Ceux qui ont assisté à son troisième set face à Kei Nishikori jeudi ne peuvent en douter : Rafael Nadal, à presque 35 ans, a toujours le feu sacré. A chaque fois qu'il pénètre sur un court, qu'il s'agisse d'un tournoi du Grand Chelem pour parfaire sa légende ou d'un "simple" ATP 500 comme à Barcelone cette semaine, le Majorquin joue comme si sa vie en dépendait. Année après année, il continue de déployer son énergie bestiale sur son ocre chéri, tant et si bien qu'on se demande parfois si son règne sur cette surface s'arrêtera un jour. Mais le temps passe et le bonhomme reste humain, alors chaque saison, la moindre petite faille est scrutée au microscope.
Sa défaite en quart de finale de Monte-Carlo a donc constitué un événement : onze fois champion, Nadal y a laissé une empreinte si forte que tout autre résultat qu'un titre est assimilé à un échec. C'est la croix qu'il doit porter pour avoir élevé la barre si haut. Alors quand le Majorquin doit s'employer pour batte successivement Ilya Ivashka, 111e joueur mondial, et Kei Nishikori (redescendu à la 39e place après son opération du coude), les observateurs mal habitués que nous sommes de ses multiples démonstrations de force se posent des questions.
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Je n'ai pas joué de matches durs depuis longtemps, donc les gagner comme ça, j'espère vraiment que ça va me donner un petit plus en termes de confiance
Mais qu'en est-il du principal intéressé ? Angoissé de nature, il n'a pas dégagé une grande sérénité sur le court jusqu'ici à Barcelone. Mais l'expérience joue en sa faveur. "Les matches comme aujourd'hui (jeudi) et hier (mercredi) m'aident à m'améliorer. Je n'ai pas joué de matches durs depuis longtemps, donc gagner les deux comme ça, j'espère vraiment que ça va me donner un petit plus en termes de confiance. C'est quelque chose de très positif. J'ai besoin de temps sur le court, de traverser ces moments. Je suis enthousiaste à l'idée de continuer à jouer et d'essayer de faire mieux", a-t-il confié après avoir gagné son huitième de finale dans la douleur.
Car l'intéressé le sait mieux que quiconque : avec l'âge, la machine met un peu plus de temps à se mettre en route, même si elle fonctionne toujours aussi bien à plein régime. Il faut de l'huile dans les rouages pour retrouver des airs d'invincible du côté de la Porte d'Auteuil. Sur ce point d'ailleurs, les derniers exercices sont fort éclairants : l'an passé à l'automne, Nadal avait pris une petite gifle en quart de finale du Masters 1000 de Rome par Diego Schwartzman en préparation avant d'utiliser les premiers tours à Roland pour monter en régime et ne finalement lâcher aucun set à la concurrence.

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Les précédents 2019 et 2020 sont là pour le rassurer

Pire en 2019, il avait même hésité à interrompre sa saison après une lourde défaite en demi-finale de Monte-Carlo contre Fabio Fognini et surtout une entrée en lice victorieuse mais très préoccupante quant à son niveau de jeu et d'implication à Barcelone. Si le tennis n'est pas encore là cette semaine, l'envie, elle, ne manque pas et c'est bien le principal. "Dans le deuxième set et au début du troisième, Nishikori pratiquait un tennis très propre, touchait les bonnes zones avec une balle de grande qualité. Donc c'était difficile de l'arrêter. J'avais besoin de trouver quelque chose d'autre et je pense que je l'ai fait. J'ai été un petit peu plus agressif, j'ai changé un petit peu de rythme et de direction à l'échange", a-t-il d'ailleurs fait observer avec lucidité.
Nadal aime par-dessus tout relever des défis sur le court. Tant qu'il peut compter sur ce supplément d'âme, il n'y aura pas lieu de s'inquiéter outre mesure. En panne face à Andrey Rublev sur le Rocher, son service n'est toujours pas satisfaisant ? Il a redoublé ses efforts à l'entraînement pour retrouver des sensations et a pu compter sur quelques points gratuits grâce à sa première balle "sur la bonne voie" selon ses propres termes contre Nishikori. Le prochain chantier ? Retrouver une longueur de balle plus étouffante pour ses futurs adversaires. Rien d'insurmontable pour un animal qui s'est construit en gagnant au combat et au mental. Ses difficultés du jour seront sans doute ses forces de demain.
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