Et une de moins. Les courses défilent, et pour le grand soulagement d'Alexis Pinturault, le classement général reste figé depuis le début des finales de Lenzerheide. Le Français n’avait que 31 points d’avance avant les quatre dernières courses de l’hiver. Après les deux premières, celles qu’il redoutait le plus, celles où Marco Odermatt avait l’occasion de combler son retard, voire même de prendre les devants, le voilà toujours avec la même marge, la météo ayant eu raison de la descente mercredi puis du super-G jeudi. Pour le coup, le skieur de Courchevel est un peu béni des Dieux. "Ca fait plus mes affaires à moi qu’à d’autres", convient-il sans surprise.
"C'était une longue journée, je ne m'attendais pas spécialement à l'annulation. Lenzerheide a l'air d'avoir un climat particulier ! La piste n'était pas terrible à la reconnaissance, mais elle restait honnête", a-t-il indiqué au téléphone à plusieurs médias, après l'annulation des courses hommes et femmes à cause du brouillard et des chutes de neige.
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Le réglement est clair : pas de report possible

Il est évident qu’un report aurait été souhaitable pour l’équité de cette bataille assez épique - et inédite depuis le premier sacre de Marcel Hirscher en 2012, acquis sur le fil aux dépens de Beat Feuz - pour le gros globe. Mais le règlement de la FIS est très clair sur ce point. Contrairement à une épreuve "classique" de coupe du monde, les finales ne peuvent bénéficier d’un report. "Le programme des épreuves des finales de Coupe du monde ne peut être changé" est-il écrit sur la page 18 du règlement de la FIS pour les épreuves de coupe du monde de ski alpin. "Les courses qui doivent être annulées ne peuvent être reprogrammées."
Pas de place pour la polémique, donc. Chacun connaissait le règlement. Et on n'oubliera pas que ce même Pinturault s'était retrouvé dans la position inverse l'an dernier, les finales ayant été annulées à cause de la pandémie alors qu'il ne pointait qu'à 54 points d'Aleksander Aamodt Kilde. A son tour d'en profiter. Pour l'instant. "Je n'ai pas envie de dire que c'est une bonne nouvelle, mais ça fait plus mes affaires à moi qu'à d'autres (...) Je m'attendais à ce que Marco prenne la tête en vitesse", a commenté Pinturault, dont les chances de remporter un premier gros globe remontent du coup sérieusement en flèche.

Alexis Pinturault et Marco Odermatt vont se jouer le gros globe lors des trois dernières courses de la saison

Crédit: Getty Images

"Ce sera une belle bagarre"

Sur le papier, de toutes les confrontations de la semaine, le géant de samedi était déjà perçu comme la plus farouche des batailles à venir entre les deux hommes. Les circonstances des derniers jours hissent finalement ce rendez-vous à un niveau d’attente et une hauteur de dramaturgie rarement atteints dans l’histoire du ski alpin, tout du moins pour le ski français. Et tout ne sera peut-être même pas encore joué samedi soir…
Si l’écart reste encore d’une poignée de points, à l’avantage de l’un ou de l’autre, le slalom dominical sera là pour trancher. Les piquets restent le royaume de Pinturault, Odermatt ne s’y étant encore jamais aventuré en coupe du monde. Mais le Suisse a commencé à faire monter la sauce mercredi en se montrant skis de slalom aux pieds sur les réseaux sociaux. "Ce week-end, ce sera toujours le même état d'esprit, attaquer, faire mon meilleur ski. En géant tout est possible, ce sera une belle bagarre", promet Pinturault, qui se battra contre le Suisse également pour le petit globe de la spécialité. Vivement samedi.
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