Des doutes aux certitudes, il n’y a parfois que quelques pas. Et Rafael Nadal est devenu un spécialiste dans l’exercice. En difficulté comme rarement à Barcelone lors de ses deux premiers tours, le Majorquin a tout de même réussi dimanche le tour de force d’aller conquérir une fois de plus, la 12e, un tournoi qu’il n’en finit plus de marquer de son empreinte. Pour en prendre conscience, il suffit de se rendre compte que l’intéressé a déjà donné son nom au court central où il continue d’écrire sa légende. C’est suffisamment peu commun pour être souligné.
Nadal a glané par la même occasion son 87e trophée et le 61e sur terre battue. Les chiffres donnent le vertige mais la force de l’habitude pourrait aussi faire de cet énième triomphe un non-événement. Ce serait évidemment ne rien comprendre à l’état d’esprit de l’animal qui n’avait jamais autant souffert pour aller au bout en Catalogne : pour la première fois, il a perdu plus d’un set sur son parcours de champion (3 en tout). Et c’est peut-être ce qui le ravit le plus, paradoxalement. "J'ai progressé toute la semaine. C'est un travail quotidien. Il faut accepter le défi, être assez humble pour accepter de ne pas toujours bien jouer et se battre pour trouver des solutions. On ne peut rien accomplir autrement", a-t-il lâché.
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Un credo inusable : le travail paie

Embêté par le 111e mondial lors de son entrée en lice, Nadal avait des problèmes au service et en revers en début de semaine. Des séquelles de sa défaite en quart de finale à Monte-Carlo contre Andrey Rublev. De match en match, il a peu à peu gommé ces scories. La preuve de ses capacités extraordinaires d’adaptation sur terre battue ? En partie oui. Mais surtout, la mise en application d'un credo qui ne l’aura jamais quitté pendant sa carrière : le travail paie. Après son quart de finale victorieux contre Cameron Norrie, on l’a ainsi vu retaper la balle à l’entraînement pour entretenir ses sensations. Quelques jours avant, il avait répété à foison les services lors d’une autre session pour retrouver confiance en ce coup.
Et dimanche en finale, comme par enchantement, sa première balle l’a tiré de quelques fâcheuses postures, comme à 4-4 dans le premier set pour sauver des occasions de break. Quant à sa seconde, souvent durement attaquée par Tsitsipas, il a aussi réussi à lui donner plus de consistance dans le troisième set. Non, il n'y a pas de hasard et Nadal s’épanouit dans le combat, on le sait. Il n’est jamais aussi fort que quand l’arène dans laquelle il évolue lui renvoie l’énergie qu’il déploie. Si Nadal a l’âme d’un combattant, il reste humain et le Monte Carlo Country Club à huis clos n’était pas le théâtre idéal pour se transcender.
Après presque un an sans pouvoir jouer devant un public, retrouver ces émotions, c’est incroyable
Avant la finale de dimanche, le Majorquin savait que son niveau de jeu moyen n’était peut-être pas à la hauteur de celui de Tsitsipas, mais un élément extérieur pouvait l’aider à se sublimer. "Le simple fait de pouvoir rejouer à Barcelone après l’annulation de l’année dernière signifie beaucoup pour moi. Après presque un an sans pouvoir jouer devant un public, retrouver ces émotions, c’est incroyable. J’apprécie vraiment l’amour et le soutien que vous m’avez tous montré pendant ma carrière", a-t-il ainsi confié.
Ce supplément d’âme, c’est peut-être ce qui l’a aidé à faire une fois de plus l’effort pour sauver cette balle de match pour quelques centimètres. Son adversaire malheureux du jour ne disait pas autre chose. "Il déteste perdre plus que quiconque. Je n’ai jamais vu quelqu’un se battre comme lui", a témoigné Tsitsipas. Pour jouer une finale de ce niveau, il faut être deux. Et le Grec a poussé Nadal dans ses retranchements, il faut bien le reconnaître. Mais ce qui est peut-être le plus terrifiant pour lui et le reste du plateau, c’est que s’il s’est amélioré, le Majorquin peut encore beaucoup mieux jouer.
"Ça signifie beaucoup pour moi d’avoir gagné contre un joueur comme lui, après ce qu’il a accompli à Monte-Carlo et ici où il a atteint la finale sans perdre le moindre set. C’est une victoire importante pour moi et pour le futur", a d'ailleurs prévenu celui qui retrouvera lundi la place de numéro 2 mondial. Le message est clair : Nadal s’est remis sur les rails en quelques jours seulement, suffisamment en tout cas pour battre l’homme en forme du moment. Le Taureau est lancé avec un objectif : soulever une 14e fois la Coupe des Mousquetaires le 13 juin prochain. On souhaite bien du courage à ceux qui voudront l’arrêter.
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