Masters 1000 Monte Carlo - "C'est sur terre que t'es le meilleur" : Monfils avait-il vu juste sur Bublik ?
Par Arthur Merle
Publié 09/04/2026 à 23:40 GMT+2
Qualifié pour les quarts de finale du Masters 1000 de Monte Carlo où il affrontera Carlos Alcaraz vendredi, Alexander Bublik lance de la meilleure des manières sa saison sur terre battue. Le Kazakhstanais est-il en train de développer, comme l'avait prédit Gaël Monfils il y a dix ans, une histoire d'amour avec cette surface ? Analyse d’une réalité un peu plus nuancée.
Le résumé de la dernière bataille monégasque de Monfils
Video credit: Eurosport
La scène, très sympa, était venue conclure le dernier match de la carrière de Gaël Monfils à Monte Carlo. Après la victoire d'Alexander Bublik face au Français mardi au 2e tour, les deux hommes s'étaient remémoré un vieux souvenir commun.
"Il y a exactement 10 ans, j'étais ton sparring-partner ici, tu te rappelles ce que tu m'as dit ?", lui demandais le Kazakhstanais. "Je t'ai dit que le gazon, ce n'est pas ton fort, c'est ici (la terre battue, ndlr) ton fort. Tu te souviens ?", lui répondait le vétéran tricolore. Avait-il vu juste ?
Force est de constater que le fantasque joueur de 28 ans avait entendu le conseil. Il a simplement mis près d'une décennie à l'appliquer. Avant 2025, Bublik n'avait jamais gagné quatre matches consécutifs sur terre battue et y affichait un bilan de 40 victoires pour 53 défaites, soit 43% de succès. Mais la saison dernière a agi comme un coup de balai bienvenu sur cet ocre qui lui était jusqu'ici si hostile.
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Monfils et Bublik complices au filet : le dernier point de "la Monf" à Monaco
Video credit: Eurosport
En 2025, une révélation
Il y a un an, il démarrait pourtant sa saison sur terre par une élimination au premier tour des qualifications pour Monte Carlo. Il franchissait ensuite deux tours à l'ATP 500 de Munich, trois au Masters 1000 de Madrid, un seul à celui de Rome, avant un premier titre… au Challenger de Turin. Le déclic ? Il n'était en tout cas stoppé que par Jannik Sinner en quarts de finale de Roland Garros avant de remporter consécutivement, au mois de juillet, les ATP 250 de Gstaad et Kitzbuhel. Des titres, donc, et un bilan de 23 victoires en 29 matches sur cette surface qu'il assumait "détester" en 2022.
De 43 à près de 80% de succès sur ocre, il y a un monde. Celui imaginé par Gaël Monfils ? Pas tout à fait. D'une part parce que Bublik ne s'est pas arrêté de briller sur herbe, avec notamment un sacre à Halle. D'une autre parce que l'échantillon est encore maigre pour s'emballer. "Ce ne sera jamais sa surface de prédilection, je ne pense pas, tempère ainsi notre consultant Arnaud Clément. En revanche, c'est une surface sur laquelle maintenant, on sait qu'il peut être très bon. Avant, quand ils le jouaient sur terre, beaucoup pouvaient se frotter les mains. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas. Mais ça restera toujours la surface sur laquelle il sera un petit peu en dessous".
Pourtant, Bublik y a encore très bien lancé sa saison alors qu'il fera face à Carlos Alcaraz en quarts de finale de Monte Carlo, vendredi, après avoir dominé Jiri Lehecka en 8es jeudi, dans un match qui a impressionné le finaliste de l'Open d'Australie 2001.
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Monfils, motivation et détachement : "J'ai bien aimé le jeu de Bublik"
Video credit: Eurosport
C'est d'abord une évolution générale
"En fait, je pense que la première chose, pour lui, ce n'est pas son évolution sur terre, c'est son évolution d'un point de vue beaucoup plus général, reprend Arnaud Clément. Aujourd'hui, c'est un joueur qui s'est professionnalisé, qui a d'autres ambitions et qui a progressé dans d'innombrables secteurs, notamment physiquement. Il est capable de tenir des matches longs, de tenir des échanges longs. Et en étant beaucoup plus complet qu'avant, il peut jouer sur toutes les surfaces et être bon sur toutes les surfaces".
L'intéressé lui-même ne voulait pas s'aventurer à des conclusions trop tranchées avant son entrée en lice à Monte Carlo, sur Tennis TV. "Si ma relation a changé avec la terre battue ? Oui ça fait partie de mon job de jouer sur différentes surfaces. Si je ne veux pas jouer, je peux rester à la maison. J'ai choisi de travailler, de lutter parfois. On est en 2026, plus en 2025, je suis prêt à ce que mes adversaires m'attendent plus". Et ils ont raison de le faire : on parle d'un joueur qui a remporté 14 de ses 15 derniers matches sur terre.
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