Le rideau sur la terre battue à peine tirée, sans transition, les herbivores sont déjà de sortie. Le plus éminent d'entre eux en premier lieu. Comme l'an dernier, Roger Federer a décidé de faire l'impasse sur la campagne printanière sur terre, afin de mieux cibler le deuxième grand objectif de sa saison, Wimbledon. Après quasiment trois mois d'arrêt, le Suisse revient à la compétition cette semaine à Stuttgart, comme il l'avait fait en 2017. Sans grand succès, puisqu'il s'était incliné pour son match de reprise, contre le vétéran Tommy Haas. La suite, avec des titres à Halle et Wimbledon, s'était (beaucoup) mieux passée.
"Après ma défaite contre Tommy, j'avais bien réagi, a-t-il d'ailleurs rappelé lundi lors de sa conférence de presse de rentrée. Je n'avais plus perdu un seul set jusqu'à la fin de la saison sur herbe, ce qui était une grande satisfaction." Mais si Stuttgart, sur la liste de priorités de son triptyque vert, apparait en première position chronologiquement mais en dernière par ordre d'importance, Federer aimerait quand même soigner un peu mieux son retour que l'an passé. "J'espère que je pourrai trouver mon rythme un peu plus rapidement. Puis je n'ai pas envie d'être sur une série de trois défaites..."

Gare aux trois à la suite

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Roger Federer, c'est vrai, a bouclé son mois de mars sur deux matches perdus consécutivement, en finale à Indian Wells face à Juan Martin Del Potro, puis dès son entrée en lice à Miami contre Thanasi Kokkinakis. Il vient donc à Stuttgart pour enclencher une nouvelle dynamique positive. Mais son tableau pourrait ne pas être de tout repos. Il débutera directement en huitièmes de finale face à Mischa Zverev. S'il ne se prend pas les pieds dans ce premier tapis, le Bâlois pourrait ensuite affronter Denis Shapovalov en quarts puis potentiellement Nick Kyrgios ou Feliciano Lopez en demie. Pas forcément simple pour un joueur en phase de reprise, même s'il s'appelle Federer.
S'il parvient à sortir de cette moitié haute du tableau, Federer aura pourtant une jolie récompense au bout puisque s'il atteint la finale à Stuttgart, il redeviendra numéro un mondial lundi prochain. Il était envisageable qu'il reprenne le pouvoir mécaniquement durant la saison sur terre, où Nadal avait 4680 points à remettre en jeu. Mais le Majorquin a fini avec exactement le même bilan qu'en 2017 (titres à Roland-Garros, victoires à Barcelone et dans deux Masters 1000 et un quart dans le troisième, à Madrid cette année, à Rome l'année dernière). Du coup, il y a toujours ces 100 points d'écart entre les deux hommes à l'avantage de Nadal.

Numéro un ? "Une petite motivation supplémentaire"

Mais avec une finale pour sa rentrée, Federer passera au moins une semaine de plus au sommet. Peut-être pas pour longtemps puisqu'il aura ensuite ses 2500 points de Halle et Wimbledon à remettre sur la table, quand Nadal n'aura que les 180 points de son huitième à Londres. "C'est une petite motivation supplémentaire, a admis Federer à propos de la place de numéro un. Mais encore une fois, en ayant perdu au premier tour l'an dernier, je suis très prudent et je vais prendre les choses au jour le jour, sans voir trop loin."
D'autant que le gazon est la surface idéale pour trébucher selon lui. "Les écarts sont souvent faibles, les matches peuvent se jouer à un jeu ou deux. Donc ce n'est pas si simple, surtout quand vous n'avez pas joué depuis trois mois." Couper aussi longtemps a bien des avantages, surtout pour un joueur de près de 37 ans. Mais cela s'accompagne aussi de quelques inconvénients.

Roger Federer Stuttgart

Crédit: Getty Images

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