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Cyprien Sarrazin, deuxième de la première descente à Wengen, est "dans le gratin mondial" : l'éclatante confirmation
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Publié 11/01/2024 à 16:33 GMT+1
Deuxième de la première descente de Wengen jeudi, Cyprien Sarrazin a brillamment confirmé sa victoire à Bormio la semaine passée. Derrière l'intouchable Marco Odermatt, le Français a fait preuve d'une grande lucidité pour dompter une piste délicate. Il a trouvé cette maturité qui lui faisait défaut pour exploiter pleinement tout son potentiel et rivaliser avec les références mondiales.
Sarrazin, immiscé entre Odermatt et Kilde : "C'est cool d'être entre ces deux monstres"
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La France se cherchait un leader en vitesse après la retraite de Johan Clarey. Elle a peut-être trouvé encore mieux que ça. Cyprien Sarrazin avait déjà crevé l'écran la semaine passée en signant une éclatante victoire sur la descente de Bormio. Il était fatalement attendu au tournant à Wengen. Et le skieur de 29 ans a répondu présent. Premier des humains derrière l'extraterrestre Marco Odermatt, le Français a pris la deuxième place sur la première descente sur le Lauberhorn, que vous avez pu vivre sur Eurosport. Il ne pouvait pas mieux confirmer son passage dans une autre dimension. Celle des références de sa discipline.
Il y a cette sensation que Sarrazin est bien à sa place entre deux monstres de la vitesse, Odermatt et Aleksander Aamodt Kilde, troisième de la course. Une performance que le Français peut savourer. "Je suis très satisfait de ce que j'ai produit, très content d'être au milieu de ces deux costauds, s'est-il réjoui. Tout n'a pas été parfait, mais je suis juste derrière Odermatt et devant Kilde, c'est comme une victoire pour moi. C'était très important pour moi de confirmer, que ce ne soit pas un feu de paille. J'ai montré que j'en étais capable, surtout sur cette piste, sur les plats notamment."
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Odermatt intouchable derrière un énorme Sarrazin : le top 3 de la descente de Wengen en video
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"Il fait peur à chaque fois"
Et dans ce contexte aussi. Digérer sa première victoire en descente n'était pas la tâche la plus facile. C'était une étape essentielle pour réaliser cette performance à Wengen. "Il y a toujours de l'euphorie, il fallait voir comment il allait réagir, souligne Pierre-Emmanuel Dalcin, consultant pour Eurosport. Je pense qu'il a fait la bonne analyse et qu'il s'est posé les bonnes questions après sa victoire. On l'a senti même dans son interview, il s'est dit que ce n'était pas un "one shot". Cette confirmation va l'asseoir dans le gratin mondial et lui donner des certitudes. Je pense qu'il est lancé."
Cela se lit dans ses résultats. Quatrième du super-G puis de la deuxième descente à Val Gardena, vainqueur de la descente à Bormio et donc deuxième sur la première de Wengen, Sarrazin en à quatre Top 4 en six courses cette saison. Le Français est désormais perçu différemment par la concurrence. "Il fait peur à chaque fois pour la victoire, résume Pierre-Emmanuel Dalcin. Aux entraînements il est toujours rapide. Il suffit de regarder le podium, il fait partie des trois qui peuvent gagner, on peut rajouter un Paris… Ils sont quatre cinq à pouvoir gagner et ils vont se partager les victoires tout l'hiver. Et il est dedans."
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2e, Sarrazin a donné des frissons à Odermatt : revivez sa descente
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La différence ? "Son comportement est lucide et raisonné"
Sarrazin avait le talent pour figurer dans le gotha. Il lui manquait trop souvent un peu de lucidité pour atteindre les sommets. Son passage maîtrisé sur le Kernen-S, qui lui avait coûté si cher l'an passé, en est le parfait exemple. "L'an dernier, il est passé à fond et il 's'est mis la bâche', rappelle Pierre-Emmanuel Dalcin. Cette année il a réfléchi, il a eu la lucidité de freiner un petit peu. Il est troisième dans la section, Odermatt était inatteignable. Il faut savoir se satisfaire d'une deuxième place qui est déjà énorme plutôt que de se mettre dans les filets et de faire une grosse faute, de se dire 'je n'aurais pas dû'. Là, il n'a pas toutes ces questions à se poser, son comportement est lucide et raisonné."
Des petits détails qui font une si grande différence. Et qui ont propulsé Sarrazin dans une autre dimension. "A une époque, on avait tout le temps peur qu'il se satellise, explique Pierre-Emmanuel Dalcin. Là ce n'est plus du tout le cas, il a un ski sûr, il n'en rajoute pas, il fait ce qu'il sait faire et ça suffit largement. On voit qu'il a quelque chose en plus que les autres, au niveau du ski et de la confiance, qu'il a su se construire. Ça a mis du temps, c'est un cabossé de la vie… Et cette année il a tout mis en place avec ses coaches, c'est la maturité, c'est l'apprentissage. On savait que c'était un potentiel énorme et là il est en train de le confirmer."
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Odermatt enfin vainqueur en descente : "J'étais un peu nerveux quand j'ai vu Sarrazin partir"
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"Ce n'est que le début de l'histoire"
Dans cette logique, Sarrazin est déjà tourné vers les prochaines courses. D'abord le super-G vendredi (12h30 sur Eurosport), puis la deuxième descente, plus longue que la première, samedi (12h30, également sur Eurosport). "Je ne vais rien changer, a promis le Français. Il va falloir que je gère tout ce qui se passe après le podium, bien me reposer et on verra comment sont les jambes." En pleine confiance, le Français aura l'occasion de marquer encore des points, lui qui figure désormais à la deuxième place au classement du petit globe de la descente, à 46 points d'Odermatt.
La deuxième descente sera notamment un test révélateur. "J'attends de voir quand ça va partir du sommet sur cette piste particulière, explique Pierre-Emmanuel Dalcin. S'il est capable de refaire un podium en partant d'en haut, ça prouvera qu'il fait partie des plus grands descendeurs. Mais je pense que ce n'est que le début de l'histoire. C'est une performance de choix, on a vraiment une pépite incroyable. Il est hors de tout quota, il est différent, exceptionnel." Et parmi les meilleurs, tout simplement.
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