"Dans ce type de situation, on perd neuf fois sur dix. Or si on abandonne, on perdra dix fois. Mais si on s'accroche, on peut gagner une fois". Voilà une phrase signée Rafael Nadal que l’on pourrait enseigner à l’école des champions. Il faut dire que l’Espagnol n’en est pas à son coup d’essai. Samedi soir, Nadal a été plus que chahuté par Sebastian Korda, qui s’est vu mener 5-2 dans le troisième et ultime set de ce deuxième tour du Masters 1000 d’Indian Wells. Mais face à lui, se dressait une montagne de tripes et de mental qui a renversé la situation lors d’un come-back dont peu ont le secret.
Oui, vous l’aurez compris : alors qu’il n’était qu’à deux petits points de vivre sa première défaite de l’année 2022, Rafael Nadal a fait le vide pour se remobiliser et renverser une rencontre que beaucoup pensaient perdue. Mais pas lui. Enfin, un peu quand même : "Même si j’ai pu penser que j’allais perdre aujourd’hui, à 5-2, je me suis dit ok, je joue mal, mais je vais quand même essayer de finir le match en ayant de meilleures sensations et en me battant jusqu’au bout". Et le moins que l’on puisse dire est que l’homme aux 21 Grand Chelems est allé au bout de sa pensée. "J’ai alors joué un peu mieux et lui a fait quelques erreurs. Puis à 5-3, 5-4, on ne sait jamais ce qui peut arriver".

"Je ne cesserai jamais de me battre"

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Ce qui est réellement arrivé ? Poussé dans ses derniers retranchements par le fils de Petr Korda, Rafael Nadal a profité du trou de souris laissé par l’Américain pour s’y infiltrer et l'emmener jusqu’au tie-break décisif, où, grignoté par la pression, son adversaire a finalement rendu les armes. Une victoire qui fait naturellement penser à celle glanée face à Daniil Medvedev en finale de l’Open d’Australie, lorsque l’Espagnol a éteint le Russe alors qu’il semblait en train de s'écrouler. "A Melbourne, j’ai eu le même sentiment. Mais je ne cesserai jamais de me battre", a simplement commenté le 4e joueur mondial, éreinté après ce combat de près de 2h30.

Rafael Nadal

Crédit: AFP

"Si les gens croient que j'ai une croyance absolue en mes capacités à revenir au score, ce n'est pas le cas. Mais dans mon esprit, même si je fais face à l'impossible, je ne veux pas abandonner. Je vais continuer à essayer, encore et encore, d'empêcher mon adversaire de gagner, de lui rendre les choses un peu plus difficiles coup après coup", a continué celui qui vient de remporter l’ATP 250 de Melbourne, l’Open d’Australie et l’ATP 500 d’Acapulco - soit 16 victoires de rang - après plus de quatre mois sans jouer à la suite d'une blessure au pied gauche.

"Si je n’avais pas cette mentalité, je n'aurais pas joué au tennis"

Devant cet homme capable de tout, les journalistes présents en conférence de presse d’après-match n’ont eu qu’une question à la bouche : mais comment fait-il pour atteindre ce niveau de maîtrise alors que tout semble perdu ? La réponse de l’intéressé ne s’est pas fait attendre : "Difficile à dire, parce que le talent s'exprime différemment selon chacun. Ce qu'il faut, c'est déjà être passionné. La raison pour laquelle je me suis battu pendant toute ma carrière sur un court de tennis et j'ai gardé la bonne attitude est simple : c'est parce que j'ai été éduqué comme ça".

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La force de Nadal, en plus de ses interminables heures passées à s’entraîner, vient donc de son passé, et de sa maîtrise de lui-même. "Mon oncle, ma famille, ne m'ont jamais autorisé à casser une raquette, à dire de gros mots ou à abandonner un match. Bien sûr, ils voulaient que je gagne, mais ce n'était pas le plus important. Le plus important c'était l'éducation et le fait que je grandisse avec des valeurs. Donc c'est comme ça que j'ai dû m'y prendre et c'est certainement pour cela que j'ai cette mentalité, sinon je n'aurais pas joué au tennis". Le moins que l’on puisse dire est que cela aurait été regrettable.
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