Cela commence à devenir une habitude. Comme en 2019 et en 2020, un joueur passé par les qualifications s’invite dans le dernier carré des Championnats du monde. Et après Gary Wilson et Anthony McGill, cet invité surprise se nomme Stuart Bingham. Et contrairement à ses deux camarades, l’Anglais ne compte pas s’arrêter aux portes de la finale. Il faut dire que “Ball-run” est l’un des rares joueurs du circuit à avoir un bilan positif dans ses confrontations avec Mark Selby, son adversaire en demi-finale.
C’est donc en confiance que Stuart Bingham va se rendre au Crucible Theatre ce jeudi à 14h pour la première des quatre sessions de cette demi-finale qui se joue au meilleur des 33 frames. Logique puisque l’Anglais, qui a passé tranquillement les obstacles Chen Zifan (6-1) et Luca Brecel (10-5) en qualifications, a montré du caractère pour s’imposer dans la frame décisive au premier tour contre Ding Junhui (10-9) et en quart de finale face à Anthony McGill (13-12). Problème, en face, Mark Selby n’est pas vraiment d’humeur à laisser son adversaire aller jusqu’à la frame décisive, lui qui n’a perdu que 11 frames sur ses trois matchs (1 contre Kurt Maflin, 7 contre Mark Allen et 3 contre Mark Williams).

500 centuries en carrière : le nouveau cap historique franchi par Stuart Bingham

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L'effet de surprise

Finalement, la présence de Stuart Bingham dans le dernier carré n’est pas une surprise totale. Déjà parce qu’avec sa 18e place au ranking, il était à deux places d’être tête de série. Mais surtout car celui qui a profité de cet évènement pour passer la barre symbolique des 500 centuries en carrière peut se targuer de faire partie des 21 champions du monde de l’ère moderne débutée en 1969. C’était en 2015 et le supporter de West Ham avait déjà fait parler sa maîtrise des frames décisives, notamment face à Judd Trump en demi-finale (17-16). Juste après avoir sorti Ronnie O’Sullivan en quarts (13-9) et juste avant d’avoir battu Shaun Murphy en finale (18-15) pour devenir à 38 ans le plus vieux joueur à remporter son premier Championnat du monde.
Avant cette victoire en 2015, Stuart Bingham n’avait jamais fait mieux qu’un quart de finale en 2013 à Sheffield. Après, c’est encore pire puisque celui qui passe le peu de temps libre qui lui reste à jouer au golf n’avait, avant cette année, jamais fait mieux qu’un second tour. Pour autant, “Ball-Run” a toujours aimé créer la surprise aux Championnats du monde. Cela a commencé en 2000 où pour ses premiers pas au Crucible Theatre, Bingham s’est offert au premier tour le scalp du tenant du titre, septuple vainqueur de l’épreuve et tête de série numéro 1 Stephen Hendry (10-7).

Stuart Bingham en pleine réflexion

Crédit: Getty Images

Il n'est jamais trop tard pour éclore

Sacré champion du monde amateur en 1996 à 20 ans, Stuart Bingham a logiquement vu quelques espoirs être placés en lui. D’autant plus après son quart de finale à l’Open du Pays de Galles en 1999 pour sa première qualification dans un tournoi classé. Suivi de cette victoire face à “The Ice Man” en 2000 qui aurait dû lancer la carrière de celui qui a été suspendu 3 mois en 2017 pour avoir parié sur du snooker, ce qui est formellement interdit lorsque l’on est joueur professionnel. Sauf que l’éclosion va mettre beaucoup plus de temps que prévu à arriver.
Devenu professionnel pour la première fois en 1995, Stuart Bingham va ainsi devoir attendre 11 ans et la saison 2006-2007 pour intégrer le top 32 mondial. Une place qu’il doit à une saison précédente où il retrouve pour la première fois depuis 1999 les quarts de finale d’un tournoi classé (World Open et UK Championship) et où il gratte une qualification aux Masters. Mais pour enfin soulever un trophée, celui qui a le vertige et qui a su vaincre sa peur de l’avion a dû patienter encore un petit peu puisque c’est seulement en 2011 qu’il parvient pour la première fois en finale d’un tournoi classé lors de l’Open d’Australie. Finale qu’il remporte 9-8 contre Mark Williams. Déjà une frame décisive qui tourne à son avantage.
Cette victoire va finalement agir comme un électrochoc chez celui qui se définit comme un geek et qui aurait pu travailler dans l’informatique si sa carrière au snooker n’avait pas décollé. Sauf que Bingham se contentera de réparer les ordinateurs et les portables de ses copains puisqu’il est désormais respecté sur le circuit. Que ce soit pour ses 8 breaks maximums ou encore sa victoire au Masters en 2020 où il est devenu le plus vieux joueur à remporter ce tournoi de la Triple Couronne. Mark Selby est prévenu, si le bon vin se bonifie avec le temps, Stuart Bingham aussi.

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