Rolex Paris Masters - Nicolas Mahut : "J'avais mon fils, j'avais mon père qui a eu un AVC l'an passé, c'était émouvant"

Voilà, c'est fini. Ce mardi, Nicolas Mahut a tiré un trait sur 25 ans de carrière en cédant lors de son entrée en lice en double aux côtés de Grigor Dimitrov. Sa journée fut d'une intensité émotionnelle rare mais le Français a malgré tout pu profiter d'un dernier chapitre réussi. À 43 ans, il a réussi une carrière d'une longévité rare et pleine de succès en double.

"Comme lire un bon livre et tourner la dernière page", les adieux de Mahut au tennis

Video credit: Eurosport

De la classe, de la dignité mais, surtout, énormément d'émotions. Ce mardi, il fallait avoir un cœur de pierre pour ne pas verser une petite larme face à tout cela. Nicolas Mahut a disputé le dernier match de sa carrière, en double, forcément, avec Grigor Dimitrov. Les défaites ne sont jamais accessoires mais celle de ce mardi a été emportée par un flot d'émotions en tous genres. De la fierté, de la pudeur, de la nostalgie et, surtout, de l'amour.
Entouré des siens, l'Angevin a vécu une journée bizarroïde selon ses dires : "La préparation du match n'a pas été simple parce que pour moi, c'était assez émouvant. J'avais mon fils, mon père qui a eu un AVC en fin d'année dernière et c'était compliqué pour lui de se déplacer. Et de le voir là… Il était là le premier match de ma vie, il est là sur mon dernier match de ma carrière. Pour moi, c'était très symbolique et il y avait quand même pas mal d'émotions."

Serre poignets et Wimbledon

Ces émotions, il avait bien tenté de les cadrer. Mais, à mesure que l'évènement approchait, il n'a jamais su totalement les dompter. Alors, il les a acceptées. "Mon avant-match n'était pas terrible, retrace-t-il. J'ai dit à Grigor : 'C'est possible que je sois un peu émotif sur le match'. Mais il a eu des mots incroyables. Classe, humain. Il m'a dit 'écoute, t'as le droit, personne ne t'en voudra'".
Mahut a bien fait de l'écouter. Ses adieux ont épousé son image de joueur humble, travailleur et aimé de tous sur le circuit. Au moment de partir, l'Angevin s'est permis de laisser une trace, une dernière : ses serre poignets posés sur le coin droit du court. "C'est David Ferrer qui l'avait fait avec son bandeau sur la ligne médiane, moi j'ai choisi ça parce que ça représente mon côté en double, a-t-il expliqué. Je ne sais pas combien de matchs j'ai pu faire dans ma carrière mais j'ai toujours été à droite. Donc, pour moi, c'était mon côté."
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Nicolas Mahut pour son dernier match au Rolex Paris Masters

Crédit: Getty Images

Au moment de se retourner sur sa carrière, Mahut l'a redit : il peut être fier du chemin parcouru. "Moi, je n'étais pas suffisamment fort pour laisser mon empreinte dans l'histoire du jeu, a-t-il estimé. Par contre, j'ai trouvé un moyen de laisser mon nom inscrit dans le plus grand tournoi du monde. Donc ça ce n'est pas banal et aujourd'hui j'en suis très fier. Cette année encore, j'ai pu y aller avec mon fils. En se baladant dans les allées, il a pu voir que son nom sera dans ce stade jusqu'à la fin, parce que pour le coup ça ne bougera plus." 4 en simple et le match le plus long de l'histoire du tennis : Mahut, c'est une armoire à trophées qui déborde et des souvenirs en pagaille.

Et maintenant... la boulangerie

Alors, forcément, ça force le respect. Mardi, c'est Carlos Alcaraz, vingt ans de moins que lui, qui s'est arrêté pour le féliciter. "Quand je suis sorti du terrain, il rentrait dans la salle pour s'échauffer, a-t-il dévoilé. Il m'a félicité. J'étais très content qu'il prenne deux minutes avant son match. Je lui ai simplement dit que ma carrière a duré 25 ans. Mais j'ai l'impression que c'était hier. Ça s'est passé en un claquement de doigts."
Le voilà donc face à un "vide", à l'écouter. Mais Mahut avait déjà préparé l'après. Consultant pour Eurosport, il fourmille déjà d'idées pour la suite. Mais chaque chose en son temps. À court terme, c'est une autre mission qui l'attend. "Pendant 30 ans, quand tu es joueur de tennis, la première chose que tu regardes quand tu joues, c'est la météo, savoir s'il faut beau, s'il va y avoir du vent, rigole-t-il. Demain, quand je vais me lever, je vais simplement regarder si j'ai besoin d'un parapluie pour aller à la boulangerie. C'est sympa aussi."

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