ATP Masters 1000 de Montréal | Gaël Monfils face aux émotions de sa "Last Dance" : "C'est plus dur que je ne le pensais"

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Alors qu'il attaquera, lundi à Montréal, la dernière ligne droite de sa carrière, Gaël Monfils est revenu sur la difficulté émotionnelle de vivre ces derniers rendez-vous sur le circuit. Requinqué mentalement par une longue pause post Roland-Garros, il cherchera à s'offrir un ultime grand frisson, ici au Canada et plus tard à l'US Open, où il espère aussi avoir une wild-card.

Gaël Monfils en juin 2026 à Cluj-Napoca, lors d'une soirée événementielle pour la retraite de Simona Halep.

Crédit: Getty Images

S'il y en a un à qui l'on ne peut reprocher de causer du tort, par son absence, au Masters 1000 du Canada, c'est bien Gaël Monfils. L'ancien numéro un français a toujours été l'un des plus fidèles au rendez-vous, surtout ici à Montréal où il se sent un peu comme à la maison. Parce qu'on y parle français. Parce que plusieurs de ses anciens formateurs à l'INSEP, à commencer par Luigi Borfiga, sont ensuite venus travailler pour la Fédération canadienne. Et surtout parce qu'il y a vécu quelques matches assez dingues "qui ont marqué ma carrière", on pense notamment à cette dinguerie en 2017 contre Kei Nishikori, face auquel il s'était imposé après avoir miraculeusement sauvé quatre balles de match consécutives.
Pour son ultime saison, que "La Monf" a souhaité jalonner d'un dernier passage dans les tournois les plus chers à son cœur, il n'était donc pas question de manquer le rendez-vous montréalais. Après une coupure plus ou moins forcée de deux mois au sortir de Roland-Garros, faute d'avoir obtenu une wild-card pour Wimbledon - qui ne l'aurait de toute façon pas fait sauter au plafond -, le très bientôt "futur-ex" chouchou du tennis tricolore va donc faire son retour au Québec. Où il sera opposé ce lundi au Polonais Kamil Majchrzak (45e mondial), pas le plus connu des adversaires mais pas le moins en forme non plus, puisqu'il a récemment remporté son premier titre ATP, sur le gazon de 's-Hertogenbosch.
Maintenant, dans quel état de forme déboulera Monfils dans la dernière ligne de droite de sa carrière, dont la ligne d'arrivée devrait se faire en octobre au Rolex Paris Masters ? "Physiquement, ça va, nous a-t-il répondu hier à Montréal, à l'occasion de son Media Day. Ça m'a fait un bien fou de me reposer après Roland-Garros, où ça a été très dur. Émotionnellement surtout. Il y a eu beaucoup de choses, j'ai reçu beaucoup d'amour, mais ça m'a aussi pompé de l'énergie. C'est une grosse page de ma vie qui se tourne, et ce n'est pas facile. Je pense d'ailleurs que tout n'est pas encore bien digéré. Le process se fait tranquillement."
Gaël Monfils, qui n'a remporté que trois matches en 2026 (le dernier à Monte Carlo) et qui occupe actuellement le 326e rang mondial, n'a pas de mal à le reconnaître : il n'avait pas forcément anticipé la difficulté d'une longue tournée d'adieux. Tennistiquement, bien sûr. Mais humainement, surtout. Car il faut apprendre à composer avec les hommages, l'émotion ambiante et la nécessité d'être performant. Ce qui reste quand même la base de son métier, même à l'approche de la retraite. Mais qui n'est pas le plus facile non plus , surtout quand on aura bientôt 40 ans et qu'on a déjà tant donné.
Je me suis mis plus de pression que d'habitude parce que je voulais trop bien faire. Or, ça ne colle pas bien avec ma personnalité.
"Franchement, c'est beaucoup plus dur que je ne le pensais, reconnaît l'ancien sixième joueur mondial. À chaque tournoi, on sait que c'est la dernière fois. On est à la fois content d'être là, on n'a pas envie de partir, mais on sait qu'on va devoir partir. Et puis, je me suis mis plus de pression que d'habitude parce que je voulais trop bien faire. Or, jouer sous pression, ça ne colle pas bien avec ma personnalité. C'est difficile, mais c'est aussi une nouvelle expérience qui va m'aider à grandir et qui me servira pour la suite, parce qu'il y a énormément d'émotions. Maintenant, sur le terrain, il faut que j'arrive à trouver le bon "mix" pour gérer tout ça."
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Bahrami : "Pour moi, Monfils était le seul joueur qui pouvait gagner Roland-Garros"

Video credit: Eurosport

Il le faudra, particulièrement en Amérique du Nord, où Monfils est presque aussi populaire qu'en France. La preuve avec ces deux wild-cards qui lui ont été accordées, ici à Montréal comme à Cincinnati, dans deux semaines. Un privilège qui contraste avec la situation d'un Stefanos Tsitsipas, double finaliste en Grand Chelem et ancien top 3 mondial, contraint, lui, de passer les deux fois par la case qualification. Ce qu'il a d'ailleurs fait avec succès à Montréal, samedi, face au jeune Canadien Keegan Rice.
Avoir une wild-card à l'US Open, c'est le but ultime. J'espère vraiment l'avoir et, si possible, pouvoir bien l'honorer.
Et pour faire des adieux dignes de ce nom outre-Atlantique, Gaël Monfils n'a pas le choix : il lui faudra une nouvelle wild-card pour l'US Open (30 août-13 septembre). "C'est le but ultime, oui, ne cache pas le joueur. Parce que je fêterai mes 40 ans au début du tournoi (le 1er septembre). Or, j'ai toujours dit que je voulais jouer, et être performant, jusqu'à mes 40 ans. J'espère donc avoir cette wild card et, si possible, pouvoir bien l'honorer. Je fais tout pour. Cela passe par le fait de bien jouer ici. Tennistiquement, je suis moins fort qu'à mon "prime", forcément. Mais à l'entraînement, j'arrive encore à faire de belles choses. Et physiquement, je me sens bien. Je sais que mon adversaire est en forme. Il faudra essayer de trouver des ressources que je ne connais pas pour pouvoir l'embêter, et si possible gagner."
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