Quel est votre point de vue sur la saison actuelle ?
Jean-Pierre Vidal : C'est un hiver un peu particulier car il n'y a pas de championnats du monde ni de Jeux olympiques cette année. J'ai l'impression que c'est une saison qui a du mal à se lancer sur le plan médiatique. On voit la problématique du ski alpin : quand il n'y a pas de grand évènement pour surfer dessus, le ski intéresse moins de monde. La saison est intéressante mais elle n'est pas suivie comme elle devrait l'être. Le fait qu'il n'y ait pas de chaîne publique qui suive, de manière régulière, la Coupe du monde n'aide pas non plus. Il y a également eu pas mal d'annulations en raison de la météo.
Que pensez-vous des performances tricolores ?
Ski alpin
Vidal : "J’étais programmé pour gagner"
22/02/2012 À 23:04
J.-P.V. : J'ai beaucoup suivi les courses de Jean-Baptiste (Grange). Mais l'évènement marquant chez les Français est l'arrivée d'Alexis Pinturault et la confirmation de Tessa Worley.
Imaginez-vous cette dernière s'adjuger le globe en géant ?
J.-P.V. : L'an dernier, elle est passée tout près. Elle l'a raté d'un rien. Cette année, elle a l'expérience pour aller le chercher. Je pense qu'elle va y parvenir. Quand on voit ses courses, on a vraiment l'impression qu'elle est dedans, elle est stable sur son ski. Et puis, elle a cette fraîcheur et cette envie qui me laissent penser que ça va le faire.
Comment le ski professionnel a -t-il évolué en France depuis la fin de votre carrière ?
J.-P.V. : Ce qui est intéressant chez nous, c'est qu'on en train de passer un cap, avec des jeunes skieurs sans grosse expérience qui arrivent au plus haut niveau. Cela démontre la qualité du staff qui les entoure. Avant, on avait du mal à emmener des jeunes coureurs à un tel niveau aussi rapidement. Aujourd'hui, le staff, avec les entraîneurs, mais également les préparateurs physiques, ceux qui encadrent, est vraiment performant. Il y a plus de regroupements entre les athlètes. On est tout simplement beaucoup plus pro qu'avant.
C'est-à-dire ?
J.-P.V. : Avant, on était sectionné, par discipline. Il n'y avait pas de partage. Et puis, il y avait eu aussi cette coupure avec les anciens : les Killy, les Augert qui n'avaient pas été remplacés. Pendant plusieurs années, cela s'est arrêté. Il a fallu reconstruire avec Franck Piccard et Luc Alphand notamment. Aujourd'hui, on sent une équipe qui monte de nouveau en puissance. La fédération fait également très bien son travail. Les coureurs sont en pleine confiance et ont compris qu'ils étaient capables d'aller gagner des courses. En géant, on a une ribambelle de coureurs capables de faire dans les 10. Mais chez les hommes, cet hiver, il nous manque un leader comme Jean-Baptiste, qui gagne assez souvent, qui rassure. Mais, dès l'année prochaine, "Jibé" sera de nouveau là. Et puis il y a des athlètes comme Pinturault, qui vont prendre du volume.
On vous sent confiant...
J.-P.V. : Bien sûr. Avant on jouait sur quelques individualités et il n'y avait pas forcément de gros potentiels. Aujourd'hui, les jeunes sont plein de promesses. Et les leaders sont capables de gagner. Cela permet de rassurer tout le monde et d'avoir une équipe forte.
Votre favori pour le gros globe de cristal ?
J.-P.V. : Je vote Hirscher. Je sens bien l'Autrichien. Il a été impressionnant à Bansko (victoire en géant et en slalom). Cela m'aurait fait plaisir de voir Kostelic conserver son trophée. Mais le genou d'Ivica devrait lourdement le pénaliser sur la fin de la saison. Il ne reste pas beaucoup de disciplines techniques. Ça reste ouvert mais si je devais miser sur l'un des deux, je tenterais Hirscher.
Et chez les filles ?
J.-P.V. : Il n'y a plus trop de suspense, non ? (rires) Lindsey (Vonn) est au-dessus. Encore une fois...
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