PEKIN 2022 - Maurice Manificat, le monsieur Jeux du ski de fond tricolore
Par Glenn Ceillier
Publié 13/02/2022 à 16:12 GMT+1
JEUX OLYMPIQUES D'HIVER - Maurice Manificat a décroché sa quatrième médaille olympique, dimanche, avec le bronze du relais 4x10km. A 35 ans, le Haut-Savoyard, au nom associé à toutes les médailles olympiques tricolores en ski de fond à l'exception d'une seule, a encore marqué l'histoire de sa discipline en France. Et ce n'était pourtant pas gagné cette année.
Une attaque tranchante et déterminante : comment Manificat a mis la France sur la voie du podium
Video credit: Eurosport
Dans quelques années, le ski fond tricolore pourrait lui ériger une statue aux Saisies. Une statue en bronze bien sûr. Personnage à part tant par son caractère que son palmarès dans le clan tricolore, Maurice Manificat a encore trouvé le moyen de participer à un nouveau grand moment du ski de fond tricolore. Dernier relayeur, le Haut-Savoyard de 35 ans s'est surpassé pour perpétuer une tradition désormais bien française lors du relais hommes en décrochant une belle médaille de bronze avec Hugo Lapalus, Clément Parisse et Richard Jouve.
Une de plus, serait-on en effet tenté de dire. Pour la troisième fois consécutive, après 2014 et 2018, le relais tricolore est monté sur le podium. Et comme à Sotchi et à Pyŏngchang, Maurice Manificat était là. Encore et toujours pour la locomotive de l'équipe de France. Le fondeur de 35 ans peut en plus se targuer d'avoir aussi ramené une autre médaille de bronze sur le relais sprint en 2018. Il compte donc maintenant quatre médailles olympiques ! Et se retrouve dans un cercle très fermé.
Avec ce nouveau podium, Maurice Manificat pointe derrière Martin Fourcade (7 médailles) au classement des athlètes français les plus médaillés aux Jeux Olympiques d'hiver. A la deuxième place, il a rejoint Marie Dorin-Habert et ses quatre breloques ramenées de Vancouver à Pyŏngchang, quelques minutes avant de voir Quentin Fillon Maillet l'égaler avec sa fantastique moisson chinoise. "Quatre médailles olympiques pour moi, c'est une sensation incroyable", a-t-il glissé en toute simplicité.
Alors certes, "Momo" s'est toujours contenté de bronze lors des Jeux. Mais sa belle collection en fait un ovni dans le paysage du ski de fond tricolore, lui qui a maintenant contribué à quatre des cinq médailles bleues aux Jeux dans cette discipline. Et l'histoire est peut-être encore plus belle cette année. Le vice-champion du monde du quinze kilomètres libre en 2015 n'est en effet pas arrivé à Pékin dans les meilleures conditions. Et c'est un doux euphémisme.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2022/02/13/3315445-67789168-2560-1440.png)
Manificat : "J'ai attaqué, il fallait faire une grosse différence pour assurer le bronze"
Video credit: Eurosport
Après avoir vu sa préparation perturbée par une pubalgie puis une blessure aux côtes consécutive à une chute, le fondeur de bientôt 36 ans se sentait déjà "chanceux d'être" à Pékin. Dimanche, il aurait même pu ne pas être du relais. Mais le staff des Bleus n'a finalement pas voulu se passer de ce personnage à part, "beaucoup dans la lune", comme le résume sa coéquipière Delphine Claudel auprès de l'AFP. "C’était un coup de poker de mettre Maurice Manificat qui n'avait rien montré pour l'instant", a résumé Jeff Devaux, consultant Eurosport dans notre podcast l'Heure Olympique. Et "l'imprévisible" Maurice, comme le caractérisait le directeur de l'équipe de France de ski de fond Olivier Michaud avant les Jeux, a encore répondu présent.
Passé à côté de son objectif, le skiathlon (23e), plus en jambes dans le 15 km classique de vendredi (12e), Maurice Manificat a placé une accélération décisive pour le podium avant de craquer sur la fin face à Johannes Klaebo pour l'argent. Histoire de faire le bonheur du clan tricolore, comme en témoigne la joie de ses coéquipiers qui ont exulté à son passage sur la ligne, se jetant dans les bras les uns des autres. "C'était très émouvant de voir Maurice", a reconnu sur Eurosport son coéquipier Richard Jouve. "Quand il prend le relais, ce n'était pas encore fait. Mais on avait une grande équipe avec Maurice, qui n'est pas fini !"
Et s'il a échoué dans sa quête pour le moment d'un premier podium olympique individuel aux Jeux, il ne va pas bouder son plaisir. Loin de là. C'est même tout l'inverse. "Avoir une médaille en relais est la meilleure des médailles. Car vous le partagez tous ensemble. On a pensé au relais toute l'année, c'est notre âme", conclut-il, aux anges. Comme lui est l'âme du ski de fond français depuis des années maintenant. Et peut-être pour quelque temps encore.
"Je n'ai pas de fin définie. Tant qu'il y a du plaisir, notamment à l'entraînement, annonce-t-il dans Chalet Club. Après il faudra performer car sinon, ce sont les petits jeunes qui vont me mettre dehors. Mais j'ai envie de me projeter jusqu'à Milan (ndlr : 2026) car je me dis que j'ai des choses à faire", lance celui qui a aussi des objectifs à plus court terme, alors qu'il devrait aussi s'aligner sur le relais sprint mercredi avant le 50 km samedi. "Les Jeux ne sont pas terminés. On va essayer de jouer la carte à fond", prévient-il.
Sur le même sujet
Publicité
Publicité