L'épique dimanche de Carlos Alcaraz, sacré à Barcelone et successeur de Rafael Nadal au palmarès

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ATP BARCELONE – Vainqueur en finale de Pablo Carreno-Busta après avoir battu Alex de Minaur quelques heures plus tôt, Carlos Alcaraz a vécu un dimanche fou. Au bord de l'élimination en demi-finale, l'Espagnol a su retrouver ses esprits pour s'inscrire encore un peu plus dans les pas de Rafael Nadal. A 18 ans, il semble déjà en mesure de répondre à tant d'équations…

Trop fort, trop frais, trop régulier : le résumé du nouveau sacre impressionnant d'Alcaraz

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4h29 de tennis l'attendait. Lorsqu'il est entré sur le court ce dimanche pour reprendre les hostilités face à Alex de Minaur en demi-finale à Barcelone, Carlos Alcaraz n'avait sans doute pas idée du défi qui se présentait à lui. Un challenge tennistique, mental et physique dont il sera sorti par le haut, avec le trophée sous le bras et le sentiment que rien ne saurait le perturber dans son inexorable montée en puissance.

La balle de match qui change tout

Pourtant, on a bien cru que le gamin allait redevenir humain. Mis à mal par un De Minaur toujours aussi accrocheur, le jeune Carlos semblait moins dominant qu'à l'accoutumée. Si son service lui a longtemps permis de rester dans le match, on ne donnait pas cher de sa peau au moment où l'Australien s'est procuré deux balles de match à 7-6, 6-5. C'est complètement excentré sur une bonne première de son adversaire qu'Alcaraz a retourné.
La suite ? C'est un passing venu de nulle part, une inspiration qui ne s'apprend pas et… beaucoup de chance. "Sur la première balle de match, je fais un passing-shot auquel je n'arrive toujours pas à croire, presque avec les yeux fermés, se marrait-il après coup. Mais j'ai lutté jusqu'au bout et j'ai cru en ma capacité à remonter le score". Ce refus de la défaite, même dans les situations les plus désespérées, vous rappelle quelqu'un non ?
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Un passing les yeux fermés sur balle de match : le miracle signé Alcaraz face à de Minaur

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Ce "miracle", terme qu'il a validé en conférence, Alcaraz a su le rentabiliser. Avec son tennis et malgré des jambes lourdes, c'est une situation bien mal embarquée qu'il a renversée pour s'ouvrir le chemin de la finale. "Franchement, c'était un match super exigeant, expliquait-il encore après ce combat de presque 3h40. On avait déjà joué deux matches le vendredi et toute l'attente samedi a pris beaucoup d'énergie. Mais, au final, il faut tout donner".
S'il ne se l'avouait pas, il avait encore de la réserve. Sa demie terminée à 14h30 et des poussières, l'Espagnol n'avait que trois heures pour préparer sa finale face à un Pablo Carreno Busta bien moins embêté en demi-finale (6-3, 6-4 contre Diego Schwartzman). Face à une situation inédite, beaucoup auraient perdu pied. Lui est resté fidèle à sa routine.
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Un effort de 3h38 et 2 balles de match sauvées : Alcaraz a bien mérité sa finale

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4/4 en finale

"Après le match, j'ai fait quinze minutes de vélo, j'ai bu mon smoothie, j'ai mangé un peu et j'ai fait une sieste de trente minutes pour être le plus réveillé possible pour la finale", a-t-il révélé après son sacre ce dimanche. C'est presque frais comme un gardon, agressif et saignant qu'il a entamé cette finale. Le fruit d'une stratégie pensée en amont.
"J'ai voulu montrer d'entrée que je n'étais pas fatigué, a-t-il avoué. J'ai joué une grande demi-finale de presque quatre heures, j'ai eu moins de temps de récupération mais je l'ai pris comme un avantage. Je suis venu sur le court avec des idées très claires, pour faire ce que je devais faire. J'ai été agressif jusqu'au bout". Agressif et imprenable. Sur l'ensemble de cette finale à sens unique, il n'aura perdu que sept points sur son service. Dans ces conditions, difficile de croire à l'exploit pour PCB. "C'était franchement compliqué de jouer contre lui aujourd'hui", a d'ailleurs reconnu son ami.
Cette capacité à hisser son niveau de jeu quand les circonstances le demandent est l'une des armes les plus impressionnantes chez ce gamin. En quatre finales disputées sur le circuit, il en a remporté quatre. Le tout sans jamais laisser le moindre set en route, s'offrant Richard Gasquet, Diego Schwartzman, Casper Ruud et Carreno-Busta lors de ces affiches, loin d'être des rookies en la matière.

Le miroir Nadal, encore et toujours

"Le gène de la victoire me vient de ma famille, a-t-il répondu avec sourire au moment d'expliquer ce ratio hallucinant. Mon père, mon grand-père, mon équipe n'ont pas arrêté de me répéter que les finales ne se jouent pas, elles se gagnent". Le message est transmis. En succédant à Rafael Nadal à Barcelone, Alcaraz continue d'entretenir ce miroir presque perturbant avec son idole.
Le 25 avril 2005, "Rafa", 18 ans, remportait le titre en Catalogne et entrait de plain-pied dans le Top 10. Le 25 avril 2022, Carlos, 18 ans, remporte le titre en Catalogne et entre de plain-pied dans le Top 10. "C'est une statistique incroyable mais ce n'est pas la seule chose impressionnante que je fais comme Rafa, a-t-il rappelé, relancé quant à ce chiffre. Je ne sais pas quoi dire, je suis ravi d'être dans le Top 10 à 18 ans et c'est franchement spécial que Rafa l'ait fait à la même date que moi car c'est mon idole".
D'idole à rival, il n'y a qu'un pas qu'Alcaraz est en train de franchir. Après sa sortie de route presque surprenante à Monte-Carlo, le voilà avec le vent dans le dos alors que Madrid, Rome puis Roland-Garros se présentent au calendrier. Et, à l'écouter, il n'a pas l'intention de s'arrêter en si bon chemin : "Je n'ai pas envie d'atteindre un quelconque plafond, je veux continuer à jouer à ce niveau et si je reproduis ce niveau de tennis, j'ai des options pour gagner des matches, gagner des tournois, de battre les meilleurs".
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Alcaraz dans le grand bain des précoces, Djokovic dans celui des frustrés

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