeongseon, deux ans avant sa 4e place lors du super-G des JO de Pyeongchang. La forme revient pour lui à pic, à deux semaines du début des Jeux Olympiques.

Sur la boîte avec le dossard 43 : l'incroyable exploit de Giezendanner

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