Quand on tombe de cheval, mieux vaut très vite remonter en selle. Histoire de ne pas cogiter. Daniil Medvedev a suivi l’adage à la lettre. Un peu plus d’une semaine seulement après sa deuxième finale en Grand Chelem perdue, voilà le longiligne Russe à nouveau en campagne, cette fois du côté de Rotterdam. Mercredi, il débutera contre le Serbe Dusan Lajovic, 27e joueur mondial, un parcours qui, s’il devait le mener en finale, lui permettrait de ravir à Rafael Nadal la place de numéro 2 mondial. Une première pour un joueur hors "Big Four" depuis Lleyton Hewitt la semaine du 18 juillet 2005, soit presque 16 ans.
De quoi aiguiser l’appétit de l’intéressé qui affirmerait ainsi davantage son nouveau statut de premier challenger des "cyborgs" du tennis moderne comme il les avait lui-même appelés à Melbourne. Mais est-il suffisamment remis de sa défaite aux Antipodes pour être à la hauteur de son rang de tête de série numéro 1 du tournoi ? "C’était une belle aventure, je ne peux pas me plaindre. Quand vous jouez un tournoi, vous voulez toujours le gagner bien sûr, donc vous êtes déçu si vous perdez, que ce soit au 1er tour ou en finale. Mais j’ai fait une belle série qui a commencé à Bercy, j’ai remporté l’ATP Cup, atteint ma deuxième finale en Grand Chelem, donc il y a beaucoup de positif à en retirer pour être honnête. J’ai hâte de commencer à Rotterdam, parce que le tennis est ainsi fait : vous ne pouvez pas trop regarder en arrière", a-t-il indiqué.

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Devenir numéro 2, c'est une super opportunité, et c'est toujours mieux de l'avoir, avec la pression qui va avec
L’analyse est aussi juste que le recul salutaire. Medvedev avait d’ailleurs assuré aux Antipodes que deux jours lui suffiraient probablement pour tourner la page. Sa ou ses future(s) prestation(s) cette semaine confirmeront ou pas que le numéro 3 mondial est bel et bien prêt à relancer la machine. A moins qu’un autre facteur ne l’en empêche : le poids de l’enjeu sur ses épaules. "Devenir numéro 2, c’est une super opportunité, et c’est toujours mieux de l’avoir avec la pression qui va avec, que de ne pas l’avoir. Mais pour y arriver, il faut que je gagne 4 matches, donc je ne regarde pas encore si loin. C’est normal dans une carrière de ressentir de la pression. Je dirais qu’elle devrait monter vraiment à partir des quarts de finale, ou des demies. Je me prépare pour mon 1er tour et je ne pense pas du tout à tout ça, mais c’est sûr que quand ça se rapprochera, je l’aurai en tête", a-t-il confessé.
Son entrée en lice, justement, ne sera pas des plus aisées contre Lajovic, membre solide du Top 30 qui reste sur un huitième de finale à Melbourne. D’ailleurs, les deux hommes sont à égalité une victoire partout et c’est le Serbe qui a remporté leur dernier duel, en demi-finale du Masters 1000 de Monte-Carlo sur terre battue il y a près de deux ans. "Les courts sont vraiment lents ici, donc ça lui conviendra probablement. Mais comme nous jouons sur dur indoor, le service et le retour seront évidemment importants. Plus vous retournez et plus vous faites d’aces, plus vous mettez la pression sur votre adversaire. Je m’attends à un match difficile contre Dusan."

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Un tableau relevé mais une confiance immense face au Top 10

Habitué à la vitesse de la surface de Melbourne, Medvedev se méfie, mais il n’en reste pas moins le grand favori de la partie, lui qui avait d’ailleurs écrasé Lajovic dans des conditions de jeu proches à Moscou en 2018 (6-2, 6-1). S’il passe ce premier obstacle, il sait que la suite ne sera pas de tout repos, puisque trois autres membres du Top 10 – Stefanos Tsitsipas, Alexander Zverev et Andrey Rublev – sont aussi en lice aux Pays-Bas, ce qui fait de cet ATP 500 "peut-être l’un des plus forts qu’[il] ai[t] vus" sur le circuit.
La prudence est donc de mise, même si ses sensations depuis la fin de saison 2020 (doublé Bercy-Masters) ont de quoi le rassurer. Car avant que le "Djoker" ne lui joue un bien mauvais tour sur la Rod Laver Arena, Medvedev restait sur 20 victoires dont 12 face aux dix meilleurs joueurs du monde. Lors de cet Open d’Australie, il n’a pas laissé le moindre set à Rublev et Tsitsipas et ne pourra croiser que l’un des deux en finale, si la logique est respectée. "J’ai gagné trois tournois de suite, même si l’un d’entre eux étaient une compétition par équipes (l’ATP Cup avec la Russie, NDLR). Et quand la confiance est au rendez-vous, dans les moments tendus, vous avez toujours l’impression de pouvoir frapper des coups gagnants ou d’être capable de remettre la balle dans le court quand il le faut pour faire rater votre adversaire", a-t-il expliqué.
Prudent mais confiant, Medvedev n’a désormais plus qu’à allier le geste à la parole. Car il le sait, pour avoir le droit d’être le dauphin du roi Djokovic, il lui faudra réaliser la meilleure performance de sa carrière… à Rotterdam. Lors de ses trois précédentes participations, le Russe n’a pu faire mieux qu’une demi-finale en 2019. Il a assurément le tennis pour y parvenir. Mais la tête tiendra-t-elle le cap ? On devrait le savoir assez vite.
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