ATP 250 Kitzbühel - Quatorze ans après ses débuts professionnels, Quentin Halys couronné sur le circuit ATP : "C'était mon rêve de gagner un titre"
Par Paul Citron
Mis à jour 25/07/2026 à 23:51 GMT+2
Entré sur le circuit professionnel en 2012, Quentin Halys a remporté ce samedi dans les Alpes autrichiennes le tout premier titre ATP de sa carrière et c'est peu de dire qu'il l'a bien mérité. C'est un joueur régulier, réfléchi, certain de ses forces comme de ses faiblesses qui a été sacré à Kitzbühel, et qui va maintenant pouvoir se fixer d'autres objectifs pour la suite de sa carrière.
Halys n'oubliera jamais sa finale contre Bublik : les meilleurs moments en vidéo
Video credit: SNTV
C'est un joueur qu'on qualifie souvent par la négative. Il n'a pas l'explosivité d'Arthur Fils, pas l'aisance sur dur d'Ugo Humbert, pas la finesse de Corentin Moutet. Il est plus que temps désormais de parler de Quentin Halys tel qu'il est, ce samedi, et de saluer son accomplissement à Kitzbühel comme il se doit. Comme la performance d'un grand joueur de tennis, qui a réussi ce que beaucoup de joueurs n'approchent pas dans une carrière : remporter un titre ATP.
Ils étaient 36, ils sont désormais 37 joueurs français (pourquoi pas 38 ce dimanche, avec Luca Van Assche ou Hugo Gaston ?) à compter à leur palmarès un titre sur le circuit majeur et Halys, plus proche de ses 30 ans que de ses 29, est certainement l'un de ceux qui ont le plus trimé pour l'accrocher. En tout cas, seuls Nicolas Mahut, Adrian Mannarino et Anthony Dupuis ont ouvert leur palmarès à un âge plus avancé.
Parmi ses compatriotes, seul Arthur Fils avait gagné cette saison avant lui (à Barcelone), à 22 ans, et les rêves de l'Essonnien sont d'une autre dimension. Halys, lui, écume les courts depuis 2012, avec un seul but : lever les bras un week-end. Juste une fois. "C'est difficile de ne pas penser à ma famille, parce que depuis que je suis enfant, mon but était de remporter un titre ATP et aujourd'hui ce rêve est devenu réalité", s'est-il souvenu sur le podium du court autrichien. Presque quinze ans de bagarres et à la fin, ce grand "K" en métal, qui sera du plus mauvais effet dans le salon mais qui récompense une carrière toute entière passée à tout calculer pour l'obtenir.
Gagner contre Bublik, un beau symbole
C'est un comble qu'Halys l'emporte en Autriche contre Alexander Bublik (6-4, 7-6), un joueur au talent que tous qualifient d'exceptionnel mais duquel on ne sait jamais vraiment quoi attendre lorsqu'il entre sur un court. Halys, c'est un peu le contraire ; un joueur à la régularité impressionnante, rarement blessé, rarement ébranlé ou énervé sur le court, capable d'enquiquiner les meilleurs joueurs comme Zverev à Roland-Garros cette année, mais rarement de les battre, avec des points forts que tout le monde connaît : un service de plomb, qui a lancé par quatre aces la finale du jour, et un coup droit très lourd.
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Halys ouvre son palmarès : la balle de match
Video credit: Eurosport
Tout cela ne veut pas dire qu'Halys est incapable de se transcender. Ce fut d'ailleurs le cas samedi. "Je pense que j'ai joué un match incroyable aujourd'hui, se congratulait-il après la balle de match. Sascha est un incroyable joueur, je savais qu'il fallait que je sorte un match formidable et c'est ce que j'ai fait, donc je suis très heureux." Bublik, lui, a mal joué, et il a peut-être du mal à trouver les solutions contre le Français qui vient de le battre deux fois en dix jours pour leurs deux premières confrontations.
Ce premier titre restera spécial
Le Kazakhstanais est resté bon joueur et il avait les mots les plus justes pour son adversaire du jour, lors de la cérémonie. "Gagner un premier titre ATP va représenter beaucoup pour toi, lui a-t-il assuré. Je me souviens de mon premier, je l'ai chassé pendant cinq ou six finales et tu l'as eu dès la deuxième, donc bravo. Il restera spécial."
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Alexaander Bublik arrose Quentin Halys de champagne sur le podium.
Crédit: Imago
Avant ça, Halys avait en effet manqué le coche à Gstaad en 2024 contre Matteo Berrettini. Un autre tournoi en altitude, avec des conditions de jeu rapides favorables au jeu du Français, niché dans ce creux de la saison entre Wimbledon et la tournée américaine où certains joueurs s'économisent. Tout sauf du hasard. "C'est un peu pour ça aussi qu'on avait fait ce choix de venir, parce que je savais que sur une bonne semaine, je pouvais faire péter un tournoi", glissait Halys cette semaine à L’Équipe.
Le Bondynois peut profiter : il a réussi son coup. Les 93 175 euros et la victoire qu'il ramène de la station de ski autrichienne vont lui permettent de se fixer de nouveaux objectifs, et de voir venir. Toujours sans équipementier, il pourra peut-être même faire le plein de tee-shirts. Avant de repartir à l'attaque.
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