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Descente de Kitzbühel | "J'ai fini avec mon coeur" : Cyprien Sarrazin, l'état de grâce
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Publié 19/01/2024 à 16:45 GMT+1
Même après une descente imparfaite, Cyprien Sarrazin a conservé de l'avance sur la concurrence ce vendredi. Le Français s'est imposé à Kitzbühel pour entrer dans une caste à part. Il poursuit une dynamique folle et entretient une incroyable série qui consolide un peu plus son statut naissant. Sarrazin devient peu à peu intouchable.
Sarrazin a volé sur la Streif : sa descente en vidéo
Video credit: Eurosport
Un bolide avec du feu sous les skis. Cyprien Sarrazin nous a refait le coup mais cette fois, en plus grand, en plus éclatant. Kitzbühel, la Mecque du ski mondial, a fait allégeance au nouveau roi de la vitesse. Après Bormio, après Wengen (en Super-G), Sarrazin a dompté la Streif avec son autorité nouvelle. Intenable depuis quelques semaines, il n'a pas paniqué malgré un début de parcours moyen et deux centièmes de retard avant le schuss final. Parce que sa jauge de confiance est au maximum et que, désormais, tout tourne dans le bon sens.
"Ce n'était pas un run parfait, a-t-il témoigné après sa victoire. J'ai fini avec mon cœur. Je savais qu'il fallait que je termine vite après ces erreurs sur le haut." Même face à Marco Odermatt et Florian Schieder ce vendredi, il a pu se permettre des erreurs parce qu'il reste sur un nuage et flotte dans un état de grâce qui semble le protéger de tout.
"Je me suis réveillé calme, je suis resté calme mais juste après le départ, je ne me suis pas senti si bien, a-t-il encore confié. J'ai senti que ce n'était peut-être pas le bon jour pour gagner. Mais en bas je me sentais très bien physiquement donc je me suis dit que je pouvais faire la différence durant la dernière partie et c’est ce que je j’ai fait." Comme si rien ne pouvait lui arriver désormais. Sarrazin semble protégé par une force insubmersible et une puissance intouchable depuis qu'il s'est mis à gagner.
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Instant émotion : Sarrazin savoure la Marseillaise à Kitzbühel
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Un sentiment que partage notre consultant Johan Clarey, qui a lui aussi goûté au podium à Kitzbühel mais jamais sur la première marche : "J'ai déjà discuté un peu avec Kilde, il me disait : 'Une fois que tu gagnes une première course, tout s'enchaîne. Tu n'as plus de pression, tu as déjà réussi ta saison, c'est un monticule de confiance que tu accumules'. Cyprien est là-dedans. On a l'impression qu'il pourrait partir les yeux fermés, mettre les pieds n'importe où et tout fonctionnerait." "Il a trouvé la recette, il ne se trompe plus, nous confie notre consultant Pierre-Emmanuel Dalcin. Il a compris comment ça fonctionnait en skiant en-dessous, il a compris que ça marchait. Désormais, il l'applique."
"Il est tellement fort, c'est la joie incarnée, il mérite tout ce qu'il arrive", se réjouissait quant à lui un Luc Alphand aux anges dans l'aire d'arrivée. Sarrazin, que personne n'avait imaginé à ce niveau en début de saison, efface 27 années de disette tricolore en Autriche et prend place aux côtés des deux grandes légendes du ski français, Jean-Claude Killy et Luc Alphand, dans un palmarès qui ne supporte pas les médiocres et les moyens. "C'est un rêve qui devient réalité. Succéder à Lucho, c'est un grand moment", a-t-il encore savouré. Et Alphand de se réjouir : "Pour les Français, pour le ski français, c'est une super nouvelle. Je suis tellement heureux."
Sans limite, Sarrazin voit s'ouvrir des perspectives insoupçonnées puisque désormais, seul Odermatt, qui ne le devance plus que de 26 points au classement de la Coupe du monde de descente, semble pouvoir le regarder dans le blanc des yeux. "Est-ce qu'il peut être le premier à faire douter Marco pour le petit globe de vitesse ? s'interroge Luc Alphand. On se demandait qui pourrait chatouiller Odermatt". Après avoir dompté Kitzbühel, tout est possible.
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Alphand : "Je suis fier de passer le relais à Sarrazin"
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