Au moment d’entrer dans le "Crucible Theatre" et de s’asseoir à-côté de son adversaire du second tour Neil Robertson, Jack Lisowski pensera forcément à ce 29 juillet 2018. Huit ans après avoir tourné professionnel, "Jackpot" disputait, enfin, une finale dans un tournoi classé. Un bonheur de courte durée puisque Neil Robertson n’est pas le Père-Noël et n’offre qu’une sèche défaite 5-2 au bizuth.
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Pas vraiment du genre à baisser les bras, Jack Lisowski retrouve la finale d’un tournoi classé quelques semaines plus tard lors de l’Open de Chine. Sauf que, là encore, celui dont le grand-père était un Ukrainien prisonnier de guerre qui a débarqué en Angleterre à la fin de la Seconde Guerre mondiale passe à côté de l’évènement. Son bourreau du jour ? Neil Robertson qui ne fait à nouveau qu’un bouchée de sa victime (11-4), comme souvent lorsqu’il le rencontre. Lisowski n'a même gagné qu’un seul des dix affrontements face à l’Australien, une demi-finale de Championship League en 2019.
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La quête du titre

Cette difficulté face aux gros bras du circuit ne s’arrête pas à la chevelure blonde de Neil Robertson. Il y a eu ce violent 13-1 infligé par John Higgins pour sa seule participation - avant celle qui débute ce jeudi à 20h - au second tour des Championnats du monde en 2018. Puis cette défaite en finale de l’Open d’Écosse un an plus tard contre Mark Selby. Avant cette saison 2020-2021 où Jack Lisowski atteint trois finales d’un tournoi classé - World Grand Prix, Open d’Allemagne, Open de Gibraltar -, toutes perdues face à son meilleur ami Judd Trump. Et voilà comment l’Anglais n’a toujours pas de titres en tournoi classé malgré 6 apparitions en finale.

Jack Lisowski en quête de son premier titre

Crédit: Eurosport

Pourtant, lorsque le petit Jack Lisowski commence à jouer au snooker sur la table de son salon avec des balles de ping pong à l’âge de 7 ans, ou quand il réussit son premier century à 11 ans, il est logique d’imaginer un avenir radieux pour “Jackpot”. Et ce n’est pas son titre de rookie de l’année obtenu après une première saison sur le circuit professionnel terminée à la 52e place du classement général qui allait changer cet avenir doré. Un titre logique tant Jack Lisowski semblait le meilleur de sa classe où l’on retrouve notamment Liam Highfield, Jamie Jones, Anthony McGill ou encore Kyren Wilson, tous les quatre qualifiés pour les Championnats du monde 2021.
En patron, celui qui passe son temps libre à lire The Economist avait obtenu son ticket pour le circuit principal dès le premier des 8 tournois qualificatifs. Il faut dire que Lisowski avait mis toutes ses chances de son côté, après avoir échoué en finale du sixième tournoi qualificatif la saison précédente, en profitant de la bourse Paul Hunter qui lui a permis de se préparer au mieux - en disputant des matchs contre des professionnels - à sa quête du main tour. Une bourse à la symbolique forte puisqu’au moment de l’obtenir, Jack Lisowski est atteint d’un lymphome de Hodgkin. Et c’est (in)justement à cause d’un cancer que Paul Hunter est décédé.

L'héritier de Paul Hunter

Ce décès de Paul Hunter avait créé un véritable choc au sein de la famille du snooker dont celui qui était surnommé “Beckham of the Baize” faisait partie depuis ses débuts professionnels en 1995. Et s’il n’a jamais remporté le moindre Championnat du monde - s’inclinant en demi-finale de l’édition 2003 -, Paul Hunter a toutefois remporté à trois reprises le Masters, dont le trophée porte désormais son nom.
Et alors qu’il était au sommet de son art avec une place de quatrième mondial, le golden boy annonce être atteint d’une tumeur neuroendocrinienne à l’estomac. Malgré la chimiothérapie et le lourd traitement, Paul Hunter fait son retour sur le circuit où il dispute les Championnats du monde, s’inclinant au premier tour face à...Neil Robertson pour ce qui restera son dernier match de snooker, son cancer l’obligeant à s’arrêter.
De retour chez lui, Paul Hunter voit son corps se transformer et son cancer s’empirer. Et 18 mois après l’annonce de sa tumeur, l'Anglais décède cinq jours avant son 28e anniversaire. Il laisse alors derrière lui une femme, une fille née pendant sa maladie et un héritage dans le snooker. Un héritage dont fait partie Jack Lisowski qui pensera forcément à son aîné au moment de sa rencontre contre Neil Robertson. Cela l’aidera peut-être à, enfin, vaincre son bourreau.
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