ATP Hangzhou 250 - Valentin Royer, la fierté et les larmes : "J'ai cru en mon projet et en mon rêve"
Par Laurent Vergne
Mis à jour 23/09/2025 à 20:25 GMT+2
Même s'il s'est incliné en finale à Hangzhou, mardi, contre Alexander Bublik, qu'il a néanmoins bousculé (7-6, 7-6), Valentin Royer n'a pas perdu son temps en Chine. Premier Top 20, première finale, meilleur classement à venir… Il a changé de dimension en 2025, après tant de doutes. Voilà pourquoi il était si ému après la rencontre, comme il l'a expliqué dans Retour Gagnant sur Eurosport.
Royer : "Je n'ai encore rien fait dans le tennis"
Video credit: Eurosport
Il y a les compliments de circonstances, ceux des discours polis et policés d'après finale. Mais certains hommages respirent davantage la sincérité. Alexander Bublik a vraiment été bluffé par Valentin Royer. À demi-mots, il l'a avoué, il n'escomptait pas une finale aussi compliquée contre le Français mardi à Hangzhou. Un match sans break, que le Kazakhstanais a fini par enlever sur deux tie-breaks et une poignée de points. "Il a joué incroyablement bien et je ne m'attendais pas à ça, a-t-il admis. Il a été proche de ce niveau toute la semaine, mais aujourd'hui, il l'a dépassé. Le match s'est juste joué sur quelques points."
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"Quatre ou cinq, sur les deux tie-breaks", a confirmé Royer dans l'émission Retour Gagnant, sur Eurosport. Pour sa première finale, il a été à la hauteur. Il peut même nourrir certains regrets. "C'était un sacré match, ça s'est joué à pas grand-chose, ajoute le Tricolore. Des coups droits par-ci par-là, des placements un peu négligés. C'est peut-être dû à la fatigue de la semaine. J'en parlais dans la voiture avec mon coach (Julien Gillet, NDLR), au final, c'est moi qui fais les points et les fautes dans les deux tie-breaks. Il ne fait pas grand-chose. C'est à ces moments-là que je dois davantage serrer la vis, prendre des zones un peu plus larges, être un peu plus lucide."
Mais il n'a pas été enseveli par le poids de l'évènement. Or, une première finale, dans une carrière, c'est un évènement. Il a simplement buté, de très peu, sur un des joueurs les plus chauds du moment. "C'était un Bublik en forme aujourd'hui, rappelle Valentin Royer. Il a vraiment bien servi. Le mec me sort quand même un ace sur deuxième à 220 km/h au T à 6-4 dans le tie-break du premier set. Je suis quand même content de ma performance et encore plus de ma semaine."
Et les larmes sont venues…
Il peut. Six victoires, qualifications comprises, dont son premier Top 20, un ex-Top 5, Andrey Rublev. Le premier gros coup de sa carrière. "Avant de jouer Rublev, nous dit-il, je me suis concerté un peu avec ma team pour aborder le match de ma meilleure manière possible. J'avais joué Shapovalov à l'US Open, Tsitsipas à Wimbledon, Khachanov aussi, donc ce n'était pas la première "star" que je jouais, j'avais un peu d'expérience par rapport à ça. Je me suis dit 'Il a deux bras, deux jambes. J'ai mis de côté la personne Andrey Rublev, je l'ai pris comme un joueur de tennis lambda, même si ce n'est pas un joueur de tennis lambda. Aujourd'hui, j'avais un peu la même mentalité que contre Rublev."
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Royer crée l'exploit fet sort Rublev, tête de série numéro 1 ! Le résumé de sa victoire en vidéo
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Malgré la défaite, il a eu vite fait de prendre la mesure de ce qu'il a accompli ces derniers jours. Pour lui, il y aura un avant et un après Hangzhou. Alors, au moment de parler pendant la cérémonie protocolaire, la digue émotionnelle a cédé. "La remise des prix a été un peu émotionnelle, a-t-il souri après coup. Il faisait très chaud, j'étais fatigué de la semaine, j'ai beaucoup puisé dans mes capacités physiques aujourd'hui, alors c'est peut-être pour ça que les nerfs ont un peu lâché à la fin. Ce n'était pas facile, facile pour tenir ce que j'avais à dire au micro. Mais je crois que j'ai dit l'essentiel."
S'il a un peu craqué, c'est d'avoir repensé aux moments de galère, qui n'ont pas manqué. "Je me suis rappelé tout le parcours que j'ai fait depuis que j'ai commencé le tennis, depuis que j'ai eu envie de devenir pro et de jouer au plus haut niveau mondial, explique-t-il. J'ai repensé aux sacrifices, aux heures et aux heures d'entraînement, de travail physique, mental." Aujourd'hui, alors qu'il est en train de s'ancrer dans le Top 100 et que sa place dans le grand tableau de l'Open d'Australie en janvier prochain est quasiment assurée, tout cela est en train de payer. Mais il a été rongé par le doute. Beaucoup. Longtemps.
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Royer n'a pas démérité face à Bublik : les temps forts de la finale
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Je n'ai encore rien fait dans le tennis
"Il y a trois ans, je me posais des questions, poursuit Valentin Royer. J'étais 400e mondial, j'avais 21 ans, je voyais des mecs qui ont mon âge me passer devant, être proche de la 100e place. C'était compliqué, je m'interrogeais sur mon futur. Il n'y avait rien de certain pour moi à ce moment-là. Mais j'ai cru en mon projet et en mon rêve de devenir Top 100. Quand je me suis rappelé ces moments de questionnements et de doutes, de travail acharné, ça m'a fait pleurer. Ce sont des choix de vie, des sacrifices, de ne pas voir sa famille, de partir loin, ce n'étaient pas des choix faciles à faire. Mais je ne regrette aucun choix que j'ai fait jusqu'à maintenant."
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Et de quatre titres pour Bublik en 2025 : Sa balle de match contre Royer
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Aujourd'hui, moins que jamais. Il a énormément grandi et avancé cette saison, et tout particulièrement cette semaine. Mais il ne veut surtout pas voir cette finale comme une fin en soi et encore moins se prendre pour ce qu'il n'est pas encore : "Il y a encore beaucoup de taf. Je n'ai encore rien fait dans le tennis. Ce n'est qu'une finale. Je n'ai pas de titre, pas de deuxième semaine de Grand Chelem, j'ai encore tout à prouver et une belle marge de manœuvre sur mon tennis, même si j'ai montré de belles choses cette semaine."
La lucidité n'exclut pas l'ambition. Au contraire, elle la sert. Ces derniers mois lui ont ouvert les yeux et l'appétit. "A long terme, ce n'est pas ce que je vise (une finale de 250). Quand je vois le niveau de Sinner et Alcaraz, je me dis qu'il y a encore plein de choses à améliorer (sourire). M'adapter à n'importe quelle surface, n’importe quelle balle, n'importe quelles conditions. Je commence à accrocher des mecs du top 20 mondial, maintenant, je dois serrer encore plus la vis pour rivaliser avec les gars du Top 10, puis du Top 5, 2 et 1. Ce sont de beaux objectifs." C'est cela, son plus grand bond en avant : être passé de l'utopie à l'objectif.
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Royer : "Les Français ont la réputation de mettre une ambiance de dingue tout sport confondu"
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