Masters 1000 Monte-Carlo - L'antisèche de la finale : Jannik Sinner, le vent en poupe

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La finale de Monte-Carlo n'a pas atteint les sommets escomptés. La faute au vent, omniprésent et qui plus est capricieux. Il a compliqué la vie de Jannik Sinner et Carlos Alcaraz. Mais c'est bien l'Italien qui a su le mieux composer avec cet élément perturbateur pour s'imposer en deux sets (7-6, 6-3). Une victoire importante pour lui sur cette surface. Il surfe sur une sacrée vague...

Sinner se remet de deux breaks pour maîtriser Alcaraz : les temps forts de son 1er titre princier

Video credit: Eurosport

Le pourquoi du comment

Il y avait un invité surprise dans cette finale. Surprise, et pas vraiment désiré. Mais il a pesé de tout son poids sur cette partie, pas forcément sur son issue, mais sur son déroulement. Cet indésirable, ce fut le vent, qui n'a pas laissé beaucoup de répit au dernier match de la semaine à Monte-Carlo. Eole, qui plus est anarchique et tourbillonnant, a clairement nui à la qualité du tennis prodigué par les deux hommes. Plus qu'un remake du chef-d'œuvre absolu du Chatrier voici dix mois, ce fut parfois une sorte de brouillon, tout en restant un match d'une grande intensité.
Mais oui, il a été agaçant pour les spectateurs que nous sommes, et plus encore pour les deux acteurs, de composer avec ce vent. À ce petit jeu de la chasse à la frustration, Jannik Sinner, qui redevient donc numéro un mondial, s'en est le mieux sorti. Il a mieux géré sa propre nervosité que Carlos Alcaraz. In fine, ce duel a ressemblé à la finale du Masters de Turin lors de leur dernier affrontement. Ce jour-là, il n'y avait évidemment pas la moindre bribe de vent, mais Sinner était déjà apparu un petit cran au-dessus, un peu plus en contrôle. Il n'y avait pas un monde d'écart entre eux à Turin, pas plus qu'à Monte-Carlo ce dimanche, mais une forme de supériorité latente du protégé de Simone Vagnozzi.
Ce n'est pas la première fois sur terre battue que cette impression se dégage de leur confrontation. Après tout, il avait même dominé de façon plus marquée la finale de Roland-Garros l'année dernière, avant que cette histoire ne lui glisse entre les doigts, à un point près. Cette fois, il est allé au bout de ses idées. Pourtant, Carlos Alcaraz a compté un break d'avance très tôt, dans le premier puis dans le second set. Mais au même titre que dominer n'est pas gagner, mener n'est pas dominer. Jannik Sinner est vite revenu à chaque fois et jamais il n'est apparu sous la coupe de son adversaire. Même si lui aussi a connu des hauts et des bas, et si sa première balle s'est avérée par moments fragile, il a toujours gardé le contrôle de la situation et de ses émotions. Le meilleur a gagné. Sur le match et sur la semaine.
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Sinner pousse une dernière fois Alcaraz à la faute : la balle de match

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Le moment-clé

Plus encore que le tie-break ou que les deux débreaks, c'est peut-être en s'accrochant à son service à 5-6 dans le premier set que Jannik Sinner a remporté le jeu le plus important de cette finale. Il fallait être fort pour tenir à ce moment-là. Carlos Alcaraz y a mené 0-15 puis 15-30 et il a à chaque fois perdu le point suivant, sur une volée de revers et un coup droit qui ont chacun fini dans le filet. Là, il y avait une ouverture. On ne saura jamais si le gain de ce premier set aurait changé le destin de cette finale, mais c'était sa chance.
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Mano a mano Alcaraz - Sinner et coup de théâtre au tie-break : les temps forts du 1er set

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La stat : 50

Le différentiel entre le nombre de coups gagnants cumulés par les deux joueurs et leurs fautes directes. Ils ont réussi 33 coups gagnants (20 pour Alcaraz, 13 pour Sinner) et ont empilé 83 fautes, pour un ratio identique des deux côtés (-25). Un témoignage des conditions extrêmement difficiles avec lesquelles ils ont dû composer.
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Carlos Alcaraz est apparu souvent frustré dimanche lors de la finale.

Crédit: Getty Images

Le point de la finale

Les très grands points, ceux qui génèrent du highlight à gogo et que l'on revoit dans 20 ans auront été assez peu nombreux dimanche. Mais ce point qui a permis à Carlos Alcaraz de breaker en début de deuxième set est clairement sorti du lot avec, au bout, ce passing long de ligne dans un trou de souris.
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Revenu du néant, Alcaraz mystifie Sinner : le point de la finale

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La décla : Jannik Sinner

"Je ne sais même pas où commencer. Je suis venu ici pour jouer un maximum de matches possibles, pour avoir des informations sur mon jeu sur terre battue… Aujourd'hui, c'était du très haut niveau, dans des conditions très difficiles. Il y avait énormément de vent. Des conditions très différentes des jours précédents. C'est vraiment un titre qui compte beaucoup pour moi"

La question : Qu'est-ce qui pèse le plus, la victoire de Sinner ou la défaite d'Alcaraz ?

Jusqu'à présent, la convenance était claire : sur terre battue, Carlos Alcaraz était au-dessus de Jannik Sinner. Tout en témoignait. Alcaraz, double tenant du titre de Roland-Garros. Sinner, lui, n'avait conquis sur cette surface qu'un seul de ses 26 tournois. Un 250, il y a bientôt quatre ans de cela. Autant dire rien. Le Murcien y avait aussi remporté leurs trois dernières confrontations directes. Sinner lui-même convenait en arrivant à Monte-Carlo que l'ocre était le terrain de jeu qu'il affectionnait le moins. Tout ne s'est pas nécessairement inversé dimanche, mais cette finale de Monte-Carlo marque un point de rupture dans la perception de cette rivalité sur terre battue.
En réalité, il n'y a aucune raison pour que le bouclé rouquin ne puisse être aussi dominateur sur terre qu'il a pu l'être ailleurs. Non seulement il était passé à un tout petit point de gagner Roland-Garros l'année passée, mais avant de perdre de la plus cruelle des manières cette finale contre Carlos Alcaraz, il l'avait nettement dominé durant une bonne partie de la rencontre. Monte-Carlo marque donc la fin d'une anomalie (il n'a jamais gagné de titre de premier plan sur terre) et d'une idée reçue (il y est moins fort qu'ailleurs et moins fort qu'Alcaraz).
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Sinner : "Le classement est secondaire, gagner des tournois est plus important"

Video credit: Eurosport

Il avait probablement davantage besoin de cette victoire sur le Rocher que son rival. Pour lui, ce sera un formidable coup de boost, et la confirmation de ce qu'il savait intimement au fond de lui. Pour Alcaraz, à l'inverse, il n'est pas certain que ce soit un drame. Sans doute va-t-il accuser le coup à court terme et, à n'en pas douter, ce revers-là fait plus mal que celui du Masters en novembre. Il vient d'être giflé dans son jardin. Mais ce jeune homme a une gigantesque capacité à rebondir après un échec. Ne l'oublions jamais.
Alors, oui, dans l'optique de Roland-Garros, Jannik Sinner a marqué un point. Il vient même de gagner la première manche et, après tout, il n'est pas garanti que les deux hommes se revoient d'ici là, en fonction de ce qu'ils décideront quant à leur calendrier printanier (seront-ils tous les deux à Madrid ? Tous les deux à Rome ?). Mais à Roland-Garros, en Grand Chelem, Carlos Alcaraz sera encore plus dur à battre. Ce que chacun a vécu de dimanche, sans être anodin, ne constitue en rien un point final. Certainement pas de leur histoire, mais pas davantage de ce printemps.
 


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