ATP Finals Turin - Groupe Björn Borg - Le plus gros problème de Zverev, c'est Zverev lui-même
Par Laurent Vergne
Mis à jour 15/11/2025 à 08:13 GMT+1
Pas de demi-finale du Masters pour Alexander Zverev. L'Allemand est passé à côté de son match vendredi à Turin contre Félix Auger-Aliassime (6-4, 7-6), pourtant pas beaucoup plus fringant. Dans ce duel placé sous le signe de la crispation, le numéro 3 mondial a bafouillé son tennis. Alcaraz et Sinner sont au-dessus du lot, certes, mais Zverev a d'autres soucis à régler avant de voir plus haut.
Comment 'FAA' a fait plier Zverev pour filer en demies
Video credit: Eurosport
Si vous aviez autre chose de prévu de longue date et que vous n'avez pu suivre cet ultime match de la phase de poules du Masters, soyons honnêtes, vous n'avez pas perdu grand-chose. Des douze rencontres de ces ATP Finals jusqu'ici, celui offert par Alexander Zverev et Félix Auger-Aliassime aura été, et d'assez loin, le pire au niveau qualitatif. Ce n'était certes pas le moins important, ceci expliquant à l'évidence en partie cela, mais quand même. On ne s'attendait pas à une copie de cette nature. Pas dans ces proportions. Ce fut pénible à regarder, et sans doute plus encore à jouer.
Félix Auger-Aliassime et Alexander Zverev ont évolué sur le court de l'Inalpi Arena avec le trouillomètre monté au maximum. L'enjeu a phagocyté le jeu, le contexte a paralysé les bras et, à ce drôle de dialogue en mode bégaiement entre deux grands fébriles, le Canadien s'en est sorti. Tant mieux pour lui. Sans doute le méritait-il un peu plus. Une chose est sûre, Alexander Zverev ne méritait pas mieux.
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"Il ne peut s'en prendre qu'à lui-même" : Zverev se saborde et perd le premier set
Video credit: Eurosport
Peut-être sommes-nous trop gâtés. Or le tennis, c'est comme la vie. On ne peut pas manger dans un grand restaurant à chaque repas. C'est l'exception, pas la norme. Si Noël était tous les trois jours, il perdrait toute sa saveur. On ne peut donc pas non plus savourer en permanence des matches en forme de chef-d'œuvre. L'aspect psychologique est un élément de contexte qui pèse souvent de tout son poids, comme ce vendredi. Mais autant on peut le comprendre chez Auger Aliassime, qui jouait pour une première demi-finale au Masters, autant pour Zverev, une telle déconfiture est anormale. Elle devrait l'être, en tout cas.
À 28 ans, avec tout ce que l'Allemand a vécu, un obstacle de cette nature ne peut pas le freiner à ce point. On parle d'un joueur ayant déjà triomphé deux fois dans cette épreuve terminale du calendrier. D'un champion olympique. D'un triple finaliste de Grand Chelem, même s'il y a toujours échoué. Son vécu, son expérience, sa connaissance de ce genre de moments, tout ceci aurait dû le mettre à l'abri d'une telle déliquescence psychologique face à ce qui s'apparentait à un quart de finale qui ne disait pas son nom.
Le costume de Caliméro
Le problème est d'une autre envergure et, dans son cas, il ne faut pas confondre corrélation et causalité. Ce n'est pas l'enjeu de ce match qui suffit à le tétaniser de la sorte. Non, le mal est ailleurs et il est sans doute plus profond. Son match contre Auger-Aliassime a ressemblé à certains égards à celui contre Jannik Sinner 48 heures plus tôt. Il n'a pas été surclassé par son adversaire, mais il a été incapable de saisir ses opportunités. Alors, comme contre l'Italien, il pourra endosser son costume de Caliméro en plaidant qu'à chaque balle de break en sa faveur, il a hérité d'une grosse première balle. "C'est vraiment trop injuste", selon la tirade du petit poussin noir. Mais il a trop donné, trop gâché et s'est liquéfié à chaque moment important.
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Alexander Zverev contre Félix Auger-Aliassime à l'ATP Finals 2025
Crédit: Getty Images
Ce Zverev-là n'est pas prêt à lutter pied à pied avec Jannik Sinner et Carlos Alcaraz pour la simple et bonne raison qu'il est trop occupé ces temps-ci à lutter contre lui-même. Son plus gros problème, pour l'heure, ce n'est pas Sinner. Ce n'est pas Alcaraz. C'est Zverev. C'est Sascha et toutes les autres versions de lui-même qui peuplent son cerveau quand il est sur le court. Il va finir cette saison à la troisième place mondiale. Le podium est identique à ce qu'il était fin 2024. Mais il a reculé d'un cran et, surtout, il n'appartient plus au même monde que l'Italien et l'Espagnol.
Non sans une certaine propension au masochisme, il donne parfois l'impression de vouloir se faire du mal sur le court, dans un processus à la limite de l'autodestruction tennistique. Son année 2025 s'achève sur une des pires copies de sa saison si chaotique. Il doit se poser les bonnes questions. Trop souvent, ces derniers mois, il a invoqué tout et tout le monde après chaque échec, sauf ses propres manquements. C'est un grand garçon, il sait ce qu'il fait et nous n'avons aucun conseil à lui donner, mais sa façon de réagir dans l'échec en 2025 ne lui aura certainement pas rendu service. Sa façon de jouer non plus. Surtout pas dans cette dernière sortie.
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