"Vol", "Loterie", "équité sportive tronquée". Les parallèles n'ont pas eu bonne presse en 2019/2020, c'est le moins que l'on puisse dire. Déjà peu appréciés depuis leur création, ils ont pris une volée de bois vert après les courses à Alta Badia et Chamonix l'an dernier. "Les coureurs n'ont pas vraiment donné la chance au produit, juge Gauthier De Tessières, ancien skieur et consultant Eurosport. Quand ce ne sont plus les mêmes qui gagnent, ça pose problème."

Pour leur défense, les skieurs apportaient des arguments assez simples et parlaient d'une seule voix : avec une seule manche, les huitièmes, quarts, demies et finale se jouaient avant tout au tirage au sort. Celui qui héritait du tracé le plus rapide passait presque à chaque fois. C'était même pire avant puisque le plus petit dossard choisissait son tracé, bleu ou rouge. Marcel Hirscher en avait par exemple bien profité en 2016. "La FIS (Fédération internationale de ski) a fait une énorme erreur là-dessus. Ça n'a pas aidé à faire accepter le produit par les skieurs, précise De Tessières. Ils vendaient un format télévisé d'une heure et voulaient qualifier un maximum d'athlètes." D'où une jauge à 32 skieurs et une manche par tour seulement.

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L’aller-retour, évolution logique et réclamée

Entre-temps la rébellion s'est faite plus vindicative. Ce qui a poussé les organisateurs à évoluer. Cette saison, ce ne sont pas 32 mais 16 skieurs, un "cut très serré", qui vont se qualifier pour un tableau final en aller-retour. Une évolution que notre consultant estime "indispensable d'un point de vue sportif". Entendus sur leur inquiétude principale, les skieurs vont-ils désormais jouer le jeu et donner un avenir à une discipline qui peut faire son trou ?

Le plus fort sur le parallèle, c'était Meillard

Gauthier de Tessières reconnaît lui-même qu'il a "évolué" sur le sujet. Prenant l'exemple du biathlon, "la référence du moment dans les sports d'hiver", il a vu l'impact qu'une discipline comme celle-ci pouvait avoir : "n'importe quelle personne qui débarque va comprendre le fonctionnement et voir qui gagne." "Pourquoi se priver de créer une discipline si elle fonctionne ?", poursuit-il encore militant pour que les parallèles grandissent et gagnent leur place aux JO après une première aux Mondiaux de Cortina d'Ampezzo en 2021.

Pourquoi pas un championnat du monde ?

Selon lui, la discipline peut faire naître de "nouveaux champions". Les parallèles sont certes soit des géants, soit des slaloms mais avec la confrontation directe, ils amènent une dimension particulière au ski, sport individuel s'il en est. "C'est ce côté duel qui est intéressant. La confrontation est perturbante, analyse-t-il. L'un des skieurs peut partir vite ou embêter l'autre en revenant dans son champ de vision…". "Le format peut révéler d'autres athlètes" conclut-il citant l'exemple de Cyprien Sarrazin qui a décroché sa seule victoire en Coupe du monde dans cette discipline à Alta Badia en décembre 2016.

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Après quelques années à se chercher une identité, le parallèle va connaître un nouveau chapitre de son évolution cette saison. De son acceptation (ou non) par les athlètes dépendra son avenir. Si les meilleurs du monde y prennent goût le chemin vers une place plus importante dans la saison s'ouvrira. Si tel était le cas, ce sera l'occasion de voir régulièrement Alexis Pinturault défier Henrik Kristoffersen ou Aleksander Aamodt Kilde par exemple. Une perspective qui a de quoi intéresser diffuseurs et spectateurs. Après tout, et comme le dit Gauthier de Tessières : "le duel, c'est génial !".

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