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Pour les Bleus, la nouvelle heure de gloire du slalom est arrivée

Pour les Bleus, la nouvelle heure de gloire du slalom est arrivée

Le 18/03/2019 à 09:48Mis à jour Le 18/03/2019 à 10:40

COUPE DU MONDE - L'heure est au bilan pour l'équipe de France de ski alpin après les finales disputées à Soldeu. Avec cinq victoires au compteur, l'équipe de France a réalisé un exercice dans la droite ligne des précédents. La seule nouveauté, c'est le retour en force du slalom, comme discipline la plus productive en victoires. Avec Clément Noël en leader, cela risque de durer.

Slalom : L'Ère Noël approche

La saison 2018/2019 a remis le slalom au centre des intérêts pour l'équipe de France. Seulement capable de récolter deux victoires en huit années sur le circuit de la Coupe du monde grâce à Alexis Pinturault à Val d'Isère en 2012/2013 et Wengen en 2013/2014, les Bleus ont trouvé en Clément Noël un nouveau leader dans une spécialité où ils étaient en chute libre. Et un leader capable de gagner, de créer de gros écarts et de lutter pour le globe de la spécialité. Noël c'est tout ça.

Ce deuxième exercice complet en Coupe du monde, le skieur de Val d'Isère l'a d'ailleurs brillamment terminé à la 2e place derrière l'intouchable Marcel Hirscher avec un joli pactole de 551 points, plus un compteur garni de trois succès (à Wengen, Kitzbühel et Soldeu). Son exercice a fait écho à la saison 2010/2011 de Jean-Baptiste Grange, dernier membre de l'équipe de France à avoir gagné trois courses dans une même saison. Le skieur de Valloire est aussi le dernier Français à avoir remporté le petit globe de la spécialité en 2009. Il est la référence à aller chercher.

Ce qu'a réalisé Noël ressemble à une prise de date pour un futur très proche, surtout qu'Hirscher a encore remis son avenir en suspens, une constante depuis trois ans. Ce départ programmé va peut-être offrir un créneau à Noël pour envisager un petit globe d'ici deux-trois ans. Si c'est à la régulière, ce sera encore mieux : d'ici-là, l'ogre aura encore vieilli et Noël pris du galon.

Derrière, Alexis Pinturault, auteur de trois podiums et sept Top 10 en dix courses, peut lui aussi mettre son grain de sel dans la lutte à distance que se mène le duo Hirscher-Kristoffersen depuis plusieurs saisons, excepté celui-ci. Revenu à un excellent niveau entre les piquets après des saisons d'errance, le skieur de Courchevel ne sera pas loin du compte. Il a réintégré le Top 7 à la World Cup Start List. Il ne lui restera qu'à être régulier. Mais les réglages sont là, les sensations aussi.

Quels adversaires avec ou sans Hirscher dans les parages ? En retrait dans sa discipline de prédilection cette saison avec sa 5e place au général, Henrik Kristoffersen sera à surveiller comme le lait sur le feu. Le skieur de 24 ans n'a qu'un seul petit globe de slalom spécial dans sa poche (2015/2016) et lui il aime l'odeur du sang. Attention aussi aux Suisses : Daniel Yule et Ramon Zenhäusern qui ont gagné chacun une course cette saison et multiplié les bons résultats. Yule, slalomeur complet, a d'ailleurs terminé à égalité avec Noël au classement de la spécialité.

Le bilan : 3 succès (Clément Noël : Wengen, Kitzbühel, Soldeu), 7 podiums (Clément Noël : 4, Alexis Pinturault : 3)

Vidéo - Noël se fait peur mais conserve son avance : sa deuxième manche en vidéo

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Géant : Pinturault attend son heure, Odermatt arrive

Devenue la principale concentration de victoires et de podiums depuis la saison 2011-2012, que ce soit en Coupe du monde, aux Mondiaux et aux Jeux Olympiques, le slalom géant a dû rendre son tablier de chef cette saison. Une seule victoire est venue garnir le bilan des Bleus, celle d'Alexis Pinturault à Soldeu lors des finales. Le reste est loin d'être mauvais : les Tricolores ont trusté le podium à sept reprises en prenant en compte le géant parallèle d'Alta Badia. Tout frais retraité, Thomas Fanara, a, lui, rapporté trois podiums. La fameuse densité des géantistes a encore porté ses fruits.

Large vainqueur du petit globe, Marcel Hirscher va une nouvelle fois déterminer la suite des événements dans cette spécialité. S'il est toujours là la saison prochaine, il sera logiquement l'homme à battre. S'il est absent, où que le poids des années s'abat sur lui de manière brutale, Alexis Pinturault fera figure d'outsider pour récupérer le globe de géant. Vainqueur à onze reprises depuis son succès à Garmisch, lors de la saison 2012/2013, et auteur de 29 podiums, "Pintu" est dans la salle d'attente et dans la force de l'âge (27 ans).

ll y a évidemment un hic qui se nomme encore Henrik Kristoffersen. Deux fois 2e du général derrière Hirscher, récent champion du monde à Are, le Norvégien a pris la place de n° 2 à Pinturault et le déclic psychologique des Mondiaux peut l'emmener loin. Un autre problème va se poser : Marco Odermatt. Auteur de son deuxième podium en Coupe du monde à Soldeu, le prodige suisse se rapproche inévitablement de son premier succès chez les grands. La retraite de Fanara lui ouvre en grand les portes du Top 7 à la WCSL pour la saison prochaine.

Le bilan : 1 victoire (Alexis Pinturault : Soldeu), 7 podiums (Alexis Pinturault : 3, Thomas Fanara : 3, Mathieu Faivre : 1)

Vidéo - Irrésistible jusqu'au bout, Pinturault a écoeuré la concurrence : sa 2e manche en vidéo

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Vitesse: Le pompier Clarey a sauvé les apparences

C'est là où le bât blesse pour l'équipe de France. Si la très bonne saison de Johan Clarey, auteur d'un podium en Super-G à Kitzbühel, avant d'aller chercher une médaille d'argent aux Mondiaux d'Are, a parfumé l'ensemble, les épreuves de vitesse ont un apport moindre que la technique.

Cette saison, les spécialistes de la vitesse ont bouclé un cycle de trois ans sans victoire (depuis Santa Caterina en 2015/2016). La méforme de leur leader, Adrien Théaux, embêté par des soucis de réglages techniques, n'a pas aidé l'ensemble. Il reste là-aussi une belle densité à faire fructifier. La bonne nouvelle, c'est que Clarey va continuer sa carrière.

Le bilan : Super-G (1 podium : Johan Clarey)

Combiné : Pinturault doit en profiter…

En combiné, en revanche, tout va bien. Alexis Pinturault a permis de perpétuer la série de victoires de l'équipe de France dans la discipline. Une série qui a pris source depuis la saison 2012/2013. La spécialité encore au programme des Mondiaux en 2021 à Cortina, mais en sursis pour la suite, pourrait priver à terme les Français - vainqueur à huit reprises en Coupe du monde et sacré champion du monde à Are - d'une source de victoires et de podiums très importante.

Le bilan : 1 victoire (Alexis Pinturault : Bansko) / 3 podiums (Alexis Pinturault : 2, Victor Muffat-Jeandet : 1)

Alexis Pinturault lors du combiné alpin des Mondiaux 2019
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