Royer, la récompense du "travaillomane"

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2025, c'est la saison de l'explosion pour Valentin Royer. En dehors du Top 200 il y a sept mois, désormais bien installé dans le Top 100, le Français de 24 ans va disputer mardi contre Alexander Bublik la première finale de sa carrière. A Hangzhou, il enchaîne les gros matches et les performances significatives. Le fruit de l'énorme travail accompli au fil des années.

Valentin Royer à l'US Open 2025

Crédit: Getty Images

Il y a les mauvais perdants, et les excellents gagnants. Lundi, à Hangzhou, lors de la traditionnelle interview du vainqueur sur le court après sa qualification pour la finale, Valentin Royer a réservé ses premiers mots à sa victime du jour, Corentin Moutet. "Ce n'était pas son jour aujourd'hui, ça arrive", a tout de suite tempéré le lauréat de cette demie 100% bleue, une denrée rare sur le circuit ATP. Après quoi il a carrément exhorté le public chinois à lui rendre hommage : "Corentin, c'est un joueur incroyable, il mérite des applaudissements, parce qu'il fait une grande carrière, il apporte beaucoup. C'est un joueur intense et important, donc applaudissez-le s'il vous plait."
Le geste est louable, mais si quelqu'un mérite des applaudissements après ce match et, plus globalement, cette semaine, c'est bien lui. Contraint de sortir des qualifications, Royer en est désormais à six succès de rang à Hanghzou. Mardi, ce sera l'heure de la récompense, sa première finale sur le circuit principal, contre Alexander Bublik, l'homme déjà titré à trois reprises en 2025 et qui, après deux tournois remportés sur terre et un gazon, peut ajouter le dur à sa collection de la saison. Mais plus grand-chose ni plus grand-monde ne fait peur à Valentin Royer.
Ces derniers jours, il a battu des joueurs qui, il y a quelques mois encore, auraient semblé hors de portée, à l'image de Corentin Moutet, du grand espoir américain Learner Tien et, plus encore, d'Andrey Rublev, qu'il a sorti en huitièmes de finale. Le plus impressionnant et sans doute le plus prometteur pour la suite, c'est l'impression qu'il dégage sur le court. Jamais il n'a l'air de surjouer ou d'être dépassé par l'enjeu. Ce qui se dégage de lui, c'est plutôt une forme de force tranquille, celle du gars qui a bien le sentiment d'être à sa place.
On a une vraie éthique de travail, avec la même routine quotidienne
"Il y a une grosse partie de travail mental, il faut rester calme pendant tout le match, a-t-il expliqué lundi après la rencontre. Il ne faut pas gaspiller de l'énergie pour rien mais au contraire la sauver pour les moments importants, les moments cruciaux, ceux où il y a de la pression. Là, on a besoin de toute notre énergie. Je suis calme, mais je peux crier fort sur le court après certains points, mais je garde ça pour les points importants. Des moments comme ça, il y en a peut-être deux ou trois dans un match. Contre Tien, je pense qu'il y a dû y en avoir quatre." La force tranquille, oui.
Il y a moins de huit mois, en février, Valentin Royer naviguait encore au-delà de la 200e place. Après Hanghzhou, il sera 75e s'il s'incline en finale contre Bublik et 62e en cas de titre. A 24 ans, sacrée évolution pour ce joueur que personne n'avait vraiment vu venir, sa progression au classement ayant d'abord été le fruit de bons résultats dans des challengers, et pas toujours les plus huppés. Après avoir débuté à Pornichet, il a grandi puis en Europe de l'Est, de la Pologne à la République tchèque en passant par la Serbie, où il a été formé à l'académie de Janko Tipsarevic. Un parcours atypique qui a forgé son identité de joueur.
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Video credit: Eurosport

C'est auprès de "Tipsa", ancien numéro 10 mondial et stakhanoviste du tennis, que Valentin Royer a appris à devenir un énorme bosseur, ainsi qu'il se définit aujourd'hui. Un "travaillomane", comme il l'avait dit en conférence de presse à Wimbledon après sa victoire contre Stefanos Tsitsipas. "Ce que j'ai réussi à produire sur le court cette semaine, ça traduit tout le travail qu'on fait tous les jours, jour après jour, avec mon équipe. On a une vraie éthique de travail, avec la même routine quotidienne", a-t-il encore insisté lundi.
Mardi, il peut devenir le quatrième joueur français à soulever un trophée cette saison, mais le premier depuis le mois de février. Après une entame en fanfare avec les titres d'Alexandre Müller et Gaël Monfils en janvier et Ugo Humbert en février, l'euphorie était vite retombée. Pour cet immense fan de Rafael Nadal, sa plus grande source d'inspiration, ce serait la concrétisation de son changement de dimension. "Je suis super content de mon parcours, un peu ému d'être en finale, mais ce n'est pas fini, dit-il. Je vais faire de mon mieux, et j'ai hâte d'y être." Il est temps de le prendre au sérieux.
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Royer : "Les Français ont la réputation de mettre une ambiance de dingue tout sport confondu"

Video credit: Eurosport


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