Il y a encore quelques semaines, le sacre d'Alexis Pinturault ne faisait aucun doute. Trop fort, trop complet, pour une concurrence privée du tenant du titre, Aleksander Aamodt Kilde. Le Français voguait vers un premier globe du classement général et était destiné, il l'est peut-être toujours, à succéder à Luc Alphand, vainqueur du classement général en 1997. A six épreuves de la fin, "Pintu" a toujours la main mais Marco Odermatt, dauphin et le seul qui peut encore lui ravir le globe, opère un tel retour qu'il inquiète.
Un peu de mathématiques et de points de situation pour commencer. Dans la course au classement général, le weekend de rêve d'Alexis Pinturault à Adelboden (deux succès en Géant qui effacent une 17e place décevante en slalom), a marqué un premier tournant. Avec les 214 points acquis en trois jours, le Français a creusé un vrai écart sur celui qui est son rival en cette fin de saison, Marco Odermatt, repoussé à 188 points (12 courses pour Pinturault, 11 pour son adversaire).
Ski alpin
Pinturault, clés suisses et suspense : les courses aux globes, plus que jamais indécises
07/03/2021 À 23:23

Jusqu'aux Mondiaux, Pinturault était intouchable

Mieux, quelques semaines plus tard et avant que le cirque blanc prenne la direction de l'Italie pour les Mondiaux, Pinturault était assis sur un matelas de 225 points. Il avait certes disputé trois courses de plus que son adversaire mais c'est sa régularité qui payait surtout (16 tops en 22 courses). Avant Cortina, avec onze courses encore à disputer, qui pouvait imaginer que la course au gros globe serait toujours indécise une poignée de semaines plus tard ? Probablement pas grand monde, à part peut-être Marco Odermatt lui-même.
Basiquement, le Français comme le Suisse engrangent des points sur trois disciplines. Le géant et le super-G en commun, le slalom pour le premier et la descente pour le second. Odermatt regrettera peut-être en fin de saison d'avoir dû, à cause d’une contamination au Covid-19, zapper le parallèle de Lech disputé le 27 novembre. Le 100-0 infligé ce jour-là par Pinturault pèse lourd à l'heure de faire les comptes. Il pourrait aussi regretter d'avoir mis si longtemps à trouver ses repères en descente.

La fusée Odermatt continue de surprendre : son super-G victorieux

Le trait est exagéré à dessein. Avant cette saison, Odermatt n'avait aucune référence en descente si ce n'est une 12e place lors de sa première en Coupe du monde, à Are en 2018. 30e à Val d'Isère mi-décembre, 12e à Bormio à la toute fin 2020 et interdit de prendre le départ de la première descente de Kitzbühel (la course ayant été arrêtée au dossard 30, il était le 31), Odermatt a franchi un cap impressionnant depuis. Dixième lors du deuxième acte sur la Streif puis huitième à Garmisch et 5e à Saalbach, Odermatt a confirmé qu'il avait des qualités en vitesse en y ajoutant la régularité. Une régularité (il compte aussi 3 podiums en Super-G depuis fin janvier) qui lui permet aujourd'hui de mettre la pression sur Pinturault… qui a toujours son destin en mains.

Une descente et deux slaloms : à chacun ses armes

Déjà, parce qu'il est devant. 81 points d'avance, c'est à la fois peu et beaucoup selon la formule consacrée (un succès vaut 100 points). Si Pinturault n'a pas vraiment le droit à l'erreur, ne jamais se rater est une condition sine qua non, ou presque, pour Marco Odermatt maintenant. Sur les six courses encore à disputer, Pinturault peut légitimement espérer des points sur cinq et des gros sur quatre (deux géants et deux slaloms). Odermatt a aussi les deux géants dans le viseur plus un Super-G mais reste à savoir ce qu'il fera sur la descente de Lenzerheide. C'est peut-être là que basculera la course au gros globe et Pinturault devrait en prendre le départ.

Même avec un bâton en moins, il reste redoutable : Le spectacle de l'équilibriste Pinturault

Ce weekend, c'est Pinturault qui a la pression. Parce que la technique (un géant, un slalom) est à l'honneur à Kranjska Gora. Si Odermatt fait mieux que lui sur le géant, il abordera le slalom avec l'obligation de reprendre le large. Car lors des Finales, la vitesse précèdera la technique. Après la descente et le super-G (le 17 et le 18), Odermatt pourrait bien avoir repris la tête du général. Restera alors un géant et surtout un slalom, à Pinturault pour s'offrir le gros globe. Sur les piquets courts, Pinturault a parfois flanché. Il n'a cependant plus connu d'abandon depuis plus d'un an et reste sur cinq tops 10 de suite. Mieux vaut ne pas se retrouver dans cette situation et craindre de voir des vieux démons ressurgir.
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