Rolex Paris Masters 2025 - Jannik Sinner : le changement, c'est maintenant… mais en douceur

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Tout va bien pour Jannik Sinner. Depuis sa douloureuse défaite en finale de l'US Open contre Carlos Alcaraz, l'Italien a décroché trois titres, dont son premier Masters 1000 de l'année 2025, dimanche, à Paris. Mais le véritable juge de paix, ce seront ses retrouvailles avec Alcaraz. D'ici là, il est engagé dans un subtil processus visant à étoffer son jeu. Sans brusquer les choses.

Le Rolex Paris Masters à la Défense, une mutation réussie

Video credit: Eurosport

Dimanche 7 septembre 2025. Jannik Sinner sort tout juste d'un essorage assez violent dans la machine à broyer nommée Carlos Alcaraz. L'Espagnol ne vient pas seulement de le battre en finale de l'US Open. Il vient de lui adresser un message : ton jeu, tes armes, quand je suis au top, elles ne suffisent pas. Elles ne suffisent plus. Ni à me dominer ni même à me faire mal. Sinner a peut-être manqué de munitions ce soir-là, mais pas d'intelligence. À chaud, en conférence de presse, il se montre d'une franchise totale et d'une lucidité imparable.
"J'étais très prévisible aujourd'hui, dans tout ce que j'ai fait sur le court, s'inflige-t-il sans se ménager. Après Wimbledon, il a changé son jeu. Maintenant, ça va être à mon tour de décider ce que je veux faire. Est-ce que je suis prêt à essayer de changer mon jeu ? Nous allons clairement travailler là-dessus". Il n'avait pas eu besoin de recul pour identifier ce qui lui avait sauté aux yeux comme une forme d'évidence.
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"Dépassé et frustré, Sinner a vécu à l’US ce qu’Alcaraz a vécu à Wimbledon"

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Le confort, c'est l'ennemi du joueur. Surtout quand son jeu lui permet de prendre le dessus sur 90 pour ne pas dire 99% du reste du monde. Alcaraz et Sinner partagent la même solitude. Il y a eux et les autres. Quand ils ne s'affrontent pas, tout dépend d'eux. Lorsqu'ils se retrouvent, tout est différent. Mais pour être prêt à l'heure de chaque nouveau duel commun, il est indispensable d'avoir utilisé les autres adversaires pour se préparer à ces retrouvailles.
Je m'efforce à sortir de ma zone de confort
Cela aussi, Sinner l'avait parfaitement pointé à Flushing Meadows après la finale. "Le score, c'est une chose. Mais quand vous enchaînez les victoires assez tranquilles, comme ça a été mon cas dans ce tournoi, vous faites toujours la même chose, et ça marche. Mais je n'ai pas fait un seul service-volée, je n'ai quasiment pas utilisé l'amortie. Et quand vous arrivez contre Carlos, vous devez sortir d'un seul coup de votre zone de confort." Alors, selon sa théorie, il fallait qu'il en sorte avant, contre les autres, pour prendre de nouvelles habitudes, développer de nouvelles armes, quitte à ce qu'elles ne soient réellement nécessaires que contre son grand (et unique ?) rival.
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Même Sinner n'a rien pu faire face à cet Alcaraz-là : le long format de son sacre

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Les intentions étaient là. Mais allait-il vraiment passer aux actes ? Depuis l'US Open, on l'a vu gagner à Pékin, Vienne et Paris, connaissant une seule anicroche, à Shanghai. Et encore, sur abandon. Mais a-t-il vraiment changé ? Pour l'heure, on pourrait résumer sa démarche ainsi : l'évolution, oui. La révolution, non. Il est davantage dans le saupoudrage qu'autre chose. Toutefois, on le voit peut-être changer davantage de rythme. Contre Félix Auger-Aliassime, en finale du Rolex Paris Masters, il a usé, avec parcimonie certes mais toujours à bon escient, de l'amortie de coup droit. À Pékin, il s'était essayé par moments au service-volée. Mais ce n'est pas de la chirurgie à cœur ouvert. Plus de la médecine douce.
"Quand on va sur un tournoi où il y a une centaine de joueurs, tous veulent s'améliorer. Il n'y en a pas un qui va être sur le tournoi pour juste frapper quelques balles. Donc ce que je fais n'est pas particulièrement spécial", a-t-il tempéré dimanche à ce sujet. S'il n'a pas le sentiment d'avoir inventé le fil à couper le beurre, il reste toutefois convaincu de la pertinence de cette approche à ce stade de sa carrière : "Je m'efforce à sortir de ma zone de confort, surtout pendant les séances d'entraînement, pour essayer de comprendre ce qui, potentiellement, pourrait me donner l'ascendant dans l'avenir."
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Solide et en maîtrise, Sinner domine Auger-Alliassime : le résumé de la finale

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Il faut trouver un juste équilibre
C'est donc son axe de travail quotidien depuis l'US Open. En compétition, sans être frileux, il plaide pour une forme de balancier à trouver. Ne pas faire n'importe quoi, surtout, ce qui rendrait sa démarche contreproductive. "Dans des matchs serrés, il faut trouver un juste équilibre, dit-il, savoir ce qu'on peut essayer de faire, mais il ne s'agit pas simplement de faire des tests et des essais pour faire des tests et des essais. Il faut que ça ait du sens sur le moment."
Dimanche, lors de sa finale du RPM contre Félix Auger-Aliassime, il a plutôt eu le sentiment de réussir ce subtil dosage. "Je menais d'un break dans le premier set, mais j'ai essayé de faire quelque chose de différent, d'être parfois plus offensif, agressif. Cela fait partie du processus par lequel je passe. Mais autres joueurs passent par le même processus que moi", assure-t-il, cherchant toujours à minimiser l'ampleur de son processus.
Au fond, il n'y a vraiment que quand il croisera à nouveau la route de Carlos Alcaraz que nous en aurons le cœur net. D'ici là, rien ne change : il joue et il gagne puisque personne d'autre que le Murcien ne peut réellement lui poser de problèmes. Il peut donc travailler sur ces changements dans une forme de tranquillité. "Il n'y a pas de magie. C'est toujours une question de travail, rappelle-t-il. Mais bien sûr, si vous avez des résultats comme ceux-ci (son titre à Paris dimanche, NDLR), vous gagnez en confiance, parce qu'à ce moment-là, vous sentez que le travail que vous faites est le bon. Mais on passe aussi par des moments difficiles parfois, des défaites, par exemple, et alors, on comprend la voie à suivre." À New York, il l'avait compris et avait reçu le message. Le changement, ce doit être maintenant. Même en douceur.
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Sinner : "J'ai joué du grand tennis dans le tie-break"

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