Alors que cette campagne 2021 touche presque à sa fin, elle restera comme celle où Novak Djokovic, même en ayant échoué dans sa quête du Grand Chelem, a assis un peu plus sa place dans l'histoire du tennis. Il a rejoint Roger Federer et Rafael Nadal au nombre de titres en Grand Chelem (20 chacun, désormais). Il est aussi devenu le recordman des semaines passées à la première place mondiale, dépassant Roger Federer, et s'est assuré cette semaine à Bercy d'achever une septième saison au sommet du classement ATP. Un record, là aussi.
Comme chaque jour semble apporter une nouvelle pierre à l'édifice serbe, sa victoire en finale du Rolex Paris Masters dimanche contre Daniil Medvedev (4-6, 6-3, 6-3) lui a permis de redevenir, seul, le joueur le plus titré en Masters 1000 avec 37 victoires, une de plus que Nadal. Pourtant, accomplissement après accomplissement, l'éternel débat autour de lui reste le même : que doit-il faire pour enfin être considéré comme le plus grand champion que ce sport ait connu ? Pourquoi une telle réserve ? Parce qu'il est arrivé après Federer et Nadal, comme si certains n'avaient pas accepté qu'il trouble l'hégémonie de ce tandem hors normes en le transformant en trio ? Parce que sa personnalité est plus controversée que celles du Suisse et de l'Espagnol ?

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Ils regarderont les records et ils verront le nom de Novak partout
Alors, est-on injuste avec Novak Djokovic ? Interpellé sur le sujet dimanche, Daniil Medvedev n'est pas loin de le penser. "Oui, je pense c'est injuste, c'est ce que je ressens parfois", a-t-il estimé. Mais pour le Russe, les choses sont peut-être en train de changer : "J'ai le sentiment quand même que de plus en plus de gens commencent, je ne dirais même pas à le respecter davantage lui, mais ce qu'il accomplit, record après record. A part les 'haters', qui ne sont pas de vrais fans de tennis. 20 Grands Chelems, le nombre de semaines numéro un, il a presque fait le Grand Chelem calendaire. Les gens se rendent compte de ce que ça représente."

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Pour Daniil Medvedev, c'est le temps qui rendra justice à Djokovic. Les générations futures, qui n'auront pas connu notre époque, poseront un regard plus neutre, moins passionné, sur notre époque. "C'est comme moi avec (Pete) Sampras, reprend le numéro 2 mondial. J'étais trop jeune pour le voir jouer, mais j'ai entendu ceux qui disaient qu'il était incroyable. Ce sera pareil pour Novak. Ceux qui commenceront à suivre le tennis regarderont les palmarès, ils iront sur Wikipédia et ils verront qui a été le plus souvent numéro un en fin d'année, qui a le plus grand nombre de semaines numéro un. Ils regarderont les records et ils verront le nom de Novak partout. Alors les gens commenceront à comprendre, à dire : 'C'est dingue ce qu'il a fait.'"
Paradoxalement, une forme de bascule s'est peut-être opérée lors de la dernière finale de l'US Open. Balayé par Medvedev, Djokovic avait vu ses rêves de Grand Chelem s'éteindre, mais le public lui avait témoigné une affection comme jamais il n'y avait eu droit dans un tournoi du Grand Chelem. Cette semaine, à Bercy, il a été accueilli plutôt chaleureusement. Lors de la finale ce dimanche, si le public était partagé, il a tout de même assez nettement penché du côté du Serbe. Qui sait, même s'il continuera de susciter le rejet de ceux qui n'ont jamais pu le voir en peinture, peut-être est-il prêt à être aimé d'un plus grand nombre. A minima, il est temps de s'incliner devant ce qu'il fait, à défaut d'aimer qui il est.

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