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ATP Indian Wells : Cinq ans après la prophétie de Nadal, Zverev a une bonne tête de favori
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Publié 10/10/2021 à 08:04 GMT+2
ATP INDIAN WELLS - Alors que tous les yeux sont logiquement tournés vers Daniil Medvedev, sacré à l'US Open, Alexander Zverev compte bien lui voler la vedette en Californie. Si Indian Wells ne lui a jamais vraiment réussi jusqu'ici, c'est bien dans le désert en 2016 que Rafael Nadal avait vu en lui "un possible futur numéro 1 mondial". Un potentiel que l'Allemand assume vraiment depuis cet été.
Alexander Zverev à Indian Wells en 2021
Crédit: Getty Images
"C'est un joueur fantastique, il a tous les coups. Déjà très fort physiquement, grand avec un bon service aussi bien en première balle que sur seconde, et des super coups de fond de court des deux côtés. Il a tout ce qu'il faut pour devenir une grande star du jeu." Les mots sont élogieux, d'autant plus qu'ils ne viennent pas de n'importe qui. Ils sortaient de la bouche de Rafael Nadal voici un peu plus de cinq ans et demi, au soir d'un huitième de finale haletant dans le désert californien face à un jeune loup sans complexe qui avait bien failli le faire tomber. L'auteur de ce quasi-crime de lèse-majesté ? Un certain Alexander Zverev, alors âgé de 18 ans et 58e joueur mondial.
L'Allemand, qui avait même eu une balle de match ce jour de mars 2016 (finalement défait 6-7, 6-0, 7-5), avait fait une telle impression au Majorquin que celui-ci n'avait pas hésité à l'imaginer "en possible futur numéro 1 mondial". De l'eau a coulé sous les ponts et Zverev a fait du chemin. Surtout depuis cet été qui l'a vu conquérir l'or olympique à Tokyo, avant de s'adjuger Cincinnati et d'échouer de peu face à Novak Djokovic en demi-finale de l'US Open. "La seconde partie de la saison a été incroyable jusqu'ici. Je n'ai perdu qu'un match pour 17 gagnés (en comptant son simple remporté en Laver Cup contre John Isner, NDLR), donc ça va bien", a d'ailleurs confirmé l'intéressé, non sans manier l'euphémisme.
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Sur le court et en dehors, une sérénité à toute épreuve
Rien ne semble pouvoir perturber en ce moment cette sérénité, pas même l'annonce par l'ATP d'une enquête sur les accusations de violence conjugale lors du tournoi de Shanghaï en 2019 d'une ex-compagne de l'Allemand, Olga Sharypova. Zverev a d'ailleurs répété qu'il avait lui-même demandé à l'instance dirigeante du tennis professionnel masculin de prendre cette initiative depuis plusieurs mois, histoire de prouver la bonne foi de ses dénégations. En attendant le verdict de l'investigation, le numéro 4 mondial n'a qu'un seul objectif : continuer sur sa lancée et terminer 2021 en trombe.
Car sur le court, "Sascha" a remis clairement la marche avant après une période de stagnation il y a deux ans, lors de laquelle il avait tendance à évoluer loin de sa ligne de fond et à se montrer passif. A Flushing Meadows, son assurance et son agressivité ont confirmé qu'il avait franchi un cap majeur. "Pendant le tournoi, il a été très offensif, que ce soit au service, qui est un pilier fondamental de son jeu, ou à la relance. Il est venu souvent au filet et a été capable de jouer en variations. C'est tout simplement le meilleur Zverev que j'ai vu sur les courts jusqu'ici", estime d'ailleurs son compatriote et ex-champion allemand Boris Becker.
L'homme à battre du bas du tableau, devant Tsitsipas
Et alors que le "Big 3" cède de plus en plus de place à la concurrence (surtout Roger Federer et Rafael Nadal blessés), Zverev postule clairement pour reprendre les rênes, même si Daniil Medvedev semble avoir une petite longueur d'avance dans cette optique. "Il doit juste continuer comme ça. S'il y parvient, je pense qu'il sera le prochain de cette génération à gagner un Grand Chelem. Je pense qu'il est même plus fort que Tsitsipas", observe Becker, également consultant pour Eurosport.
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53 coups : Zverev a remporté le point du tournoi (de l'année?) contre Djokovic
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Si le Grec est devant au classement et tête de série numéro 2 de ce tournoi d'Indian Wells, c'est bien Zverev qui a le vent en poupe depuis quelques semaines. Il avait d'ailleurs pris le meilleur sur Tsitsipas lors d'une demi-finale électrique dans l'Ohio, autant en raison d'un "toilet break" que du scénario fou de la troisième manche (mené 5-1, l'Allemand l'avait emporté 7-6). Les deux hommes pourraient d'ailleurs se retrouver au même stade en Californie.
Attention, Indian Wells ne lui réussit pas jusqu'ici
Mais Zverev se garde bien de mettre la charrue avant les bœufs. "J'ai joué un huitième de finale contre Rafa ici, j'ai eu balle de match contre lui en 2016. J'avais 18 ans à l'époque et depuis, je n'ai jamais été aussi loin. Cette année, je peux évidemment faire mieux", a-t-il rappelé. Lors de ses quatre précédentes participations, il n'a ainsi gagné que quatre matches dans le désert californien et ses débuts s'annoncent délicats. Il pourrait voir le jeune et intrépide Jenson Brooksby, battu seulement par Novak Djokovic (auquel il a pris un set) en huitième de finale de l'US Open, lui faire face au 2e tour. Puis, Carlos Alcaraz (ou Andy Murray) l'attendrait potentiellement au 3e tour.
Autant dire que les pièges ne manqueront pas. Et la vigilance de Zverev ne s'arrête pas à ses potentiels adversaires. Une autre donnée sera selon lui fondamentale : le climat. Jouer Indian Wells en mars ou en octobre, ce n'est pas la même chose. "Nous ne sommes pas habitués à jouer dans le désert sous cette chaleur. Normalement, il fait beaucoup plus frais, les conditions sont très différentes. Je pense que tout le monde a besoin de s'adapter et que ce sera un tournoi très intéressant", a-t-il noté.
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Un 3e Masters 1000 dans la même saison ? Ce serait une première pour lui
Mais s'il reste fidèle à ce qu'il a montré ces dernières semaines sur dur, le champion olympique devrait passer ses obstacles. D'autant que ses antécédents à Indian Wells ont finalement peu d'importance au regard de sa forme du moment. Pour s'en convaincre, il suffit de constater qu'avant d'aller chercher le titre à Cincinnati cette saison, il n'avait pas remporté le moindre match dans le grand tableau du Masters 1000 de l'Ohio en six tentatives. Il n'y a donc pas de fatalité. Surtout si des conditions plus sèches permettent à son service et à ses grands coups d'être encore plus efficaces.
Zverev a donc de quoi aborder ces dix jours de compétition avec une certaine confiance, lui qui pourrait s'offrir trois titres en Masters 1000 dans la même saison (après Madrid et Cincinnati) pour la première fois de sa carrière. A défaut du fameux titre en Grand Chelem dont il rêve, ce serait déjà un beau lot de consolation. Avant de se lancer dans la saison 2022 plus affamé que jamais.
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