L'histoire avait pourtant bien démarré. Alexis Pinturault ne l'a évidemment pas oublié, nous non plus : le 21 février 2012, il remportait sa première course en Coupe du monde. Un géant parallèle à Moscou. Cette discipline qu'il abhorre aujourd'hui la jugeant tout à la fois, inéquitable, dangereuse et inadaptée au ski de compétition. Une discipline qu'il retrouve ce vendredi à Lech/Zürs (Autriche) pour la deuxième course de la saison après sa 4e place à Sölden en ouverture.
Démarrée sur un coup de foudre donc (première participation, première et seule victoire), la romance a vécu quelques belles premières années avant la rupture. Depuis 2018, les résultats d'Alexis Pinturault, que ce soit en géant ou en slalom parallèle, ne ressemblent plus à ceux des débuts. S'il a connu quatre podiums dans ces disciplines si particulières jusqu'en 2018, la relation vire depuis au vinaigre. Neuvième et dixième à Oslo (2019), septième à Stockholm (2019), "Pintu" a carrément perdu la main la saison dernière, prenant la 26e place à Alta Badia et la 13e à Chamonix.
Depuis quand en sport, la chance prend le dessus sur la performance ?
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Après l'épreuve française, il s'était d'ailleurs épanché sur Twitter. "Aujourd'hui j'ai la rage, l'impression de me faire berner... nous les athlètes pris pour des pions d'un spectacle et non acteur d'un sport ! Depuis quand en sport la chance prend le dessus sur la performance ? Et la dangerosité du format on en parle ?", avait-t-il écrit.
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Le Français s'était blessé à l'adducteur quelques semaines plus tôt lors du parallèle d'Alta Badia. D'autres avant et après lui, ont subi le même sort. Alors que Daniel Yule craint qu'un accident grave survienne un jour : "les athlètes évoluent très près l’un de l’autre, et les carres des skis sont comme des couteaux. Si une collision devait survenir, à plus de 70km/h, je n’ose pas imaginer la catastrophe."
Mais ce qui agace le plus Alexis Pinturault, c'est l'impression de participer à une loterie. Sur un parallèle, deux skieurs s'affrontent sur une manche à partir des huitièmes de finale. C'est là que le bât blesse : impossible selon le Français de garantir l'équité. "L’équité sportive est tronquée. A moins de courir sur un format en plastique, des terrains sur estrade avec des profils exactement identiques", s'était-il emporté. A Alta Badia, comme à Chamonix, l'un des tracés (rouge ou bleu) était plus rapide que l'autre. Et comme le sort décide de qui court sur quel tracé, les meilleurs, ceux qui ont le plus à perdre, se sentent forcément lésés.

Pinturault n'a pas le choix : ses objectifs imposent sa présence

La saison dernière, ce sont d'ailleurs deux skieurs qui n'avaient pas encore gagné en Coupe du monde qui l'ont emporté : Rasmus Windingstad et Loïc Meillard. Sans leur faire injure, ni l'un ni l'autre ne sont des favoris logiques sur des épreuves "normales" même si le Suisse avait déjà engrangé quatre podiums auparavant. "J'ai la sensation de me faire voler entre guillemets, avait lâché Pinturault à Chamonix. Si je pouvais, je m’en passerais des géants parallèles, comme 90 % des athlètes."

Pinturault a tout tenté avant de perdre le contrôle

Problème, le skieur de Courchevel ne peut pas car lui vise le gros globe de cristal de la Coupe du monde. Devancé de 54 points par Aleksander Aamodt Kilde au final lors du précédent opus, il en avait lâché 31 au Norvégien sur les seuls parallèles. Ils n'ont pas joué un rôle décisif mais une balance positive aurait peut-être permis à Pinturault de faire la différence et de succéder à Luc Alphand, 23 ans après. C'est pourquoi Alexis Pinturault n'a d'autres choix que de batailler sur ces épreuves. Comme l'aller-retour est désormais la norme, peut-être va-t-il y prendre goût ? Et qui sait, un peu de chance et des petits points glanés pourraient bien faire son bonheur en fin de saison.
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