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"Aujourd'hui, notre n°1 est classé combien ?" : Pour Noah, les Bleus ne pouvaient pas mieux faire

"Aujourd'hui, notre n°1 est classé combien ?" : Pour Noah, les Bleus ne pouvaient pas mieux faire

Le 25/11/2018 à 22:30Mis à jour Le 25/11/2018 à 22:33

COUPE DAVIS – L'équipe de France a perdu la finale de la Coupe Davis, battue 3-1 par la Croatie. En simple, le week-end a été catastrophique alors que les Bleus n'ont pas breaké une seule fois leur adversaire ni remporté le moindre set. Yannick Noah a-t-il failli dans sa mission ?

A force de penser que Yannick Noah est un magicien, on avait fini par oublier que la prestidigitation n'est une qu'une affaire d'illusion(s). Et que la réalité finit toujours par vous rattraper. Ces trois derniers jours, elle est revenue au visage de l'équipe de France, aussi fort qu'une première balle de Cilic. Les Bleus ont perdu la finale de la Coupe Davis sans qu'il n'y ait grand-chose à redire, finalement. Marin Cilic, 7e mondial, et Borna Coric, 12e, étaient mieux armés que le meilleur des Tricolores, Lucas Pouille, qui n'avait d'ailleurs pas été aligné vendredi par Noah. Une erreur qui a coûté cher ?

Dimanche soir, le capitaine de l'équipe de France ne voyait pas les choses de cet œil. S'il a procédé ainsi, c'est qu'il avait le choix et l'embarras, surtout. "Vous avez vu les matches de mes joueurs ces trois derniers mois ? Tous les matches ?", a-t-il demandé aux journalistes. Avant de livrer les réponses à ses questions : "Je vais vous dire la vérité : moi, je les ai tous vus". Et, a priori, "Captain Yannick" avait compris depuis belle lurette que l'équation croate serait difficile à résoudre. "Combien de Top 5 a-t-on battu sur les six derniers mois ? Mon sentiment, c'est que les gars ont fait le maximum, a-t-il enchaîné. Des fois, tu perds contre plus fort. La barre était trop haute. C'est mon sentiment. On a essayé. On a tout donné. On s'est fait défoncer".

Vidéo - Beaucoup trop fort pour Pouille, Cilic a parachevé en beauté le sacre croate

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Souviens-toi 2014

Depuis la qualification des Bleus pour la finale, Noah a eu beau retourner le problème dans tous les sens, la solution n'est jamais apparue devant ses yeux. Et il n'a pas pu transcender ses joueurs. Ce qu'il avait reproché à son prédécesseur au sortir de France - Suisse, finale perdue en 2014 sur le même score, au même endroit. A l'époque, il n'avait pas mâché ses mots et lâché les scuds, Arnaud Clément avait dégusté. "Les Bleus n’étaient pas prêts à affronter cet événement. On peut perdre, mais ils n’ont pas donné le meilleur d’eux-mêmes. Pourquoi ? A définir. J’ai mes idées, (…) mais le résultat c’est qu’ils n’étaient pas prêts à affronter une belle équipe de Suisse. (…) On n'a pas été bons. Et pas que sur le court. J’ai toujours essayé de transmettre qu’un match on le gagne avant, et j’ai senti que le match on l’avait perdu avant."

Quand un confrère lui a rappelé cet épisode et l'échec de ses joueurs ce week-end, qui n'ont pas été capables de hisser leur niveau tennistique, Yannick Noah a sorti les griffes et est revenu sur cette affaire que l'on croyait classée. "Ce n'est pas une attaque, c'est un tacle..., a-t-il taquiné son interlocuteur. A l'époque, je savais qu’il y avait des choses parce que je fais partie de la famille et que j'ai des informations. Voilà. Je pense qu'il y a des choses que l'on aurait pu faire, que j'ai exprimées à la sortie d'un concert à Nice, pour faire plaisir à un copain. Je ne savais pas que cela allait passer en boucle le lendemain. Je lui ai dit qu'il me semblait qu'il s'était passé quelque chose, que je n'avais pas vu dans les regards, dans les attitudes. J'ai un regard, qui est le mien. Avant ça, j’en avais gagné deux. J'ai vu des choses qui manquaient et je l’ai exprimé. Ç'a été confirmé. Je les ai tous eus en équipe après, on en a parlé."

Revenu à France - Croatie, Yannick Noah n'en a pas démordu : cette défaite n'est pas infamante et en rien comparable avec celle de la bande à Clément il y a quatre ans face aux Helvètes. "Aujourd'hui, notre numéro 1 est classé combien ? Notre numéro 2 ? Bref, ce n'est quand même pas pareil", s'est-il défendu. "Après, il y avait Roger (Federer), il y avait Stan (Wawrinka), c'est autre chose". Autre chose pour un constat semblable : on ne gagne pas la Coupe Davis à coups de baguette magique.

Jo-Wilfried Tsonga en discussion avec son capitaine Yannick Noah durant son match contre Marin Cilic lors de la finale de la Coupe Davis contre la Croatie

Jo-Wilfried Tsonga en discussion avec son capitaine Yannick Noah durant son match contre Marin Cilic lors de la finale de la Coupe Davis contre la CroatieGetty Images

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