Eurosport
Ski alpin, finales à Saalbach : Cyprien Sarrazin : "En un mois, j'ai eu le montagnes russes"
Par
Publié 23/03/2024 à 14:10 GMT+1
Le skieur français Cyprien Sarrazin a dressé le bilan et raconté ses dernières semaines à Gauthier De Tessières au micro d’Eurosport avant la dernière épreuve de la Coupe du monde à Saalbach ce week-end, durant laquelle il est encore en lice pour le petit globe de descente. Revenu de blessure après trois semaines, il porte un regard satisfait sur sa saison auréolé d'un double succès à Kitzbühel.
"Schwarzi m'a dit 'bravo pour ton discours'" : Sarrazin raconte sa soirée mythique à Kitzbühel
Video credit: Eurosport
Raconte-nous ces dernières semaines…
C.S. : J'ai passé trois semaines compliquées après Kvitfjell. J'étais assez focus sur ma remise sur pied, mais ça a été plus long que prévu. J'ai bossé, je n'ai rien lâché jusqu'au moment où je me suis dit que ça ne le ferait pas pour Kvitfjell. A partir de là j'ai lâché prise complètement dans la tête et j'ai récupéré en trois jours. Je jouais à l'ordi avec mes potes toutes la journée et paf je me suis soigné. Je pensais qu'on allait prendre la décision de ne pas venir, mais finalement ça allait. J'ai appelé Fred Perrin, il m'a dit : 'Tu sais pourquoi tu n'arrives pas à te remettre dedans ? Parce que tu n'es pas sur les skis, viens demain on va skier.' Et j'ai retrouvé tout le groupe au Grand-Bornand et je me suis fait plaisir en libre. Je me suis dit que c'était bon, que je pouvais tailler des courbes en géant. Il me manquait ce retour sur les skis.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2024/03/23/3935600-79944768-2560-1440.jpg)
Le globe pour Sarrazin ou Odermatt ? "Quoiqu'il arrive, on aura un beau vainqueur"
Video credit: Eurosport
Ton statut a changé. Comment tu le vis de l'intérieur ?
C.S. : J'ai plutôt bien géré certaines choses. D'autres, qui m'ont amené à me blesser, un peu moins je pense. Mais ce sont des choses de dernières minutes qui sont arrivées à Kvitfjell qui m'ont un peu déstabilisé. Toutes les sollicitations, c'était très bien fait. Il me manquait deux-trois trucs mais on a débriefé avec les coachs et tout le staff qui m'entoure mentalement pour avancer et apprendre de ces erreurs. Pour que ça n’arrive plus, et que la récupération soit encore plus facile les années suivantes, j'ai appris beaucoup. La façon dont je me suis remis de cette blessure va me servir pour la suite. Finalement je ne m'étais jamais fait de petite blessure, toujours des graves où j'avais des mois pour me remettre. J'ai dû apprendre à gérer le truc, d'avoir que trois semaines pour être sur pied.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2024/01/20/3867970-78592328-2560-1440.jpg)
Sarrazin, la rockstar ! Son chef-d'œuvre sur la Streif en vidéo
Video credit: Eurosport
Tu as pris conscience de l'impact de cette victoire à Kitzbühel ?
C.S. : Non. Je m'en rends plus compte quand je reviens ici. Quand je suis chez moi, je suis dans mon canapé, je vais voir ma famille, mes amis. C'est tout. C'est presque comme si je ne voyais plus tous les à-côtés. Par contre quand je reviens dans le monde du ski, toutes les sollicitations, je me rends compte que mon statut a changé. Et c'est un bonheur d'avoir ces deux parties. En un mois j'ai eu les montagnes russes. C'est ça qui est bon, en un mois j'ai eu un condensé de toute l'année qui s'est passée.
Raconte-nous ta célébration à Kitzbühel ?
C.S. : Cette journée était incroyable du début à la fin. Il s'est passé une année en une journée. J'avais l'impression de ne pas avoir arrêté jusqu'au soir. Et avant le gala, les potes m'ont dit que je n'avais deux invitations pour la soirée. Je ne savais pas qui inviter, si j'invitais un mec et pas l'autre ça n'allait pas le faire. Et je leur dis : 'Vous ne pouvez pas me faire ça, est-ce que je peux inviter tous mes potes ?' Ils m'ont dit oui, on ne peut pas te dire. Au final on était 12, ils nous ont mis une table en plus pour un gala dont la place est à 8.000 euros. On a été satellisé dans la sphère des stars d'Hollywood, avec Schwarzenegger et tout. Après cette présentation, Schwarzi est venu me dire : 'Bravo pour ce week-end. Merci pour les émotions que tu nous as données et merci pour ce discours.' Je me suis dit que je pouvais mourir tranquille. Tout le monde est venu me féliciter, c'était hors du temps. Et après ça on part au Londoner se balancer des litres de bières dans la gueule avec Odi (Marco Odermatt) et tout le monde. On était une vingtaine d'athlètes dans le bar, bondé. C'était super sympa et hyper amical. On a profité. On doit faire ça là-bas, et je crois qu'on a poussé le curseur un peu plus haut. Ils nous ont dit qu'il n'avait jamais vu ça là-bas. Ça a pas mal fait parler dans les médias, du bon côté, qu'on pouvait être et rester amis en dehors de la piste. On profite, on célèbre nos victoires, on vit. C'est cool de montrer cette facette de notre sport, surtout avec Marco.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2024/03/22/3934599-79924748-2560-1440.jpg)
Sarrazin, célébration géniale… et semi-improvisée : "J’y ai pensé dans la dernière ligne droite"
Video credit: Eurosport
Qu'est-ce qui se passe dans ta tête au moment où tu grimpes sur la rambarde ?
C.S. : J'y avais pensé dans la nuit, la veille. Après la victoire je n'arrivais pas trop à dormir et je me suis fait la manche que j'allais faire dans ma tête. Je pensais à ce que je pouvais faire comme célébration. J'ai pensé à celle de Marco quand il avait glissé sur le boudin à Adelboden, mais je voulais faire quelque chose de différent. Je me suis dit que je pourrais monter sur le boudin. Puis je me suis endormi et le lendemain je n'y ai pas vraiment pensé avant la dernière ligne droite. J'avais un bon feeling, et je vois vert quand je tends la main. Je cherche de quel côté enlever mon ski, je choisi le gauche parce qu'à droite ma hanche me faisait mal. Plein de trucs ce sont passés mais tout était naturel, comme pendant la manche je savais ce qu'il allait se passer. C'était très planifié. J'ai failli me casser la gueule dix fois, à tout moment ça aurait pu être un flop terrible. Mais bon c'est passé et j'ai tout donné. Le soir j'ai dit à Schwarzi que la célébration était pour lui.
Marco disait qu'il était content de ce petit challenge dimanche. Quarante-deux points d'écart, ça doit être excitant. Comment tu vois ce duel ?
C.S. : Là je le vois, il y a une semaine ce n'était pas le cas ! Mais de toute façon ça ne dépend pas de moi, ça dépend de sa course à lui. Je ne peux pas le contrôler. Donc je vais faire au mieux, comme j'ai fait cet hiver. Je dois faire au mieux, et lui faire un peu moins bien. On verra ce que ça dit. Pour l'instant, je vois au jour le jour comment tout réagit. Sur le premier entraînement, c'était bien. Le Super-G va me permettre de prendre des bonnes marques. Mère Nature décidera aussi du truc, ça on ne gère pas non plus donc pas de stress à ce niveau-là. Je ne me projette pas. Déjà, je suis là, je n'aurais pas pensé y être il y a une semaine. C'est que du bonus et on fera le bilan à la fin.
Publicité
Publicité