Le double jeu de Forget

Guy Forget a décidé de se "simplifier" la tâche. Le capitaine a touché au tabou du double, pilier traditionnel de l'équipe de France de Coupe Davis. Face à la Russie, il a clairement fait comprendre que l'avenir appartenait aux configurations privilégiant

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Après la défaite de la France en Russie (2-3) en quarts de finale, nous avons posé trois constats et trois questions concernant les choix du capitaine tricolore. Mardi, mercredi et jeudi nous y répondons.>Trois constats, trois questions
Question 1 :Pourquoi ne pas avoir appelé Fabrice Santoro face aux tenants du titre ?
Le double a perdu de son prestige. Relancé sur le circuit ATP grâce aux réformes du jeu décisif, il subit les assauts des capitaines de Coupe Davis. Shamil Tarpitschev, capitaine de l'équipe victorieuse en 2006 et 2007, les Croates en 2005 et les Espagnols en 2004, ont tous remporté le titre sans posséder une paire de double de très haut niveau.
Quand on possède Rafael Nadal et Ivan Ljubicic au sommet de leur forme dans l'effectif, ou bien quand on possède cinq joueurs dans le Top 30 comme les Russes, on peut comprendre que la question du double soit secondaire. En revanche, depuis toujours, les capitaines français ont répété que la force du groupe tricolore reposait sur l'esprit d'équipe, et notamment le point du double.
Un axiome de départ soudainement remis en cause par Guy Forget avant le défi de Russie-France. Au diable les certitudes du double, vive l'aventure des simples : Sébastien Grosjean était sélectionné comme cinquième homme puis rapidement intégré comme joker à double-face si j'ose dire.
Sportivement, Santoro avait sa place
Exit Arnaud Clément, soldat de première ligne et partenaire habituel de Michaël Llodra. Si l'on se souvient de la défaite de cette paire expérimentée face aux Roumains au premier tour, il y a des raisons de douter du double. Si l'on tente de trouver la meilleure paire française, on pense tout de suite à Fabrice Santoro... La grande énigme de l'ère Forget.
Comment se passer d'un joueur qui domine autant la discipline, quel que soit le partenaire ? Son association avec "Mika" étant particulièrement efficace. Tout le monde se souvient du "clash" qui avait opposé le capitaine à Santoro l'an passé, sorte de dénouement médiatique d'une situation qui durait depuis 2004. Une brouille officielle qui est encore effective. Et qui semble être la raison de la non sélection du Toulonnais.
Finalement, Forget a voulu être gagnant sur deux tableaux en déterminant son choix sur la valeur absolue des joueurs plutôt que sur les feuilles de match. Le talent de Grosjean lui a permis de réussir son match face à Andreev mais il a logiquement perdu le double.
Sportivement, peu de facteurs rationnels s'opposaient à Santoro :
Le capitaine voulait trois joueurs de simple, dont un capable de jouer en double : Derrière Clément, qualifié d'office pour ses bons et loyaux services on trouvait :
. Sébastien Grosjean, qui n'avait pas assez de repères avec Michaël Llodra (et avec qui d'ailleurs il ne s'est pas beaucoup entraîné pendant la semaine précédent la rencontre), restait sur une maigre victoire sur Martin Verkerk et une défaite face à Gasquet à Miami, après une blessure à Melbourne face à Nalbandian. Une victoire en double en quatre matches, à Doha, avec Monfils...
. Julien Benneteau, joueur de double naturel (quart de finaliste à l'Open d'Australie avec Mahut et à Indian Wells avec Gasquet), mais qui restait sur un seul tournoi référence, quart de finale à Indian Wells (dont une perf' sur Blake). Pas d'expérience en Coupe DAvis (appelé comme cinquième homme en 2005) mais un quart de finale à Roland-Garros 2006 à son actif.
. Gilles Simon, vainqueur à Marseille, tombeur de Robredo à Indian Wells, et victorieux de Igor Andreev/David Ferrer en double au premier tour de Dubaï avec Baghdatis.
. Fabrice Santoro, battu par Ljubicic au 3e tour à Miami (au même niveau que Gasquet), tombeur de Robredo à Dubaï, battu de justesse par Youzhny à Marseille et vainqueur d'un Challenger (Bergame) en simple. En double, il a atteint les quarts de finale à l'Open d'Australie, Sydney et Zagreb, il a remporté le tournoi de Dubaï et perdu en demi-finale à Miami.
Dans le Parisien de mardi, Guy Forget expliquait : "Trois joueurs de simple, c'est ce vers quoi nous tendons. J'ai même pensé rappeler Fabrice Santoro mais il aurait fallu qu'il donne davantage de garanties en simple. Je souhaite que Richard joue de plus en plus le double."
A la lecture des résultats, Santoro ne donnait pas moins de garanties que Grosjean. En termes d'expérience en Coupe Davis, il possède même un peu d'avance sur le Marseillais sans parler des deux autres novices. En revanche, quand Sébastien Grosjean, qui n'avait gagné aucun de ses deux simples de la finale en 2001, avait joué quatre matches depuis 2004 (deux défaites et deux victoires), Fabrice Santoro avait été ignoré sur la même période.
Bilan : L'absence de Fabrice Santoro semble préjudiciable tant que Richard Gasquet est incapable de jouer deux voire trois matches. Mais quid de l'état de forme du trentenaire l'année prochaine. sa future retraite et la montée en puissance de joueurs polyvalents tels Julien Benneteau, Gilles Simon ou Gaël Monfils devraient éteindre les polémiques du moment.
>Vos réponses sont sur le blog : ACE 2007 !
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