Pourtant, il y avait de quoi être porté par l'élan. Victor Muffat-Jeandet venait tout juste de réaliser une seconde manche de haute volée. Elle allait lui permettre de prendre la deuxième place du slalom derrière un fabuleux Clément Noël quelques instants plus tard. Alexis Pinturault s'est élancé juste après son compatriote, prêt à surfer sur la vague bleue après avoir pris la quatrième place de la première manche. Il avait un superbe exemple à suivre, une source de motivation supplémentaire pour allumer du vert à l'arrivée. C'était le scénario rêvé. Il a bien trop rapidement viré au cauchemar.
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Kranjska Gora
Le doublé pour Noël et Muffat-Jeandet, la désillusion pour Pinturault
14/03/2021 À 12:25
Pinturault n'a certainement pas fini de ruminer son erreur. Un ski placé trop à l'intérieur, un piquet rouge enfourché et un zéro pointé. Quelques mètres plus loin, le skieur de Courchevel a coupé son effort. Tête basse, dépité, il n'a pas tardé à réaliser l'opportunité qu'il venait de manquer. "Pour la deuxième manche j'avais la même chose que d'habitude en tête, mais une fois que j'ai enfourché, j'ai plus de doutes, je ne suis pas sur une pente ascendante contrairement à Marco (Odermatt)", a-t-il reconnu auprès de l'AFP après la course.

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Une avance passée de 317 à 31 points

Il espérait profiter de l'absence du Suisse pour prendre le large en tête du classement de la Coupe du monde. A la place, il a connu sa toute première sortie de l'hiver en slalom. Elle est venue au pire des moments, juste avant les finales à Lenzerheide la semaine prochaine. Le Français les abordera avec le même matelas de 31 points d'avance sur le Suisse. Il paraît bien mince pour un skieur qui en comptait 317 au soir du 31 janvier. D'autant plus mince que Pinturault a perdu sa superbe depuis les Mondiaux de Cortina d'Ampezzo.
Le Français peine à enchaîner les bons résultats comme il le faisait au début de l'hiver, pendant qu'Odermaat fait feu de tout bois. Le momentum est désormais du côté du Suisse, quand le skieur tricolore semble parfois paralysé par cette pression terrible qui rattrape les sportifs au moment de faire ce dernier pas vers la victoire finale. "C'est un tout, il y a de la fatigue nerveuse, physique, je me tends un peu en arrivant au bout (de la saison), à l'inverse de Marco Odermatt qui n'avait rien à perdre, a-t-il résumé. Je me suis certainement un peu crispé."

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Les spectres du passé, la réalité du présent

Il y a de quoi. Pour Pinturault, le scénario a trop un air de déjà-vu. Il y a le spectre d'échouer une nouvelle fois à la deuxième place du classement général de la Coupe du monde, comme cela lui est déjà arrivé ces deux dernières années. Il y a le souvenir de ce type d'opportunités qu'il n'avait pas su saisir par le passé. Comme sur le slalom de Chamonix l'an dernier, où il n'avait pas profité de l'abandon d'Henrik Kristoffersen dans la première manche en sortant à son tour dans la deuxième. C'était un tournant de la saison et le Français n'avait pas su le prendre.
Pinturault misait d'autant plus sur ce slalom de Kranjska Gora. Au-delà des gros points à prendre pour aborder les finales de Lenzerheide, c'était aussi l'occasion d'exorciser ses démons du passé, et faire ainsi le plein de confiance pour aborder les quatre dernières courses de la saison dans les meilleures conditions. Son air groggy sur la ligne d'arrivée de la piste en disait suffisamment long. La confiance n'est pas revenue. Bien au contraire, le skieur de Courchevel semblait submergé par le doute. C'est justement ce qu'il doit effacer.

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"Je n'arrive pas à m'exprimer comme je voudrais"

Pinturault n'a pas le temps de ruminer. Il y aura un sacré défi sportif à relever face à Marco Odermaat à Lenzerheide la semaine prochaine. Le Français doit immédiatement se remobiliser et mettre Kranjska Gora et toutes ses frustrations derrière lui. A cinq dixièmes près, il prenait la deuxième place du géant samedi et empochait 30 points de plus dans la course au gros globe. A quelques centimètres près, il n'aurait pas enfourché sur le slalom et aurait conforté sa place de leader. Des petits détails qui font une grande différence.
Mais en attendant, Pinturault est toujours devant. Il reste en position de force. Pour le Français, il s'agirait de ne pas l'oublier. Cela fera partie d'un travail psychologique essentiel pour aller chercher le gros globe. "J'essaie de relativiser mais ça ne sera pas facile, a soufflé le skieur de Courchevel. Je n'arrive pas à m'exprimer comme je le voudrais, ça a un côté frustrant. J'espère que ce week-end me servira pour la semaine prochaine." Tirer les enseignements de cet échec, c'est bien tout ce qu'il doit avoir en tête pour se donner une chance de décrocher enfin le Graal.
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