Ne cherchez plus la reine des Jeux de Turin : ce n'est ni une surdouée croate, ni une ambitieuse suédoise, mais une vénérable autrichienne de 32 ans. En remportant l'or du super-G avec la même autorité qu'elle avait montré pour s'emparer, mercredi dernier, du titre de la descente, Michaela Dorfmeister a définitivement conquis sa couronne de reine alpine. Et Carole Montillet, superbe 5e, a manqué d'un rien d'ajouter une nouvelle médaille à sa panoplie de princesse courage.
Il n'a manqué que 25 centièmes de seconde à la Française pour se glisser une dernière fois sur un podium olympique. Longtemps, après avoir signé le deuxième temps provisoire derrière la Canadienne Kelly Vanderbeek, Montillet est restée dans l'aire d'arrivée. Elle est restée sur le podium provisoire jusqu'au passage des deux dernières favorites, les Autrichiennes Meissnitzer et Dorfmeister, qui l'ont finalement rejetée au 5e rang.
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"Je ne sais pas si je dois pleurer ou être satisfaite de ma course", assurait la Française, qui affichait pourtant un superbe sourire une fois franchie la ligne d'arrivée. Une semaine après sa chute à l'entraînement, et malgré les séquelles dont elle se ressent encore (douleurs aux côtes), Montillet a de quoi être fière d'avoir simplement répondu présente en grande championne. Ce ne fut pas le cas pour l'autre espoir français de médaille sur ce Super-G, Ingrid Jacquemod, une nouvelle fois hors-sujet (32e temps !).
Duel avorté
Tout le monde, avant ce Super-G, n'avait d'yeux que pour Janica Kostelic et Anja Paerson, maîtresses tout-terrains de la Coupe du monde depuis deux saisons. Le duel entre les deux jeunes prodiges devait être déterminant dans la lutte pour les deux premières places du podium, c'était certain.
Mais, de duel, il n'y eut point sur une piste de San Sicario Fraiteve rendue au soleil après un dimanche blanc. Janica Kostelic était pourtant là. Trop fatiguée après son sacre en combiné, elle avait tout d'abord renoncé à défendre son titre dans le super-G, avant de se raviser après le report de la course qui lui offrait 24 h de repos supplémentaire. C'était plus qu'il n'en fallait pour la prodigieuse croate qui, jusqu'au passage de Dorfmeister, avait une fois de plus prouvé qu'elle avait de l'or dans les pieds en claquant le meilleur chrono de la course (1'32"74, la seule sous les 1'33").
Anja... personne
En revanche, du côté d'Anja Paerson, il n'y avait... personne, ou presque. La Suédoise, qui était venue à Turin avec l'ambition de glaner 5 médailles en autant de courses, est loin de son meilleur niveau. Sur un tracé certes très direct qui n'était sans doute pas celui où elle pouvait le mieux s'exprimer, Paerson n'a jamais semblé en mesure de jouer la gagne. Partie après Kostelic, elle concédait 1"07 à la Croate sur la ligne d'arrivée, pour se classer finalement 12e de cette course dont elle attendait tant. Son bilan olympique se limite pour l'instant à la seule médaille de bronze du combiné...
Janica Kostelic, elle, est restée tout en haut de l'Olympe jusqu'au passage du dossard n°30. Même Alessandra Meissnitzer, 2e du classement de la coupe du monde de super-G, est venue se casser les dents sur le chrono de la Croate (32 centièmes de retard pour l'Autrichienne, finalement 3e et médaillée de bronze).
Finalement, seule une autre reine parvint à faire chuter de son piédestal Janica Kostelic. Championne olympique de descente, Michaela Dorfmeister a prouvé qu'elle n'avait pas de rivale dans les disciplines de vitesse à San Sicario. En tête sur tous les chronos intermédiaires, l'Autrichienne a franchi la ligne avec 27 centièmes d'avance sur la Croate.
Déjà très émue après son sacre, mercredi dernier, en descente, Dorfmeister a mis quelques secondes à réaliser, dans l'aire d'arrivée, que c'était bien une nouvelle fois son nom qui brillait le premier, tout là haut, sur le tableau d'affichage. Il a fallu que Janica Kostelic en personne, ravie de sa médaille d'argent (sa 6e médaille olympique !) vienne la féliciter pour que l'Autrichienne commence à réaliser... Mais entre reines, on se comprend forcément.
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