Getty Images

Mannarino, toujours plus haut

Mannarino, toujours plus haut

Le 07/10/2017 à 19:44Mis à jour Le 08/10/2017 à 13:53

ATP TOKYO – Superbe vainqueur de Marin Cilic samedi, Adrian Mannarino va disputer dimanche sa première finale en ATP 500, face à David Goffin. La confirmation d'une dynamique enclenchée depuis plusieurs mois et qui le porte sur des hauteurs plus qu'intéressantes.

Il est là, le (seul) rayon de soleil du tennis masculin français. Pendant que Tsonga et Monfils sont à l'infirmerie, que Simon traine sa misère, que Gasquet cherche ses sensations et Pouille sa confiance perdue, Adrian Mannarino continue son bonhomme de chemin. Samedi, le Francilien a tout simplement signé la plus grosse performance de sa carrière en sortant Marin Cilic (6-7, 6-4, 6-0) en demi-finale du tournoi de Tokyo, pour s'offrir sa première finale dans un ATP 500.

Son deuxième semestre 2017 commence vraiment à avoir de la gueule, entre sa finale à Antalya, son huitième à Wimbledon ou son quart à Montréal en Masters 1000. Il y a deux semaines, à Saint-Pétersbourg, il avait pourtant connu un coup de bambou en sortant d'entrée contre le Britannique Liam Broady, classé au-delà de la 200e place à l'ATP. Un match qu'il avait inexplicablement laissé filer (2-6, 6-4, 6-0).

" Des fois, je joue comme à Saint-Pétersbourg, et dès fois, j'ai des jours comme aujourd'hui"

"J'ai perdu après avoir mené largement, une sale défaite, je n'avais pas réussi à trouver le sommeil après ça", raconte le Français. Le jour et la nuit avec ce qu'il est parfois (souvent, en ce moment) capable de produire, comme ici à Tokyo. "Des fois, je joue comme à Saint-Pétersbourg, et des fois, j'ai des jours comme aujourd'hui, où je profite vraiment et je vois pourquoi je travaille autant. Je suis vraiment heureux."

On le comprend. Mais des couacs comme celui de Saint-Pétersbourg sont de plus en plus rares. Surtout, il parvient à les mettre de côté beaucoup plus vite qu'avant. La confiance acquise au fil des mois est plus grande que ces absences sporadiques. Mentalement, il tient aussi la distance. Ce fut patent contre Cilic, contre lequel il n'a rien lâché même après la perte du premier set au jeu décisif.

"C'était dur, car Marin jouait vraiment bien, il m'a mis sous pression et pendant un set et demi, il était au-dessus", a noté Mannarino. Mais sa grande force aura été sa faculté à lire le service du Croate. Une gageure. "Contre des gros serveurs comme ça, poursuit-il, j'essaie de me battre sur chaque point. A partir du deuxième set, je me suis senti plus en confiance sur sa mise en jeu."

Goffin, autre équation, mais guère plus simple à résoudre

Sa victime du jour ne dit pas autre chose. "Je trouve que j'ai bien joué globalement, mais je n'ai pas aussi bien servi que ces derniers jours, je n'ai pas eu assez de points faciles mais c'est aussi la faute d'Adrian", a souligné le finaliste de Wimbledon, également impressionné par la qualité de jeu du Français à l'échange. "Je n'ai pas réussi à m'ouvrir le court. Il a vraiment bien joué, n'a pratiquement pas donné de points."

Il lui faudra faire au moins aussi bien dimanche s'il veut soulever le premier trophée de sa carrière après trois défaites en finale. David Goffin propose une équation bien différente de Cilic, mais guère plus simple à résoudre. Le Belge est en pleine bourre en Asie. Vainqueur à Shenzhen la semaine dernière, il va retrouver le Top 10 mondial lundi. "Il joue vraiment bien en ce moment, souffle Mannarino. Il a été blessé mais quand il joue comme ça, il est largement Top 10. Ça ne va pas être facile, je ne suis pas favori, mais je vais juste rentrer sur le court et faire du mieux possible."

A quelques milliers de kilomètres de là, un certain Yannick Noah aura sûrement un œil attentif sur cette finale, à un mois et demi de celle de Coupe Davis, entre la France et la Belgique. Car si Mannarino claque un nouvel exploit dimanche, il deviendra difficile de ne pas se pencher sérieusement sur son cas...

Adrian Mannarino - ATP Tokyo 2017

Adrian Mannarino - ATP Tokyo 2017Getty Images

0
0