De douze victoires de suite à trois sorties de piste de rang : Marco Odermatt est fragilisé en géant, avant Val d'Isère
Eurosport sur GoogleMarco Odermatt avait oublié le goût de la défaite en géant. Il court maintenant derrière celui de la victoire. Le Suisse de 27 ans reste sur trois sorties de piste dans sa discipline de prédilection. Notre consultant Gauthier de Tessières évoque un camouflet multifactoriel. Mais il pense que, depuis, l'écueil est plus mental que physique pour "Odi", attendu au tournant samedi à Val d'Isère (9h30).
Stupeur à Sölden : Odermatt chute et manque une porte sur le géant
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Régression assurée. Lauréat de neuf géants sur dix en 2023-2024, Marco Odermatt ne présentera pas un tel ratio de victoires dans la discipline cette saison. Ses deux premières sorties en la matière ont accouché d'un zéro pointé, à Sölden puis à Beaver Creek. Pire, si on intègre la fin de l'hiver précédent, la dynamique "géantiste" du Suisse est encore plus médiocre, avec trois sorties de piste de rang. Une disette d'autant plus marquante que sa régularité dans l'excellence était monumentale.
Avant ce triple "DNF", Odermatt avait terminé 40 géants de suite en Coupe du monde, 23 victoires à la clef. Qui dit mieux ? Lui-même ! Entre octobre 2021 et mars 2024, "Odi" avait aligné 26 podiums dans l'exercice sur le circuit, une série ponctuée de 12 succès de suite. A Saalbach, il y a neuf mois, l'histoire lui tendait les bras. "J'y étais, entouré de Suisses, raconte Gauthier de Tessières. Ils disaient : 'Waouh, il va marquer l'histoire du ski, ça va être une légende au-dessus de tous nos champions'."
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10 secondes de course avant une sortie de piste : Odermatt abandonne encore en géant
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Il lui ont mis une espèce de sac à dos géant
Odermatt avait l'opportunité de signer un 10/10 dans sa discipline phare, d'en survoler l'opus 2023-2024 de toute sa classe. "Tout un pays attendait ça, on lui en a trop demandé", poursuit notre consultant, qui décrit ainsi la pression administrée au boss du cirque blanc : "Il lui ont mis une espèce de sac à dos géant." En tête à l'issue de la première manche, le favori a fini par céder, aussi parce qu'il était "complètement épuisé", suggère De Tessières, qui y voit "une petite plaie ouverte."
Voici le point de départ de la mauvaise passe de Marco Odermatt, qu'il convient de limiter aux géants. "Mal finir une saison, ça a souvent un impact", assure notre expert, pour qui la thèse de la "perte de confiance" tient la corde, par rapport à celle d'une méforme relative. "C'est un champion capable de gagner dans des états de fatigue délirants, souligne-t-il. Ça m'est arrivé de le voir, le matin, avec une tronche… je me disais : 'Il n'a plus rien dans le gilet, c'est fini', et il gagnait quand même."
"Il a une technique très énergivore. Il se relève beaucoup sur le ski intérieur. C'est comme si tu faisais 50 squats avec 200kg sur le dos, c'est évidemment un geste difficile", note le vice-champion du monde 2013 de super-G, pour ne pas omettre la dimension physiologique des exploits qu'Odermatt (27 ans) ne répète plus en géant. "Je pense quand même que, là, il y a de la fraîcheur, et il a tellement de marge, recentre-t-il. Normalement, ça suffit pour passer, il peut se permettre quelques erreurs."
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Fautif, Odermatt s’est privé lui-même d’un 10 sur 10 en Géant : sa 2e manche avortée en vidéo
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Géantiste avant tout
Et si ce n'était qu'un premier pas (certes violent), vers une polyvalence modulée. Deuxième en descente et vainqueur en super-G la semaine dernière à Beaver Creek, le génie du géant est aussi un cador de la vitesse… en attendant d'inverser ? Gauthier de Tessières coupe court à cette théorie : "Beaucoup de coureurs, comme Aksel Lund Svindal, Bode Miller ou Didier Cuche, sont restés capables de gagner en descente et en super-G, mais plus en géant. [Odermatt] n'est pas dans cette optique."
Il estime qu'il se noue quelque chose de particulier, entre "Odi" et sa chasse-gardée qui tend à lui échapper : "C'est sa discipline de base, c'est là où il est largement au-dessus du lot, si tout se passe bien (…) Il fait la distinction. Il doit se mettre un truc (en tête, en termes d'exigence de résultat, ndlr) en géant, qu'il ne se met pas du tout en super-G et en descente." En Coupe du monde, cela donne 23 succès en géant, 13 en super-G et 2 en descente, pour le tenant des trois petits globes en question (en sus du gros).
"Ce mec est humain, enfin", sourit Gauthier de Tessières, pour résumer les atermoiements d'Odermatt. "A Val d'Isère, tout est réuni pour qu'il soit le meilleur, prévient-il, avant le géant de samedi (première manche à 9h30 sur Eurosport). On est sur son terrain. Un terrain très glacé, où il va pouvoir faire ses petites dérives en entrée, sans perdre de temps, prendre la pente comme aucun autre coureur ne le fait. C'est un profil de piste tellement extrême, que même à 90-95%, il doit gagner." Comme il l'a fait dans la station française en 2021, 2022 et 2023. Mais comme il était censé le faire à Saalbach.
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Des erreurs mais le roi est invincible : revivez la 2ème manche victorieuse d'Odermatt
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