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Le snow manque son show
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Publié 23/02/2006 à 18:10 GMT+1
Une bonne habitude de perdue. Alors qu'on annonçait, comme en 2002, le snowboard comme le premier pourvoyeur de médailles à Turin, les Français ont déçu avec le seul bronze de Paul-Henri Delerue. En cause? Une génération vieillissante, des nations qui éme
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Gérard Rougier doit rougir. Le DTN du snowboard français avait estimé que ses protégés pouvaient ramener entre deux et quatre médailles de Turin. Une vision optimiste qui n'était pas dénuée de sens. Avec plusieurs vainqueurs de Coupe du monde cette année et trois anciennes médaillées olympiques (Isabelle Blanc, Karine Ruby et Doriane Vidal, toutes trois à Salt Lake en 2002), les espoirs tricolores étaient grands. Mais après la dernière épreuve, une seule breloque se morfond dans l'escarcelle des Bleus: le bronze de Paul-Henri Delerue en boardercross, la nouvelle épreuve olympique.
Les déceptions se sont succédées. Mathieu Crépel, que l'on attendait sur le podium en half-pipe, n'est pas entré en finale. Même en étant le seul rider à effectuer un "Frontside 1260" de toute la compétition, une figure inédite. Le vainqueur de la Coupe du monde en 2005 n'a pas digéré. "Le jugement était vraiment mauvais, c'était une catastrophe." Pour le clan français, les juges ont aussi empêché la jeune Sophie Rodriguez, 17 ans, d'entrer en finale "parce qu'elle n'avait pas un nom" . L'excuse est un peu légère...
Les Français "has been" ?
Car d'autres en avait un, de nom. Médaillée de bronze en 2002 en half-pipe, Doriane Vidal, n'était en revanche pas au niveau. A 29 ans, elle se retire pour laisser la place à la nouvelle génération... Idem pour Karine Ruby, championne olympique de géant parallèle à Nagano et en argent dans l'Utah qui s'essayait, pour un ultime défi, au boardercross à Turin. Un échec pour la rideuse de 28 ans qui n'a pas réussi à gérer la pression d'une dernière course. Quant à Isabelle Blanc, titrée à Salt Lake, elle met un terme à sa carrière sur une fausse note et une 14e place dans le géant parallèle.
Le seul "ancien" qui a tenu son rang est Matthieu Bozzetto. A 32 ans, le snowboarder de Val d'Isère est passé tout près du bronze en géant parallèle. Malheureusement, sa fixation a cédé lors du premier run, annihilant toutes ses chances. Son compère des pistes Nicolas Huet (29 ans), attendu aussi, n'est pas non plus venu grossir la moisson des récompenses françaises. Comme le disait le Tignard avant les Jeux: "Avoir du potentiel, ça veut dire qu'on peut faire des médailles, pas qu'on va faire des médailles...". Une affirmation qui prend désormais tout son sens.
Manque de moyens
Le niveau a de toute façon augmenté dans toutes les disciplines de snowboard . Les circuits de Coupe du monde sont bourrés de jeunes aux dents longues, issus de courants alternatifs comme les X-Games. Ils apportent du sang neuf et une autre vision de leur sport. Comme les Suisses et les Américains qui repartent chacun avec trois titres olympiques. Face à eux, nos Bleus "vieillissants" n'ont pas pu grand chose. Juste à faire étalage de leur difficulté récurrente à gérer les grands rendez-vous. Réguliers tout au long de la saison, les courses d'un jour ne sont décidemment pas leur fort.
Heureusement, le tableau n'est pas tout noir. Si elle a déçu sur ces Jeux, Julie Pomagalski n'a que 26 ans. Reste à la rideuse de La Tronche, qui a chuté deux fois en géant parallèle, à s'affirmer. Et bien sûr comment oublier le plus jeune des Delerue, Paul-Henri, en bronze en boardercross à seulement 21 ans. Mais à l'heure où la Fédération de ski lorgne sur l'Association française de snowboard, cette médaille laisse un poids très léger pour conserver son indépendance. Les riders n'ont eu de cesse de répéter pendant ces JO que leur sport manquait de moyens. C'est peut être là l'occasion à saisir pour revenir sur le devant de la scène dès l'édition de Vancouver en 2010.
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