Si vous avez misé une somme substantielle en début de semaine sur la présence de Reilly Opelka parmi les quatre derniers prétendants au titre à Rome, c'est Noël au mois de mai pour vous. L'Américain est sans doute un des demi-finalistes le plus surprenants de ces dernières années en Masters 1000.
D'abord parce que le géant (2,11m) d'outre-Atlantique n'avait encore jamais été à pareille fête dans un tournoi de cette envergure. A 23 ans, il ne comptait jusqu'à présent qu'un quart de finale en M1000. Mais que cette grande première survienne sur terre battue est encore plus étonnant, tant cette surface sied mal à son jeu. "Je suis surpris, la terre battue ce n'était pas trop mon truc, ce n'est pas un truc américain", a-t-il lui-même avoué.
Non sans humour, et avec toute la décontraction qui le caractérise cette semaine en Italie, il est même allé un peu plus loin pour expliquer ce qui, même à ses yeux, n'est pas loin d'être inexplicable : "C'est sans doute un coup de chance, mais je prends." Sa chance, c'est de s'être retrouvé dans le quart de tableau le plus ouvert, avec Daniil Medvedev comme tête de série la plus élevée. Or le Russe, sur terre, est très loin du compte.
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Six défaites de suite

Pour le reste, Opelka ne doit rien à personne. Quatre matches, quatre victoires et pas un seul set perdu contre Richard Gasquet, Lorenzo Musetti, Aslan Karatsev et Federico Delbonis. Vendredi, lors de son quart de finale face à l'Argentin, il s'est encore montré impérial au service et lucide dans les deux fins de set pour s'imposer 7-5, 7-6. "J'ai bien servi, en particulier dans les moments importants, c'était la clé, et je suis resté calme. J'ai fait quelques ajustements récemment sur mon service, et ça a payé", dit-il.

Opelka - Delbonis : Le résumé

Si ce parcours surprend dans l'absolu, il étonne tout autant compte tenu des circonstances. Car Reilly Opelka n'a pas vraiment débarqué à Rome dans la forme de sa vie. Il restait sur six défaites consécutives. Son dernier succès remontait au premier tour de l'Open d'Australie, au mois de février, contre Yen-Hsun Lu, retombé au-delà de la 1000e place mondiale. Une vraie petite traversée du désert qui commençait à lui peser.

Le Covid l'a mis K.-O.

Pour ne rien arranger, au milieu de tout ça, il a contracté le Covid-19 au mois de mars après Miami. "J'aurais aimé m'en servir d'excuse pour expliquer ma panne de résultats mais non, ça n'avait rien à voir. J'étais juste mauvais", admet-il. Complètement K.-O. pendant près d'une semaine, il lui a ensuite fallu dix jours de plus pour se remettre sur pied, comme il l'a expliqué cette semaine : "Le pire, c'étaient les brûlures d'estomac. Très douloureux. Il fallait que je marche pour les apaiser. C'était vraiment étrange. Puis j'ai passé mon temps à vomir et ensuite j'ai eu une grosse fièvre, des maux de tête..."
Son pote Taylor Fritz a pris de ses nouvelles tous les jours pendant cette période difficile pour le soutenir à distance et, paradoxalement, du point de vue professionnel, le coronavirus ne lui a pas fait que du tort, en lui tombant dessus alors qu'il était au creux de la vague. Opelka gambergeait et il a été contraint de se préoccuper de tout autre chose. "J'ai fait un reset complet et c'était une bonne chose", a-t-il estimé auprès du site de l'ATP Tour.

Reilly Opelka

Crédit: Getty Images

Et maintenant, Nadal...

A son retour à la compétition, la semaine passée à Madrid, il s'était incliné d'entrée contre Dominik Kopfer, en deux sets. Il fallait donc voir venir sa joyeuse promenade romaine, tombée un peu de nulle part. Mais au fond, il ne déteste pas la terre battue. "En fait, j'aime plutôt ça, expliquait-il mardi après sa victoire contre Lorenzo Musetti. Dans les bonnes conditions de jeu, je pense que je dois pouvoir être dangereux sur cette surface. J'ai grandi sur terre battue et en 2018, j'avais connu une bonne série." Ce printemps-là, il avait enquillé les bons résultats en challenger, jusqu'à s'imposer à Bordeaux. Mais tout de même. Ici, c'est Rome.
Coup de chance ou pas, le voilà donc en demi-finales où, pour sa grande première à ce niveau, il va affronter Rafael Nadal. Contre le plus grand joueur de l'histoire de la terre battue, le géant du Michigan n'a a priori absolument pas le moindre début d'une infime chance de s'imposer samedi. Les belles surprises, les belles histoires, ce n'est pas son truc à Nadal, lequel laisse rarement place à l'improbable sur la brique pilée. Reilly Opelka a surpris. Il doit maintenant sidérer. Mais quoi qu'il arrive, il restera comme un des grands gagnants du Masters 1000 romain.

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