Rolex Paris Masters 2025 - Finale - L'antisèche : Jannik Sinner est vraiment l'empereur de l'indoor

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Roland-Garros lui avait échappé. Pas le Rolex Paris Masters. Jannik Sinner a décroché dimanche son premier Masters 1000 parisien en maîtrisant Félix Auger-Aliassime au terme d'une finale de qualité, mais finalement très prévisible (6-4, 7-6). Si Carlos Alcaraz et lui sont dix crans au-dessus de tout le monde, pour ce qui est de l'indoor, il y a vraiment Sinner et les autres.

Sinner : "J'ai joué du grand tennis dans le tie-break"

Video credit: Eurosport

Le pourquoi du comment

Un côté implacable. De la pure logique. Félix Auger-Aliassime a offert un match, parfois d'excellente qualité, comme dans la seconde manche, mais il lui en a tout de même manqué beaucoup pour espérer mettre fin à l'invincibilité de Jannik Sinner en indoor, laquelle galope maintenant depuis deux ans. Ce ne sera pas une finale mémorable, de celles dont on reparle dans 20 ou 30 ans, il lui a manqué pour cela davantage de suspense, voire d'intensité par moments. Un peu à l'image de cette semaine à La Défense Arena, où l'embrasement espéré n'a jamais eu lieu.
Mais Jannik Sinner s'en moque. Il y a quelque chose de clinique chez l'Italien dans ce type de circonstances. Un break d'entrée, dès le premier jeu, pour marquer les esprits et régler le problème de cette manche initiale. Puis, dans la seconde, quand Auger-Aliassime s'est porté à sa hauteur, essayant (vainement) de le mettre sous pression, la tête de série numéro 2, qui redeviendra numéro un mondial ce lundi, s'est montré inébranlable, notamment dans ce tie-break immaculé.
Il ne faut rien laisser à ce Sinner-là. Le Canadien le savait, mais la connaissance et la conscience d'un problème ne constituent pas une garantie quant à sa résolution. Il n'a pas donné grand-chose, mais c'était déjà trop, comme ces deux fautes en début de jeu décisif qui ont scellé le sort de celui-ci, de ce deuxième set, et de cette finale. Sinner a été d'une propreté remarquable. Sur sa mise en jeu, tout particulièrement. Dans ce domaine, il n'a pas été loin de la copie parfaite. On l'oublie parfois, mais il est, aussi, un formidable serveur. C'est une arme, chez lui. Dimanche, ce fut même une arme fatale. Il n'a pas concédé la moindre balle de break. La porte n'a jamais été ne serait-ce qu'entrouverte pour Félix Auger-Aliassime. Autant dire que c'était mission impossible.
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Solide et en maîtrise, Sinner domine Auger-Alliassime : le résumé de la finale

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Le moment clé

Si le match a été plaisant et même de haute volée dans la seconde manche, son scénario a été très linéaire et, au bout du compte, extrêmement prévisible. Dès lors, il n'y a pas eu de vrai "tournant". Le premier jeu, d'une certaine manière, avait déjà plié l'affaire.
Mais c'est plutôt le moment-clé qui aurait pu être qui nous intéresse : à 5-4 Auger-Aliassime dans le deuxième set, Sinner s'est retrouvé un (tout petit) peu sous pression, à égalité. Le public poussait, le Québécois tentait de secouer le cocotier. Il a engagé l'échange, mais une grosse faute en coup droit a un peu tout gâché. Là, il n'était pas loin. Mais comme disent les buteurs en rugby, "passa près ne compta pas".
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Auger-Alliassime : "Jannik, on est devenus meilleurs depuis qu'on jouait à FIFA à 16-17 ans !"

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La stat : 91%

Illustration du petit bijou de match au service de Jannik Sinner, il a disputé 44 points derrière sa première balle et en a gagné 40, soit 91% de réussite. Et comme ce fut à peine moins bien en seconde (11 sur 17, 65%), il a pu s'appuyer sur cette base pour avancer plutôt confortablement dans cette finale.

La décla : Jannik Sinner

"C'est énorme, honnêtement. C'était une finale tellement intense et nous savions tous les deux ce qui était en jeu. Je suis extrêmement heureux. Les deux derniers mois ont été incroyables. Nous avons essayé de travailler sur certaines choses et voir le résultat me comble. Encore un titre cette année… Quoi qu'il arrive à Turin, cette saison aura été incroyable."

La question : Le Masters peut-il échapper à Sinner ?

Jannik Sinner et Carlos Alcaraz sont au-dessus de la mêlée. C'est entendu et incontestable. L'Espagnol a repris l'ascendant sur son rival lors de la finale de l'US Open. Mais ici, c'est "Jannik Time". Quand on dit ici, on veut dire en indoor, en cette saison. C'est son territoire, peut-être son terrain de jeu favori. Dimanche, c'était sa 26e victoire consécutive en salle, une des séries les plus probantes de l'histoire. Il faut remonter au Masters 2023, quand il avait buté en finale contre un Novak Djokovic alors encore maître du monde, pour trouver trace d'une défaite du Trentinois dans ces circonstances.
Carlos Alcaraz, lui, n'y a toujours pas trouvé le bon tempo. Son titre à Rotterdam en février lui a certes permis d'ouvrir son compteur en intérieur, mais il s'est encore manqué dans les grandes largeurs à La Défense cette semaine et, pour ce qui est des ATP Finals, il n'y a toujours pas joué de rôle significatif. Quand il est au sommet de son expression, Alcaraz est intouchable. Même pour Sinner. Lui seul peut atteindre de telles hauteurs tennistiques. On le croyait vraiment parti pour débouler sur cette fin de saison, indoor ou pas. Le Masters 1000 parisien a rebattu les cartes et bien pimenter cette dernière ligne droite, qu'il s'agisse du Masters ou, en filigrane, de la place de numéro un mondial.
La reprise de pouvoir de Jannik Sinner au classement ATP est très anecdotique, d'autant qu'elle sera très provisoire. Carlos Alcaraz a toujours la maîtrise de son destin. Mais il sera très intéressant de suivre le dernier grand rendez-vous de l'année, à Turin. Là-bas, Sinner sera vraiment chez lui, à double titre. Parce que nous serons en Italie, et plus encore parce que nous serons en indoor. Jusqu'à preuve du contraire, dans ce contexte, il y a lui et les autres. S'il garde le cap, il faudra quelque chose ou quelqu'un qui sorte de l'ordinaire pour répondre à un tel niveau d'excellence et l'empêcher d'y conserver son bien. Un Alcaraz, en somme. Mais le vrai, pas celui qui n'a effectué qu'une brève apparition à Paris.
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Jannik Sinner.

Crédit: Getty Images


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