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Clément Noël : "Le gros globe ? J’en suis à des années-lumière"
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Publié 22/11/2019 à 21:38 GMT+1
Avant le slalom de Levi, dimanche, qui marquera l’ouverture de sa saison, Clément Noël nous a accordé un entretien. La révélation du dernier hiver, 22 ans, refuse de se considérer comme le favori à la succession de Hirscher pour le petit globe. Et le gros, d’ici quelques années, y songe-t-il ? Le Vosgien assure que non : “Il faut faire un premier pas, avant de vouloir faire tous les autres.”
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Dans quel état d’esprit êtes-vous avant de lancer votre hiver ?
Clément Noël : Je me sens bien, impatient. Enfin, non... mais j’ai envie d’y aller en tout cas. J’ai envie de commencer la saison, on bosse tout l’été pour ça. Je ne vais pas dire que je me sens confiant, mais on verra comment ça se passe. Je pense que la préparation a été suffisamment bonne pour arriver prêt et serein.
Et ce malgré vos soucis de dos qui vous ont perturbé durant l’automne (il a été contraint de quitter prématurément le stage d'Ushuaia, fin septembre, ndlr) ? Sont-ils totalement derrière vous ?
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C. N. : Je ne dirais pas qu’ils sont totalement derrière moi, car je dois encore faire beaucoup de boulot préventif. Je dois faire bien attention, ne pas trop enchaîner, ne pas trop forcer sur le dos. Ce sont des choses qui se mettent en place au quotidien. Mais en tout cas, ça ne me gêne pas pour skier. J’ai repris le ski plus tard que les autres (le 31 octobre à Tignes), j’ai fait un peu moins d’Ushuaïa que les autres. La préparation n’est pas idéale mais sur les sensations que j’ai actuellement, je me sens plutôt bien sur les skis. Je ne ressens pas le manque de ski en tout cas.
Quelle est la nature du problème, précisément ?
C. N. : C’est plutôt musculaire. C’est dû à ma forme de dos qui n’est pas conventionnelle et qui entraîne beaucoup, beaucoup de contraintes en bas du dos. C’était plutôt musculaire, et ça me bloquait pour skier, faire des mouvements. C’est pour ça que ça me gênait vraiment à Ushuaïa.
Quand les douleurs sont-elles apparues ?
C. N. : Cela a commencé à m’embêter en août, lors du premier stage de ski. J’ai commencé à sentir quelques petits soucis, mais ça ne me gênait pas forcément pour skier. Et en fait à Ushuaïa, on enchaîne vraiment les jours, le stage est long. Le corps ramasse un petit peu. Et forcément le dos a grincé un peu sur la fin.
Cela n’a jamais menacé votre début de saison, à aucun moment ?
C. N. : Non, car on a fait le boulot pour que ça ne le menace pas. Je me suis arrêté de skier, j’ai fait beaucoup de préparation physique, de manière vraiment spécifique sur la posture, le dos, sur plein de choses. Le but n°1 était de revenir à 100% physiquement, on n’avait pas forcément fixé de date de retour sur les skis. Il fallait que tout aille bien pour y retourner. Donc non, dans ma tête, ça n’a jamais menacé le début de saison. Car même avec un peu de mal de dos, j’y serais allé.
On peut donc dire que vous êtes revenus à 100% physiquement.
C. N. : Oui, oui je pense. En tout cas ça ne me gênera pas du tout sur les manches de dimanche. A moins que je ne me blesse le matin même, je n’aurai pas de douleur et ça ne va pas me gêner sur le tracé. Je n’aurai pas d’excuse quoi.
Donc vous venez pour gagner, pas pour vous rassurer.
C. N. : Oui, oui. Après, c’est la première course de la saison, personne ne sait exactement où il en est. Tout le monde a ses petites impressions de l'entraînement. Mais ce ne sont que des impressions, pas des certitudes. On y va tous pour performer, et la réalité, ce sera la course. J’espère pouvoir être performant parce que je pense que je me suis préparé pour ça.
Au regard de la dernière saison, et de la retraite d’Hirscher, n’est-il pas logique de faire de vous le principal favori pour le petit globe de slalom ?
C. N. : Non. Parce qu’il n’y a pas d’étiquette à mettre à quelqu’un, parce qu’il y a plein de prétendants. Et la densité en slalom est plus importante que jamais, encore plus maintenant vu qu’Hirscher n’est plus là. Je me sens comme un des outsiders pour gagner le globe, mais ce n’est pas du tout quelque chose auquel je pense. Je vais penser à être le plus rapide à chaque instant, jouer avec les meilleurs, course après course. Le globe, je ne vais pas penser à ça. Après c’est sur que je fais partie de ceux, au regard de la saison dernière, qui sont les mieux armés pour lutter. Mais il y en a beaucoup. Et on n’a pas encore commencé la saison, on ne sait pas où en sont les forces en présence.
Hirscher, comment avez-vous accueilli l’annonce de sa retraite ?
C. N. : Avec un peu de surprise, forcément. J’étais un peu abasourdi par le fait que le plus grand skieur de l’histoire, qui a "surdominé" le ski sur cette dernière décennie arrête, comme ça, au top de sa forme. Après, c’est beau d’arrêter là, de se dire "j’ai déjà tout gagné, je vais maintenant m’occuper de mon fils et de ma femme". Je respecte complètement ça. C’est sûr que cela va changer le paysage du ski. Mais ça ouvre aussi les perspectives pour le gros globe, qui était bien cadenassé, ou les petits globes. Et d’un autre côté, je trouve ça un peu décevant parce qu’en tant que sportif, on a toujours envie de se confronter aux meilleurs.
Conquérir le gros globe, d’ici quelques années, est-ce une ambition qui vous habite ?
C. N. : Non, car je ne sais pas si je serai capable, un jour, d’être compétitif dans deux disciplines. Et deux disciplines, c’est le minimum du minimum pour espérer jouer un gros globe. J’en suis à des années-lumière. Cela fait rêver, mais ça ne me fait pas rêver moi, car j’aime bien penser à des choses assez concrètes et pas trop éloignées si possible. Pour l’instant, je pense au slalom, je pense à m’entraîner en géant. Et je pense, pourquoi pas, venir un jour en géant. Mais il faut faire un premier pas, avant de vouloir faire tous les autres.
Va-t-on vous voir sur d’autres disciplines cet hiver (pour l’heure, il n’a pas pris part qu’à des slaloms et des City Event en coupe du monde, ndlr) ?
C. N. : J’espère. On verra. Cela dépend de plein de choses, mais je ne peux vraiment pas vous répondre. Cela dépend de mon niveau, du nombre de points au classement coupe du monde, de mon dos, du physique, ça dépend si je veux faire du géant parallèle ou pas. Cela dépend de plein de tout cela... mais j’espère que oui.
Forcément, votre blessure au dos n’a pas dû vous inciter, dernièrement, à vous entraîner sur d’autres terrains...
C. N. : Oui, c’est sûr. Au début, je me suis recentré sur le physique et sur le dos. Et une fois que ça allait bien, je me suis recentré sur le slalom, parce que Levi arrivait et parce que c’est ma discipline. C’était le plus important à faire.
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